Sunday, March 25, 2012

FEUILLE DE ROUTE POUR LA SORTIE DE CRISE A MADAGASCAR ENGAGEMENT DES ACTEURS POLITIQUES MALGACHES

Préambule


Les Acteurs Politiques Malgaches parties prenantes à cette Feuille de Route se sont convenus de prendre les engagements ci-après;

I. Institutions de la Transition

1. Continuation du dialogue Malgacho-Malgache entre les Acteurs Politiques Malgaches pour la formation d’un Gouvernement de Transition d’Union Nationale et l’élargissement de la composition du Congrès de Transition (CT), du Conseil Supérieur de Transition (CST) et de la Commission Electorale Nationale Indépendante (CENI);

2. Le processus de transition neutre, inclusif et consensuel devra aboutir à la tenue d’élections
crédibles, libres et transparentes à Madagascar;

3. Monsieur Andry Rajoelina est le Président de la Transition. En cette qualité, il exerce les fonctions du Chef d’Etat;

4. Nomination d’un Premier Ministre de consensus qui va diriger un Gouvernement de Transition d’Union Nationale;

5. Le Premier Ministre sera nommé par le Président de la Transition sur une liste de personnalités proposées par les Acteurs Politiques Malgaches parties signataires de la Feuille de Route. Il est entendu que le Premier Ministre de consensus ne peut être originaire ni de la même province ni de la plateforme politique qui soutient le Président de la Transition;

6. Les Acteurs Politiques Malgaches parties prenantes à cette Feuille de Route sont invités à présenter une liste de personnalités parmi lesquelles le Président de la Transition, sur proposition du Premier Ministre de consensus, nomme les Membres du Gouvernement de Transition. Dans la formation du Gouvernement de transition, le Président de la Transition et le Premier Ministre de consensus s’engagent à opérer à une allocation juste et équitable des portefeuilles, en respectant les critères de provenance politique, de représentation de genre et d’équilibre régional. En cas de révocation d’un membre du gouvernement, il sera remplacé par un autre membre de son groupe de provenance politique selon les mêmes règles de procédure de nomination;

7. Pour l’élargissement de la composition des autres institutions de la transition, comme le Congrès de Transition (CT), le Conseil Supérieur de Transition (CST) et la Commission Electorale Nationale Indépendante (CENI), les Acteurs Politiques Malgaches parties prenantes à cette Feuille de Route sont invités à présenter une liste de personnalités parmi lesquelles le Président de la Transition nomme les membres de ces institutions. En nommant les membres de ces institutions, le Président de la Transition s’engage à opérer une allocation juste et équitable des postes, en respectant les critères de provenance politique, de représentation de genre, d’équilibre régional, ainsi que l’équilibre de partage entre les Acteurs Politiques Malgaches signataires de la présente Feuille de Route, pour une bonne gestion de la transition;

8. Le Gouvernement de Transition sera chargé de l’administration des affaires courantes du pays et la mise en place des conditions nécessaires pour des élections crédibles, justes et transparentes en coopération avec la communauté internationale. Il s’abstiendra de prendre de nouveaux engagements à long-terme, ceux-ci ne relevant que de la compétence du futur Gouvernement à l’issue des élections;

9. Le Parlement de Transition sera chargé du contrôle du travail du Gouvernement de Transition. Le Parlement de Transition sera aussi chargé de la ratification des ordonnances adoptées pendant la transition, en particulier celles qui concernent le processus électoral, ainsi que de la proposition et de l’adoption de la législation pertinente.

II. Cadre Électoral

10. Elaboration et mise en œuvre, avec l’appui des experts des Nations Unies, d’un cadre électoral crédible, neutre, transparent et indépendant, fondé sur le respect des droits fondamentaux et des normes internationales, notamment par:

a. L’élargissement de la composition de la CENI et la révision de ses tâches essentielles pour assurer
une représentation équilibrée de tous les Acteurs Politiques Malgaches parties prenantes à cette

Feuille de Route. La CENI devra être chargée d’organiser toutes les élections, notamment les élections législatives, présidentielles et municipales. Disposant des pleins pouvoirs dans la gestion de l’ensemble du processus électoral, la CENI aura la responsabilité d’assurer que les élections se déroulent de manière libre, juste et transparente. Lesdits pleins pouvoirs de la CENI s’arrêtent à la publication des résultats provisoires des élections;

b. la révision du Code électoral;

c. promouvoir l’adoption et le respect d’un Code d’Éthique et de Bonne Conduite Électorale des
Acteurs Politiques Malgaches;

d. l’utilisation du système du bulletin unique;

e. l’éducation électorale;

f. la révision systématique des listes électorales;

g. Le calendrier électoral sera déterminé conjointement par la CENI et les représentants des Nations Unis sur la base du rapport de la mission d’évaluation des besoins électoraux des experts nationaux et internationaux et ce pour organiser des élections crédibles justes et transparentes dans les meilleurs délais possibles à Madagascar;

h. la distribution au niveau des 119 districts des données et du matériel des centres informatiques régionaux.
11. Une Cour Électorale Spéciale devra être créée à titre exceptionnel et provisoire. Elle sera chargée du contentieux électoral et de la proclamation des résultats définitifs des élections présidentielles et législatives. Le fonctionnement, la composition et la compétence de ladite Cour seront fixés par une loi adoptée par le Parlement de Transition;

12. En vue de mieux assainir l’espace politique malgache, le Parlement de Transition devra adopter de nouvelles lois sur les Partis Politiques et le Statut de l’Opposition;

13. La Société Civile Malgache est invitée à faire l’observation des élections législatives et présidentielles et à interpeller les Acteurs Politiques Malgaches qui transgressent le Code d’Éthique et de Bonne Conduite Électorale. La communauté internationale sera appelée à soutenir le renforcement des capacités de la société civile;

14. Le Président de la Transition, le Premier Ministre de consensus et les Membres du Gouvernement sont tenus de démissionner de leurs fonctions 60 jours avant la date du scrutin, s’ils décident de se porter candidat aux élections législatives et présidentielles. Toutefois, afin de pallier à toute éventualité de vide juridique, une loi sera adoptée par le Parlement de la Transition pour définir les conditions de mise en œuvre y afférentes.

