Thursday, June 01, 2006

Les effets nocifs de l'alcool sur l'organisme.

Les effets des drogues, qu'elles soient licites ou illicites, sont relativement bien connus des médecins. L'alcool est particulièrement bien connu, car très anciennement utilisé par les populations occidentales.

L'inventaire des effets, impressionnant, ne veut pas dire que ce produit est plus dangereux que les autres produits à usage limité ou interdit, il veut simplement dire que ses effets sont mieux répertoriés.

Les effets psychotropes.


L'alcool est un produit qui stimule initialement l'individu, et qui ensuite le calme ou l'endort. Il est également désinhibiteur, c'est à dire favorisant l'échange avec les autres, mais aussi "les passages à l'acte" (violences, agressions). L'usage chronique d'alcool aboutit à un état dépressif si tant est que celui çi n'était pas déjà préexistant.
L'alcool est classé parmi les drogues. La dépendance psychique est relativement modeste, l'impression de dépendance psychique est surtout sous-tendue par l'amélioration passagère de l'état mentale lors de la prise d'alcool. La dépendance physique est très importante. En effet, l'état de manque ou le sevrage alcoolique engendre des tremblements, des confusions mentales (prédélirium ou délirium tremens) qui, sans soins, peuvent aller jusqu'au décès. Lors de ces états, la personne tremble, transpire, a souvent des hallucinations à type d'animaux (rats, araignées, reptiles). Cet état est une urgence médicale.



Les autres effets sur le cerveau et les nerfs.


L'alcool a comme autre particularité de détruire les neurones soit directement lors de l'absorption de doses massives, soit en empêchant l'absorption digestive des vitamines B. Les neurones ayant absolument besoin de ces vitamines pour vivre, il y a mort neuronale.
Cette mort neuronale se traduit par trois grands types de symptômes:
-des troubles définitifs de l'équilibre, la personne reste "ébrieuse " à vie du fait de lésions situées au niveau du cervelet (ataxie) et des nerfs périphériques (polynévrite).
-des troubles de la mémoire des faits immédiats, la personne devient définitivement incapable de mémoriser les faits récents, tout en gardant intact les faits anciens. Cela est dû à des lésions de la région hippocampique du cerveau.
-des troubles démentiels plus généraux, liés à des atteintes moins localisées du cortex.



Les effets sur le foie.


L'alcool induit trois types d'effets sur le foie: l'hépatite, la stéatose, la cirrhose.
-l'hépatite traduit la destruction des cellules du foie ,ou hépatocytes. (Voir article) Contrairement à l'idée reçue, l'hépatite n'est pas une pré-cirrhose et le dosage des enzymes signifiant la destruction cellulaire (transaminases ou TGO-TGP STGO STGP) est un très mauvais critère de suivi de cirrhose. En générale, une hépatite est réversible à l'arrêt de l'intoxication.

-la stéatose correspond à un dépôt de graisses dans le foie. Ces graisses sont des triglycérides. On les retrouve dans le sang à des taux anormalement élevés chez les consommateurs excessifs d'alcool, mais aussi de sucres rapides ou lents (féculents). Le dépôt de triglycérides disparaît difficilement après un régime sévère et l'arrêt de l'alcoolisation.
La stéatose se traduit pas un gros foie mou et sensible.

-la cirrhose est un dépôt de protéines dans le foie. Ce dépôt n'est pas réversible. Le foie devient dur, pierreux, rempli de nodules. La cirrhose peut évoluer l'insuffisance hépatique (jaunisse, hémorragies) ou vers le cancer du foie.



Les effets sur le pancréas.


La prise d'alcool engendre des inflammations pancréatiques (pancréatites) et des destructions pancréatiques. Les conséquences en sont des insuffisances des fonctions digestives (diarrhées chroniques), des cancers du pancréas, et du diabète puisque le pancréas régule le taux de sucre.



Les effets sur l'estomac.


Les effets classiques sont des reflux oesophagiens et des inflammations des muqueuses. Cette inflammation des muqueuses est à l'origine de la malabsorption de certaines vitamines, et donc indirectement des troubles neurologiques.
Le consommateur se plaint de reflux alimentaires le matin et de brûlures digestives.