III. Mesures de Confiance et Efforts de Réconciliation Nationale


15. Le Président, le Gouvernement, les Chefs d’institutions et l’ensemble de l’administration de la transition doivent rester neutres dans la période de transition, en particulier dans le processus électoral;

16. Le Président, le Gouvernement, l’ensemble de l’administration de la transition et toutes les institutions de transition doivent s’engager chacun en ce qui le concerne à adopter des mesures de sécurité et de confiance pour créer une atmosphère sereine et apaisée, en mettant un terme aux poursuites judiciaires en cours engagées à l’encontre des membres de l’opposition qui pourraient

apparaître comme fondées sur des motifs politiques, et en assurant le respect de l’état de droit et du principe de l’égalité de traitement. Ces mesures de confiance ne peuvent pas concerner les poursuites judiciaires engagées dans le cadre des crimes contre l’humanité, crimes de guerre, crimes de génocide et violations graves des droits de l’homme et des libertés fondamentales;

17. Le Président, le Gouvernement de Transition, l’ensemble de l’administration de la transition ainsi que toutes les institutions de la transition doivent s’engager à protéger et promouvoir les Droits de l’Homme à Madagascar, et à respecter les libertés fondamentales, notamment la liberté d’expression, d’opinion, d’association et de manifestation, ainsi que la liberté de la presse. L’exercice de ces droits doit être fait en respectant les lois du pays;

18. Octroi d’une amnistie large pour tous les évènements politiques intervenus entre 2002 et 2009. Sont exclus de l’amnistie les crimes contre l’humanité, les crimes de guerre, les crimes de génocide et les autres violations graves des droits de l’homme et des libertés fondamentales. La loi d’amnistie sera ratifiée par le Parlement de Transition et aucune élection ne devra avoir lieu avant cette ratification;

19. Le Parlement de Transition devra adopter une loi sur le Statut des Anciens Chefs d’Etat comme une des mesures clés pour assurer la paix sociale et un climat apaisé au pays. Le Statut d’Ancien Chef d’Etat doit être réservé aux Anciens Chefs d’Etat qui ont décidé de cesser toute activité politique partisane, en tenant compte de la considération due à leur rang passé et de la nécessité de préserver et garantir leur dignité et leur sécurité;

20. La Haute Autorité de la Transition (HAT) devra permettre à tous les Citoyens Malgaches en exil pour des raisons politiques de rentrer à Madagascar sans conditions, y compris Monsieur Marc Ravalomanana. La HAT devra fournir la sécurité à tous les exilés malgaches rapatriés. La HAT devra développer et promulguer d’urgence les instruments juridiques nécessaires, y compris une loi d’amnistie, afin d’assurer la liberté politique de tous les citoyens Malgaches dans le processus inclusif de transition, débouchant sur la tenue d’élections libres, justes et crédibles.

21. Les Acteurs Politiques Malgaches parties prenantes à cette Feuille de Route s’engagent à adopter sans délai un Code d’Éthique et de Bonne Conduite Politique pour régir les activités politiques à Madagascar pendant la période de transition. Ils s’engagent également à respecter ce code;

22. Tous les Acteurs Politiques Malgaches parties prenantes à cette Feuille de Route sont invités à participer de bonne foi au processus de transition. Ils s’engagent également à instaurer un climat de paix et de sécurité pour tous les Malgaches, à éviter l’obstruction du processus de transition et à maintenir une conduite constructive et patriotique pour faire avancer la transition;

23. Aucun Acteur Politique Malgache partie prenante ou non à cette Feuille de Route ne peut ni ne
doit s’arroger un droit de veto à l’exécution de cette Feuille de Route durant la période de transition;

24. Tous les Acteurs Politiques Malgaches parties prenantes à cette Feuille de Route doivent refuser le recours à la violence ou la menace d’un tel recours pendant la période de transition. Ils doivent également s’abstenir d’inciter à la haine et de mener toute action déstabilisatrice au cours de la transition;

25. Un processus de réconciliation nationale, dirigé par une institution nationale dénommée le Filankevitry ny Fampihavanana Malagasy (Conseil de la Réconciliation Malagasy) et facilité par la communauté internationale, devra être entamé afin de soigner et commencer à guérir les blessures individuelles et collectives du passé et établir de saines fondations pour l’avenir de Madagascar. La composition, le fonctionnement, la gestion et la compétence dudit Conseil seront établis par une loi adoptée par le Parlement de Transition;

26. Toute personne victime des évènements politiques entre 2002 et la date de signature de la présente Feuille de Route qui aurait subi des préjudices de quelque nature que ce soit aura droit a une réparation et/ou indemnisation par l’Etat dont les modalités seront fixées par le Filankevitry ny Fampihavanana Malagasy (Conseil de la Réconciliation Malagasy);

27. Un Fonds National de Solidarité (FNS) sera mis en place afin d’indemniser les ayant-droits et les victimes pour les préjudices subis lors des évènements politiques entre 2002 et la date de signature de la présente Feuille de Route. La communauté internationale sera appelée à soutenir ce Fonds;

28. Les membres de la Société Civile Malgache, dont les Raiamandreny Mijoro, le FFKM, la CNOSC et le FINONA sont chargés du suivi et du contrôle nationaux de l’application de cette Feuille de Route, jusqu’à la fin de la période de transition. Dans l’exercice de leurs fonctions ils sont invités à préserver leur apolitisme et leur unité. La communauté internationale sera appelée à soutenir le renforcement des capacités de ce mécanisme national de suivi et de contrôle de l’application de la présente Feuille de Route;

29. Un Bureau de la Médiation de la SADC sera installé à Madagascar pour y soutenir le dialogue Malgacho-Malgache et le processus de transition, avec le soutien technique des Nations Unies. La mission du Bureau de la Médiation s’achèvera le jour de l’investiture du nouveau Président de la République, qui marquera la fin de la transition;

30. Les présents engagements annulent et remplacent tous les engagements pris et/ou signés antérieurement concernant la transition à Madagascar;

31. Aucune procédure d’empêchement ou de destitution du Président de la Transition, ni aucune motion de censure à l’endroit du Gouvernement de Transition, ni aucune mesure de dissolution du Parlement de Transition ne peuvent être exercées, pendant la transition;

32. Tout conflit dans l’interprétation et la mise en œuvre des dispositions de la présente Feuille de
Route sera soumis à l’attention de la Médiation de la SADC pour résolution.

IV. Mécanismes de Mise en Œuvre et d’Accompagnement de l’Accord


Après la mise en place effective d’un Gouvernement de Transition d’Union Nationale, du Parlement de Transition et d’une Commission Electorale Nationale Indépendante neutre, inclusive et consensuelle, ainsi que la conclusion d’un accord sur une Feuille de Route pour la période de transition, la SADC et l’Union Africaine appellent fortement la communauté internationale à prendre les engagements suivants:

33. L’établissement d’un Bureau de la Médiation de la SADC à Madagascar pour y soutenir le dialogue Malgacho-Malgache et le processus de transition. À cet égard, les Nations Unies sont appelées à apporter une assistance technique, administrative et financière à la Médiation de la SADC;

34. Reconnaissance internationale du Président et du Gouvernement de Transition de Madagascar, après la mise en place des institutions de transition inclusives et consensuelles;

35. La SADC et l’UA demandent aux partenaires bilatéraux et multilatéraux de Madagascar d’apporter, dans le respect de leurs procédures respectives, leur soutien multiforme aux institutions de transition consensuelles et inclusives, notamment le Gouvernement de Transition, le Congrès de Transition, le Conseil Supérieur de Transition et la Commission Electorale Nationale Indépendante et le Filankevitry ny Fampihavanana Malagasy (Conseil de la Réconciliation Malagasy);

36. La SADC, l’Union Africaine, les Nations Unies, l’OIF, la COI et plus largement tous les partenaires concernés s’engagent à apporter leur soutien politique, technique, matériel, logistique et financier à ce dialogue et à ce processus de transition, pour assurer une transition sans heurt débouchant sur des élections crédibles, libres, justes et transparentes;

37. A cet effet, les Nations unies établiront un bureau d’appui à la Médiation de la SADC dans les efforts de continuation du dialogue Malgacho-Malgache, d’organisation des élections, de réconciliation nationale et de consolidation de la paix;

38. Octroi d’une aide financière, technique, matérielle et logistique au processus électoral;

39. Sous l’égide de l’Équipe de Médiation de la SADC, appuyée par les Nations Unies, la communauté internationale sera chargée du suivi et du contrôle internationaux de la mise en œuvre de cette feuille de route, en collaboration avec les acteurs nationaux et internationaux pertinents;

40. La SADC et l’Union Africaine recommandent que la communauté internationale s’engage à
envoyer des observateurs internationaux pour les élections législatives et présidentielles;

41. Suspension et levée progressive et conditionnée des sanctions imposées à Madagascar en fonction de la mise en œuvre des étapes fixées dans cette feuille de route;

42. Les partenaires examineront la possibilité de reprendre leur aide et coopération au développement, humanitaire, financier et économique;

43. En cas de graves violations de cette Feuille de Route les partenaires examineront la possibilité de prendre des sanctions contre les auteurs de ces violations, qu’ils soient ou non signataires de la présente Feuille de Route;

44. Le Médiateur devrait continuer à suivre de près la situation, apporter en tant que de besoin son soutien et sa facilitation aux parties malgaches, et faire régulièrement rapport à la SADC, l’UA et la communauté internationale sur l’évolution de la situation à Madagascar.

45. L’article 20 de la présente Feuille de Route sera lue avec la Note explicative, en annexe, qui constituera une partie intégrante de cette même Feuille de Route.
Antananarivo, le 16 septembre 2011.

NOTE EXPLICATIVE DE L’ARTICLE DE LA PRESENTE FEUILLE DE ROUTE


Dans le cadre du mandat donné par le Sommet de la SADC tenu à Sandton et réitéré à Luanda, les 17-
18 Août 2011, la Troïka de la SADC propose le texte suivant pour le paragraphe 20 de la feuille de
route :

La Haute Autorité de la Transition (HAT) devra permettre à tous les Citoyens Malgaches en exil pour des raisons politiques de rentrer à Madagascar sans conditions, y compris Monsieur Marc Ravalomanana. La HAT devra fournir la sécurité à tous les exilés malgaches rapatriés. La HAT devra développer et promulguer d’urgence les instruments juridiques nécessaires, y compris une loi d’amnistie, afin d’assurer la liberté politique de tous les citoyens Malgaches dans le processus inclusif de transition, débouchant sur la tenue d’élections libres, justes et crédibles.

La Troïka souhaite apporter l’interprétation suivante du terme « sans conditions » énoncé dans les décisions du Sommet de la SADC.

1. Les principes et valeurs de la SADC n’acceptent pas l’impunité. Le terme « sans condition » s’applique à la notion de liberté de rentrer à Madagascar pour tous les citoyens malgaches en exil pour des raisons politiques. Cela implique qu’aucune mesure administrative et politique ne devrait être appliquée pour restreindre ou empêcher leur liberté de rentrer au pays.

2. Ainsi, « sans conditions » ne suggère et n’implique pas les citoyens malgaches rapatriés une exonération de poursuites judiciaires ou pour des crimes allégués.

3. Les principes et les valeurs de la SADC reposent sur le respect de l’intégrité territoriale et la souveraineté des Etats membres. La SADC reconnaît et respecte la compétence, la légitimité et l’indépendance des systèmes judiciaires de ses Etats membres. La SADC n’a pas le pouvoir de s’ingérer ou d’annuler quelque condamnation judiciaire par le tribunal national de tout Etat membre.

4. La SADC ne définit pas et ne détermine pas l’étendue et le contenu des lois d’amnistie des Etats membres. Il est du ressort des autorités compétentes de ses Etats membres de débattre et de s’accorder sur leurs lois d’amnistie en prenant compte des normes internationales applicables qui excluent de l’amnistie les crimes contre l’humanité, les crimes de guerre et les violations graves des droits de l’Homme et des libertés fondamentales.