Les effets sexuels.


L'alcoolisation chronique s'accompagne régulièrement mais pas systématiquement d'une impuissance chez l'homme et d'une disparition des cycles menstruels chez la femme. Ces états correspondent déjà à une altération conséquente de l'état général.



Les effets sur les vaisseaux et le coeur.


L'effet le plus classique est la réduction de l'artérite. Cet effet bénéfique est un peu controversé car peut être dû aux folâtes qui sont des molécules présentent dans beaucoup de boissons alcoolisées.
L'hypertension artérielle est assez régulièrement constatée, L'alcool est considéré comme étant la première cause d'hypertension artérielle en France.
Sur le système veineux, les boissons alcoolisées aggravent les douleurs veineuses et les problèmes hémorroïdaires.

Enfin, on constate chez les grands alcooliques une atteinte du muscle cardiaque pouvant aller jusqu'à l'insuffisance cardiaque et la mort. Les palpitations favorisées par la prise de certaines boissons alcoolisées sont un moindre mal.



Les effets cancérigènes.


Ils sont souvent favorisés par la prise concomitante de tabac. Les cancers les plus fréquents sont, outre le cancer du pancréas déjà cité, les cancers de la langue, de la gorge (larynx, cordes vocales) et les cancers de l'oesophage.



Les effets sur la moelle osseuse.


L'alcool a un effet délétère sur le développement des globules rouges et des globules blancs. Cet effet est direct, toxique, ou indirect, carences vitaminiques. Son expression la plus connue est le VGM (volume globulaire moyen), augmenté chez les alcooliques (et les fumeurs), et qui sert de test de surveillance pour les alcooliques chroniques.



La liste n'est pas exhaustive. Ces symptômes ne touchent pas tout le monde mais il est bien rare qu'un consommateur régulier ne souffre pas d'un petit quelque chose. Accessoirement cela donne une idée des effets toxiques que l'on peut répertorier sur un produit lorsqu'il est bien référencé. Lorsque l'on sait qu'au décours de la prohibition aux USA, les gens qui souhaitaient revoir légaliser la vente d'alcool trouvaient des médecins pour dire que les effets nocifs de l'alcool étaient liés uniquement liés à sa mauvaise qualité, on est en droit de demander une évaluation et une information un peu plus sérieuse pour des produits actuellement illicites et qui pourraient devenir autorisés.

L'alcool peut-il affecter ma santé?

L'alcool est une cause bien connue de cirrhose, une maladie du foie. Toutefois, il peut avoir d'autres effets sur votre santé. C'est l'une des principales causes de décès et de blessures accidentelles. Boire pendant la grossesse peut affecter gravement la santé du bébé. L'alcool donne souvent des douleurs à l'estomac provoquées par le saignement d'un ulcère ou l'irritation de la paroi de l'estomac (gastrite).

Qu'est-ce qui cause l'alcoolisme?

On ne sait pas très bien ce qui cause l'alcoolisme. Une histoire familiale d'alcoolisme augmente le risque. Les hommes semblent plus à risque que les femmes. Selon certain experts, les buveurs utiliseraient l'alcool pour essayer de se soigner. Ainsi, l'alcool servirait à réduire l'anxiété, la dépression, la tension, la solitude, le manque de confiance en soi et le chagrin ou la tristesse.
Il semblerait que l'alcoolisme soit lié à une combinaison de ces facteurs. Par exemple, une histoire familiale d'alcoolisme ajoutée au stress, à l'environnement et à la personnalité de l'individu pourrait expliquer l'alcoolisme.

Qu'est-ce qu'on ressent quand on cesse de boire?