Antananarivo, le 15 septembre 2011

Saturday, March 24, 2012

France: Orange menace de suspendre l'accord d'itinérance avec Free

Mis en cause par l'autorité de régulation des télécoms, l'opérateur Orange a rejeté toute responsabilité dans les pannes subies par Free Mobile ces derniers jours, et a menacé de suspendre l'accord permettant à ce dernier d'utiliser son réseau, "si des incidents sur le réseau de Free Mobile devaient affecter [sa] qualité de service", a déclaré samedi un de ses porte-parole.

Une telle décision aurait des répercussions importantes pour les clients de Free puisque cet accord, dit d'itinérance, permet aux abonnés de ce dernier de passer par le réseau de l'opérateur historique dans le cas où il n'y aurait pas de réseau Free disponible. Or, conformément à son cahier des charges, Free ne couvre actuellement qu'un peu moins de 30 % du territoire, et selon le président de l'Autorité de régulation des télécoms (Arcep), Jean-Ludovic Silicani, "la très grande majorité du trafic des abonnés de Free Mobile passe par le réseau d'Orange".

L'opérateur historique a agité cette menace après avoir été mis en cause par l'Arcep, M. Silicani affirmant dans Le Figaro de samedi que les pannes du petit poucet de la téléphonie mobile étaient dues au contrat d'itinérance. Orange, qui attend de ce contrat des recettes supérieures au milliard d'euros, a décliné "toute responsabilité dans les dysfonctionnements" de Free, alors que le quatrième opérateur de téléphonie mobile a été affecté ces dernières semaines par plusieurs pannes, dont la dernière, mardi, a empêché toute communication entre 17 heures et 21 heures.

DES MOBILES UTILISANT LE RÉSEAU 2G

Lors d'une autre panne début mars, Orange avait par exemple déclaré que l'incident était provoqué par un problème sur un équipement de Free et n'était "en rien lié au contrat d'itinérance et au réseau Orange". Mais selon M. Silicani, "les deux parties ont sous-estimé à la fois le nombre d'abonnés et la quantité de trafic passant par le réseau d'Orange". Ils n'ont également pas assez pris en compte, d'après lui, le fait que les offres à 2 euros de Free Mobile conduiraient les consommateurs à ressortir d'anciens téléphones utilisant le réseau 2G, alors que les téléphones les plus récents se servent de la 3G.

Début 2012, Free Mobile s'était lancé sur le marché avec une offre très agressive pour faire face à ses concurrents : outre un forfait unique à 19,99 euros, la société avait commercialisé une offre dite "sociale" à 2 euros par mois, donnant accès à 60 minutes de communication et à 60 SMS mensuels.
Ce mini-forfait est un succès et l'Arcep estime que "près de la moitié des appels de Free Mobile sont en 2G, mais comme il ne dispose pas d'un tel réseau, ses clients utilisent celui d'Orange", ce qui accentue encore l'encombrement des lignes.

Au Mali, le front des putschistes se fragilise

Samedi 24 mars 2012

Vendredi en fin d'après-midi, des informations contradictoires avaient circulé sur la situation à Bamako et le sort du chef de la junte, le capitaine Amadou Sanogo.

De plus en plus isolés à l'étranger comme au Mali, les auteurs du putsch contre le président Amadou Toumani Touré tentaient samedi 24 mars de mettre fin à la dangereuse incertitude régnant dans le pays et garder le contrôle de la situation face à une possible contre-offensive loyaliste. Un calme précaire et tendu par endroits régnait dans la matinée à Bamako, où l'activité tournait toujours au ralenti.

Visiblement sur les dents, les putschistes contrôlaient toujours le siège de la télévision publique ORTM, qui continuaient de diffuser des émissions de musique traditionnelle, en alternance avec les précédents messages des soldats mutins assurant que "tout va bien" et invitant les Maliens à "vaquer normalement à leurs occupations". Vendredi en fin d'après-midi, des informations contradictoires avaient circulé sur la situation à Bamako et le sort du chef de la junte, le capitaine Amadou Sanogo, en lien avec une brève interruption du signal de la télévision publique.

"Rumeurs", avait réagi la junte du Comité national pour le redressement de la démocratie et la restauration de l'Etat (CNRDRE), assurant que la situation était sous contrôle. Des soldats du rang dirigés par le capitaine Sanogo ont annoncé jeudi avoir déposé le président Touré, dissous toutes les institutions du pays et suspendu la Constitution. Ils ont accusé le président Touré, ainsi que leurs supérieurs hiérarchiques, d'incompétence dans la lutte contre la rébellion touareg et les groupes islamistes, en particulier Al-Qaida au Maghreb islamiques (AQMI), qui mènent depuis la mi-janvier une vaste offensive dans le nord-est du pays.

Un groupe islamiste armé touareg a d'ailleurs affirmé samedi qu'il s'apprêtait à prendre Kidal, une des villes les plus importantes du nord-est du Mali, selon un communiqué reçu par l'AFP sur place.

LE SORT DU PRÉSIDENT TOURÉ INCONNU

Les mutins du CNRDRE, dont la plupart sont issus de la troupe, ont leur quartier général dans la caserne de Kati, à 15 km de Bamako, où leur chef, dont on sait très peu de choses, a donné vendredi une série d'entretiens à la presse. Le sort du président Touré reste pour l'instant toujours inconnu. On ignore si, protégé dans un endroit inconnu par des militaires loyalistes il préparerait la contre-offensive, comme l'assurait jeudi son entourage, ou s'il est prisonnier des mutins.

Le chef de l'Etat "va très bien, il est en sécurité", a assuré vendredi le capitaine Sanogo, refusant cependant de dire où il se trouve. Les dirigeants du gouvernement renversé sont "sains et saufs" et seront "prochainement remis à la justice malienne", a dit l'officier, qui a promis de protéger "leur intégrité physique".

A Bamako, vendredi 23 mars.

A l'incertitude sur la situation militaire, s'ajoute l'incertitude politique sur les projets de la junte : à cinq semaines du premier tour de la présidentielle prévu le 29 avril, le coup d'Etat a été condamné dans une déclaration commune par 12 des principaux partis politiques maliens, fragilisant un peu plus la position des putschistes.

Samedi matin, un responsable de l'un de ces partis, l'Alliance pour la démocratie au Mali (Adema) a été brièvement interpellé par des militaires à son domicile de Bamako. Kassoum Tapo a été relâché peu après, après avoir reçu les excuses du chef de la junte pour son arrestation, a-t-il précisé. Trois autres hommes politiques, qui ont requis l'anonymat, ont indiqué à l'AFP être entrés "en clandestinité", parce que selon eux, recherchés par des "hommes armés".

Le coup d'Etat a été unanimement condamné sur la scène internationale. Venue d'Abidjan, une délégation de la Communauté économique des Etats d'Afrique de l'Ouest (Cédéao) a brièvement séjourné à Bamako vendredi. Ses membres se sont entretenus par téléphone avec le capitaine Sanogo, celui-ci ne s'étant pas déplacé en ville pour des raisons de sécurité. Le chef de la junte a cependant promis d'autoriser le départ des ministres kényan et zimbabwéen des affaires étrangères, ainsi que le secrétaire d'Etat tunisien en charge des affaires africaines, bloqués dans la capitale depuis le coup d'Etat.

Les frontières terrestres et aériennes du pays restent fermées depuis jeudi et un couvre-feu est en vigueur.

Banque Mcb à Mahajanga: 199 millions d’Ariary braqués

Samedi, 24 Mars 2012

Le matin de ce 23 mars, à 09h 30, le bord de mer connu pour ses agréments touristiques, s’est transformé en lieu de violence. Alors que la voiture aménagée de la Banque Mcb procédait à un transfert de fonds vers la Banque centrale, peu après avoir contourné le fameux Baobab, fit irruption à contre sens, une 309 rouge. Celle-ci vint brutalement emboutir par l’avant la Peugeot « Partner » pour la stopper, et six individus non cagoulés dont 5 en tenue de combat avec un Kalachnikov et le sixième en tenue civile armé d’un pistolet automatique et d’en sortir pour assaillir le transport de fonds.
Très rapidement, les bandits sortirent brutalement le convoyeur et une employée de la banque, laquelle fut blessée à la tempe, et s’emparèrent du véhicule et de son contenu pour s’enfuir en direction d’Amborovy, le chauffeur étant maintenu à bord. Vers 10h 30 du matin, c'est-à-dire une heure après le braquage au bord, la voiture de la Banque Mcb était retrouvée dans le Fokontany d’Ambondrona secteur 4, côté Lycée français. Les bandits avaient vidé la caisse blanche ou était rangé l’argent d’un montant de 199 millions d’Ar, avant d’y enfermer sans ménagement le chauffeur.
D’après un témoin oculaire à Ambondrona, « ils sont partis à pieds dans le quartier. L’un des bandits transportait le butin et deux autres suivaient avec les armes masquées dans une natte. Ils n’avaient pas un comportement normal » décrit il ; de ce fait, un homme du quartier les a suivi discrètement. Cependant à l’heure ou nous écrivons ces lignes, celui ci n’est toujours pas revenu. A -t-il été éliminé ? Les gendarmes ont rapidement verrouillé le Fokontany d’Ambondrona dès connaissance du fait. A 16 heures, ceux-ci nous ont informé que ces voyous, localisés, ont pris 7 otages civils. Ils sont encerclés entre Ambondrona et Belobaka actuellement, changés en civil, ils affrontent les Forces de l’ordre alors que la population attend le dénouement de cette affaire, si possible sans effusion de sang.
Dans l’immédiat on ne peut que s’interroger sur le bon sens d’un transfert aussi volumineux sans escorte. Visiblement la 309 attendait sa cible depuis 8h ce matin. Les brigands étaient donc bien informés. Toujours est-il que Mahajanga vit encore un sentiment de grande insécurité. Des assassinats, des braquages en plein jour, du racket, et la Mcb attaquée pour la 2eme fois…
Pourtant, sans relâche, les Forces de l’ordre travaillent coude à coude avec la population pour éradiquer ces actes de banditisme dans la ville des fleurs, laquelle doit recevoir prochainement sa population touristique pour les fêtes Pascales.

Air Madagascar: Airbus rafle enfin la mise !