Selon la sévérité du problème, vous pourrez éprouver seulement des symptômes de privation d'intensité légère à modérée.
Lorsque vous buvez, votre organisme essaie de compenser les effets dépresseurs de l'alcool. Cette tolérance accrue à l'alcool peut entraîner une agitation extrême lorsque l'alcool vient à manquer.
Les symptômes de privation graves comprennent notamment les convulsions et le delirium tremens (confusion, hallucinations, tremblements, extrême méfiance), parfois même la mort. C'est pourquoi vous aurez peut-être besoin de soins médicaux si vous êtes un gros buveur et si vous voulez cesser de boire.

Qu'est-ce qui se passe quand on cesse de boire?

Si vous êtes un gros buveur depuis longtemps, vous aurez peut-être besoin d'aller en désintoxication où vous recevrez toute l'aide dont vous avez besoin pour surmonter la privation. Votre médecin pourra vous prescrire un médicament pendant un court laps de temps afin de vous aider à vivre ce processus.
Vous pourrez également obtenir de l'aide pendant la période de rétablissement. Les gens qui conseillent ceux qui ont un problème d'alcool ont souvent eux-mêmes vécu ce problème. Le rétablissement implique aussi de renouer des liens avec votre entourage. Vous pourrez être surpris du soutien que vous témoigneront votre famille et vos amis. Il existe également d'autres groupes capables de vous venir en aide, dont les Alcooliques Anonymes (AA), un groupe d'entraide à participation gratuite composé d'ex-alcooliques qui sont là pour s'entraider et pour en aider d'autres.

Les médicaments peuvent-ils m'aider?

Deux médicaments peuvent vous aider. Le premier, nommé disulfirame (par exemple Antabuse), vous aidera peut-être à éviter l'alcool mais il ne guérit pas. Vous commencez à prendre le disulfirame après avoir cessé de boire pendant trois jours. Si vous consommez de l'alcool alors que vous prenez ce médicament, vous aurez une forte réaction comprenant rougeur de la peau, vomissements et maux de tête.
La naltrexone (par exemple ReVia) peut aussi vous aider à cesser de boire en vous enlevant le plaisir de boire. Elle vous aidera peut-être à cesser de boire et à ne pas reprendre cette habitude. Tous ne bénéficieront pas des effets de la naltrexone qui n'apporte qu'une aide modeste au traitement. Si vous ne suivez pas à la lettre les indications de votre médecin, la naltrexone peut endommager le foie ou l'empêcher complètement de fonctionner.

Dois-je cesser carrément de boire de l'alcool ?

Pas nécessairement. Les gens qui ont un grave problème de dépendance à l'alcool souffrent d'une maladie nommée alcoolisme. Pour eux, cesser carrément de boire est habituellement le meilleur moyen de traiter leur condition. Ceux qui ont un problème moins grave peuvent soit choisir de diminuer ou de limiter leur consommation à des niveaux de faible risque, soit de cesser de consommer de l'alcool. Discutez-en avec votre médecin de famille; il vous aidera à prendre la meilleure décision dans votre intérêt.

Qu'est-ce qu'une consommation standard ?

1 ½ onces de spiritueux (boisson forte)
5 onces de vin de table
3 oz de vin fortifié (apéritif)
12 oz de bière ordinaire

Pour minimiser vos risques, choisissez le moment propice pour boire et limitez-vous à une quantité raisonnable d'alcool.
La décision de boire ou de ne pas boire

Parfois, il peut être risqué de prendre un seul verre. Par exemple :

Avant ou pendant la conduite automobile

Avant ou pendant l'utilisation d'outils électriques

Lorsque vous prenez des médicaments

Parfois aussi, il vaut mieux ne pas boire du tout pendant un certain temps. Par exemple :

Si vous êtes enceinte

Si vous n'avez pas atteint l'âge légal de boire

Si l'alcool peut aggraver un problème de santé

Vous pouvez obtenir de l'aide pour cesser de boire. Les gens qui conseillent ceux qui ont un problème d'alcool ont souvent été eux-mêmes aux prises avec ce problème et peuvent vous faire bénéficier de leur expérience personnelle.
Pour plus de renseignements sur les problèmes d'alcool, parlez à votre médecin de famille du projet du Collège des médecins de famille du Canada intitulé 'Risques reliés à la consommation d'alcool : évaluation et intervention.'



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