Samedi 24 mars 2012

20 ans après le début de la bataille dans le ciel malgache entre les deux constructeurs, Airbus a finalement été préféré à Boeing. Andry Rajoelina l’a annoncé hier soir sur la chaîne de télévision privée TV Plus dans l’émission « l’invité du Zoma ». Aucun détail n’a été donné sur le type d’appareil ni les conditions du contrat. Tout juste si le Président de Transition a révélé qu’il s’agit d’un achat.
Les spécialistes rectifieront d’eux-mêmes ce lapsus sinon le manque de précision de la part d’Andry Rajoelina car depuis l’acquisition du Boeing 747 qui a été mis à la ferraille sans que le prix ait été acquitté entièrement par l’Etat malgache auprès de la banque américaine Eximbank, il est impossible pour Air Madagascar d’acheter un avion, neuf ou d’occasion.
Le contrat n’étant pas encore signé jusqu’à présent, qui sait si le mot achat a été lâché parce que l’avion qui rejoindra la flotte de la compagnie nationale ne serait donc pas acheté mais plutôt loué avec option d’achat à la fin du contrat de location. En plus clair, le nouvel appareil serait loué comme le Boeing 767 et les Boeing 737 exploités actuellement mais contrairement aux locations faites depuis les années 90, le nouveau contrat donne la possibilité à Air Madagascar d’acheter les deux appareils à un prix moindre à la fin de la location. C’est sans doute pour cela qu’en répondant à la journaliste Onitiana Réaly, Andry Rajoelina a exprimé la fierté du régime de transition de pouvoir procéder à un achat dans le contexte actuel.
La signature imminente du contrat éclairera le public sur l’acquisition de ces Airbus A340-300. C’est en effet ce type d’appareil qui a été choisi par Air Madagascar. L’avion quadriréacteur est prévu d’atterrir à Ivato le 11 avril prochain. D’après nos informations, il s’agit de deux avions d’Air France qui seront mis aux couleurs d’Air Madagascar mais gardant toujours son immatriculation française.
Cette « bizarrerie » ferait suite à la sanction de Madagascar par l’Union européenne qui nous a classés, il y a un an de cela, dans le fameux annexe B. D’après les spécialistes, cette sanction interdit en réalité le survol du ciel européen par n’importe quel aéronef immatriculé à Madagascar, qu’il appartienne à Air Madagascar ou à une autre compagnie de droit malgache. Que la compagnie nationale achète ou loue donc un Boeing ou un Airbus ou un Tupolev russe, elle ne peut exploiter aucun appareil (fût-il neuf) sur Paris ou Berlin tant que la sanction persiste.
Bref, les contraintes sur la présence d’Air Madagascar en Europe et surtout sus la ligne traditionnelle Antananarivo-Paris ont forcément pesé sur le choix d’Air Madagascar où il y a de la résistance très humaine. D’abord parce que la compagnie nationale était jusqu’à présent configurée tout Boeing. Mais aussi parce que certains se sentent plus intelligents pour devenir suspicieux quant au choix.
En tout état de cause, l’annonce faite par Andry Rajoelina semble indiquer que le choix est irrévocable. Air Madagascar qui va signer le contrat, devra argumenter publiquement son choix. Les explications seront d’ordre technique et financier. Airbus sera à la rescousse. Boeing pourrait réagir mais devant le piètre comportement de l’ambassade américaine à Antananarivo, le constructeur américain est fortement handicapé. On indique notamment au sein des chancelleries que le choix Airbus a été décisif après le communiqué de l’ambassade américaine de chercher à bloquer les financements de la Banque mondiale en faveur de la population malgache.
20 ans après, Airbus rafle donc la mise à Madagascar. En effet, c’était lors la transition de 1991 que la bataille entre les deux constructeurs a débuté chez nous. Air Madagascar pensait acheter de nouveaux appareils. A la délégation de haut niveau d’Airbus, l’ambassade américaine ripostait par voie de presse en faveur d’Airbus. La bataille était latente mais depuis novembre 2010 quand M. Rajoelina avait sous-entendu la préférence à Airbus lors du meeting référendaire au palais des sports, Boeing était littéralement tombé dans le silence. L’avionneur américain savait qu’à cause de la politique de son pays qui sanctionnait à mort la population à cause de la haine contre un seul personnage, il avait perdu la bataille à Madagascar.




Andry Rajoelina : « La fermeture de l’aéroport d’Ivato était ma consigne... »
C’est avec un ton ferme qu’Andry Rajoelina a affirmé sur Tv-Plus hier soir, « j’ai donné la consigne pour empêcher l’appareil de Marc Ravalomanana d’atterrir à l’aéroport international d’Ivato ». Une révélation arrivant des mois après l’évènement et après que des rumeurs aient couru autour de la circonstance entourant cette décision. Durant sa prise de parole, Andry Rajoelina a manifesté la volonté de rétablir l’ordre et la sécurité.
En effet, conscient de la menace qui pèse sur la sécurité de l’ex-président démissionnaire et ses conséquences sur la stabilité de la nation, Andry Rajoelina a pris à deux mains la responsabilité d’interdire l’atterrissage de l’appareil transportant Marc Ravalomanana à Ivato et de l’ordonner à atterrir à Morondava. Le président de la Transition n’est pas en effet le premier responsable de la sécurité puisque cela relève du président de l’Emmo-Nat (état-major mixte opérationnel national), assuré par le Premier ministre.
C’est dans le souci de préserver la sécurité que M. Rajoelina a décidé de prendre en main le rétablissement de l’ordre et la sécurité : « je mettrais à la disposition des forces de l’ordre tout les moyens qu’ils estiment nécessaire pour rétablir la sécurité, tout en établissant des répartitions de secteurs, de l’organisation des patrouilles ». Et lui de s’interroger : « comment se réconcilier avec des hommes qui en veulent à votre vie ? ». Au début de l’année, le chef de la Transition semble regretter d’avoir libéré des officiers inculpés d’atteinte à la sécurité intérieure, qui ont par la suite voulu attenter sur ordre de l’exilé en Afrique du Sud d’attenter à sa vie.

Viande de zébu : Le Malgache n’en consomme que 2kg par an

Samedi, 24 Mars 2012

Le nombre de bovidés à Madagascar est estimé à 9 millions. Ce qui traduit une baisse continue depuis les premiers recensements, il y a quelques décennies. La convention signée entre des parties prenantes de cette filière vise à porter ce chiffre à 12 millions, dans 5 ans.

En moyenne, un Malgache ne consomme actuellement que 2kg de viande de zébu, soit près de 5,5g par jour. Pourtant, vers la fin des années 1970, cette ration était à 17kg par an. Il faut croire qu’une grande part de la population n’a plus l’occasion de consommer ce produit, qui est pourtant symbole du pays. En effet, mise à part la diminution du nombre de bovidés à Madagascar, le poids moyen de ces animaux d’élevage est aussi en pleine chute. Aujourd’hui, certains zébus mis sur le marché ne pèsent chacun que 100kg, soit moins de la moitié de ceux d’auparavant.

Interdépendants. Pour les représentants d’éleveurs, l’Etat n’a jamais considéré la filière des bovidés, alors que celle-ci souffre depuis des années. « L’évolution des statistiques témoigne des problèmes que subit la filière bovidé. Mais jusqu’ici, les exploitants font chacun ce que bon leur semble, l’insécurité freine les efforts des paysans. Bref, il n’y a jamais eu de stratégie nationale pour améliorer la situation », a affirmé un d’entre eux lors de l’atelier. Par ailleurs, il a été évoqué que la filière bovidé est en étroite relation avec toutes les autres filières du monde rural. « Avec le problème des bovidés, les terres sont mal labourées, les engrais sont insuffisants et les rendements dans l’économie rurale en baisse progressive », a expliqué le ministre de l’Elevage Ihanta Randriamandrato. Par ailleurs, elle a annoncé hier que la FAO a affirmé être prête à appuyer la politique nationale visant à améliorer la productivité dans la filière des bovidés.

Administration forestière : Grève illimitée jusqu’au remplacement du ministre

Samedi, 24 Mars 2012

Le syndicat des Ingénieurs Agronomes de Madagascar et l’Association des Anciens de l’Agro soutiennent la manifestation du syndicat des Corps Forestiers.

« Nous ne voulons pas être complices et responsables de la dilapidation des richesses nationales effectuée par les politiciens ». C’est ce qu’a déclaré Joseph Aimé Rakotonirina, le président du syndicat des Corps Forestiers et de l’Administration Forestière (SCOFAFOR) lors d’une conférence de presse hier. Raison pour laquelle, le personnel de l’administration forestière se met en grève, et ce, d’une manière illimitée jusqu’à ce que ses revendications soient satisfaites. « Soit, on remplace le ministre de l’Environnement et des Forêts actuel par un forestier, soit on le retire de son département, le secteur forestier, pour devenir un ministère indépendant car il ne fait que détruire ce secteur », a-t-il réitéré.

Soutien. En outre, le syndicat des Ingénieurs Agronomes de Madagascar et l’association des Anciens de l’Agro soutiennent également la manifestation des corps forestiers. Ils louent fortement les actions de l’Administration Forestière qui ose dénoncer les anomalies au sein de son secteur, surtout les actes réglementaires pris par le ministre de tutelle mais qui sont en contradiction avec la loi en vigueur. C’est un exemple qui mérite d’être copié par les autres corps car il faut reconnaître que la dilapidation des richesses nationales touche plusieurs secteurs, d’après leurs dires. Par ailleurs, le syndicat des corps forestiers rappelle que la classification et la normalisation dimensionnelle des produits forestiers et le plan d’aménagement forestier relèvent de la compétence des agents forestiers et non pas des politiciens. Il a déjà envoyé une lettre contenant ses revendications auprès du président de la Transition et du premier ministre.

Népotisme. En revenant sur le problème des Employés de Courte Durée au sein de l’administration forestière, la grève continue même s’ils ont déjà perçu leurs salaires. En effet, leur intégration n’est pas du tout prise en compte. C’est le népotisme qui règne. « Si le secrétaire général du ministère de l’Environnement demande des preuves. Eh bien, nous lui montrons la liste des 42 personnes à intégrer avec les quotas des dirigeants. On y trouve les noms des membres de Cabinet, du secrétaire particulier du ministre et des proches des dirigeants, qui dominent à part le remplacement numérique des employés retraités ou décédés », a exposé Joseph Aimé Rakotonirina. « Pourquoi recruter quelqu’un de l’extérieur alors qu’il y a plus de 400 ECD à intégrer au sein du ministère ? », a-t-il poursuivi. La pure corruption en matière de détournement des produits forestiers saisis qui s’est tenu tout récemment suite à une intervention de haut lieu, n’est pas en reste.

Conjoncture : Hausse importante du prix du ciment

Samedi, 24 Mars 2012

Les dirigeants qui se sont succédé ont versé dans la démagogie. Y compris Andry Rajoelina qui pourrait devenir un recordman de la démagogie s’il continue à faire des promesses qu’il n’est pas capable d’honorer.

C’était, par exemple, le cas en octobre 2010 quand, lors de son show politique au Palais des Sports, le PHAT avait annoncé son projet de construire la plus grande cimenterie de l’Océan Indien, dont la maquette était d’ailleurs présentée. Lors d’un discours qu’il avait prononcé à cette occasion, il s’est même offert le luxe de donner un prix à ce ciment. A savoir 14 000 Ar le sac. Actuellement, les faits démentent cette déclaration. Non seulement, la pose de la première pierre de la grande cimenterie n’a pas encore eu lieu, mais pire, les prix atteignent un niveau très élevé. Le ciment à mortier (Cem 22.5) est vendu actuellement entre 19 000 Ar et 21 000 Ar le sac et le ciment béton (Cem 32.5) entre 21 000 Ar et 22 500 Ar le sac, selon les marques. Bref, des prix largement en dessus de celui du ciment imaginaire à 14.000 Ar du PHAT.

D’après les distributeurs, cette hausse du ciment est due principalement à l’augmentation du coût de différents paramètres comme le carburant, les transports, les taxes…Il reste à savoir si la transition pourra bloquer cette hausse importante du prix du ciment.

Christine Razanamahasoa : « L’extradition du Col Charles n’est pas encore envisagée »

Samedi, 24 Mars 2012

En marge de la cérémonie de validation des résultats de l’Examen périodique universel sur les Droits de l’Homme, qui s’est tenue hier à l’Hôtel Colbert, la ministre de la Justice, Christine Razanamahasoa, a expliqué que l’Etat malagasy continue de prendre en charge l’évacuation sanitaire du lieutenant-colonel Charles Andrianasoavina à La Réunion. Et ce, bien malgré sa condamnation à une réclusion à perpétuité par la Cour Criminelle Ordinaire. De sources concordantes, les autorités transitoires envisagent actuellement une évacuation sanitaire en France pour cet ancien Homme fort de la HAT. Une nouvelle intervention chirurgicale serait en vue. Pour ce qui est des rumeurs sur une éventuelle extradition du lieutenant-colonel Charles Andrianasoavina, la ministre de la Justice de faire savoir que cette option n’est pas encore envisagée. « C’est pratiquement impossible pour le moment, vu son état de santé », a-t-elle soutenu. Et de laisser entendre au passage que les autorités transitoires sont plutôt préoccupées par son état de santé pour l’instant. D’après les informations qui ont circulé après le procès de l’affaire BANI, le col Charles a demandé un asile politique en France. Faut-il rappeler qu’en 2011, peu de temps avant le déclenchement de l’affaire BANI, les dirigeants de la HAT ont déjà prévu de le nommer Attaché de Défense auprès de l’Ambassade de Madagascar à Paris.

Andry Rajoelina : « Fin de la Transition cette année »

Samedi, 24 Mars 2012

Andry Rajoelina était « L’invité du Zoma » de TV Plus hier soir. Une émission de 2 heures au cours de laquelle il a annoncé l’acquisition par Air Mad de 2 Airbus A-340 auprès d’Air France. Apparemment, le président de la Transition Andry Rajoelina était plutôt évasif dans son intervention. Les réponses étaient insatisfaisantes pour certaines questions à l’exemple de celle relative à la lettre de mise en demeure prise contre TV Plus. Sur le plan politique, le numéro Un d’Ambohitsorohitra a une fois de plus encore éludé la question concernant sa candidature ou non à la prochaine élection présidentielle. Il n’a pas répondu clairement à la question de Onitiana Realy qui lui demandait s’il maintenait sa déclaration de non-candidature du 12 mai 2010. Et de se demander toutefois pourquoi il aurait peur de Marc Ravalomanana qu’il affirme avoir déjà battu quand il n’était pas au pouvoir. Une allusion aux élections communales de décembre 2007 à Tanà. Justement à propos d’élection, Andry Rajoelina a fait savoir qu’il appartient à la CENIT et aux experts des Nations unies de fixer la date du scrutin. En tout cas, le président de la Transition a affirmé que « la Transition se terminera au plus tard à la fin de cette année ».

Amnistie. En ce qui concerne l’application de l’article 20 de la Feuille de route qui prévoit le retour sans condition des exilés politiques, y compris Marc Ravalomanana, le numéro Un d’Ambohitsorohitra de signaler l’article 45 sans lequel sa mouvance n’aurait pas signé la Feuille de route. Et ce, quand bien même Onitiana Realy lui aurait fait remarquer que « l’article 20 passe avant l’article 45 ». Sur la question de l’amnistie, le président de la Transition a réitéré que « les crimes de sang sont exclus du champ d’application de cette mesure ». Une manière d’écarter l’ancien président en exil en Afrique du Sud qu’il accuse d’avoir patenté des militaires pour attenter à sa vie ainsi qu’à celles des Généraux Ravalomanana Richard et Ndriarijaona André. « Il y a eu des aveux et des preuves concernant cette affaire », a-t-il soutenu.

Blocage. Par ailleurs, le président Andry Rajoelina a attendu son intervention dans « L’invité du Zoma » pour confirmer que c’est lui qui avait donné l’instruction de fermer l’Aéroport d’Ivato à l’avion qui devait transporter Marc Ravalomanana. Pour ce qui est de sa démission réclamée par une partie de la population, le numéro Un d’Ambohitsorohitra de déclarer qu’il n’entend pas démissionner. Et ce, tout en reconnaissant les difficultés subies au quotidien par la population, à savoir l’insécurité, la hausse des prix, la grève des différents syndicats et le dysfonctionnement de l’Administration provoqué notamment par les discordes entre les responsables. Il a mis le blocage actuel sur le compte de la cohabitation. Pour ce qui est du cas des éléments du CAPSAT qui ont été satisfaits rapidement, Andry Rajoelina de faire savoir qu’en termes de budget, les revendications du CAPSAT ne représentent que le quart de celles du SECES.

Démenti de Charles Chapouilly : La France n’est pas derrière Andry Rajoelina

Samedi, 24 Mars 2012



Quai d’Orsay rassure encore une fois que la France n’est pas derrière Andry Rajoelina.

« Monsieur Madagascar » du ministère des affaires Etrangères français effectue en ce moment un court séjour à Madagascar. Il s’agit de Charles Chapouilly qui prend en charge depuis août 2011 le dossier Madagascar au niveau du Quai d’Orsay. Il remplace ainsi Béatrice Lederl, celle qui a été toujours présente lors des rendez-vous africains (Maputo, Addis-Abeba et Pretoria) pour la résolution de la crise malgache. Assisté par Rémy Perraud, « premier conseiller temporaire » de l’ambassade de France à Madagascar et Claude Blevin, deuxième conseiller, Charles Chapouilly a organisé hier un petit déjeuner de presse à l’hôtel Palissandre à Mandrosoa Ambohijatovo. Une occasion pour lui non seulement de s’imprégner de la réalité politique malgache, mais surtout d’apporter certaines précisions sur la politique de la France à Madagascar.

Avant fin 2012. Charles Chapouilly de démentir que La France n’est pas derrière Andry Rajoelina. « La France comme les autres pays de la communauté internationale adhère au processus piloté par la SADC. », ajoute Claude Blevin. « Monsieur Madagascar » du Quai d’Orsay d’affirmer : « La politique de la France à Madagascar ne changera pas après l’élection présidentielle française d’avril 2012. » Une manière pour Charles Chapouilly de rassurer que l’éventuelle victoire du socialiste François Hollande n’aura pas d’impacts sur la politique française à Madagascar malgré le fait que l’actuel président de la transition Andry Rajoelina a été reçu à l’Elysée en décembre 2011 par le président Nicolas Sarkozy. Un événement qui a suscité des polémiques dans le monde diplomatique. Charles Chapouilly s’est également exprimé sur la tenue des élections à Madagascar : « Je suis optimiste que des élections puissent se tenir avant la fin de cette année. » « Sinon, ce sera au mois de mai 2013. », précise Claude Blevin.

Lutte d’influence. Interrogé sur l’éventuelle lutte d’influence entre la France et les Etats-Unis sur la résolution de la crise à Madagascar, « Monsieur Madagascar » du ministère des Affaires Etrangères français de répondre : « Je ne pense pas qu’il y a cette lutte d’influence. » Le deuxième conseiller de l’ambassade de France Claude Blevin d’ajouter : « Les Etats-Unis se soucient plutôt de la bonne gouvernance à Madagascar. La position des Etats-Unis peut également s’expliquer par le fait que l’aide financière américaine pour Madagascar est plus conséquente que celle de la France, plus de 80 millions USD par an contre environ 65 millions USD. » Des observateurs politiques avertis ont cependant l’existence de cette lutte d’influence au moment de la nomination du premier ministre de consensus de la transition en cours. La France aurait mené un lobbying pour le Gal Sylvain Rabotoarison, qui a d’ailleurs la nationalité française, tandis que les Etats-Unis et l’Afrique du Sud auraient soutenu Pierrot Botozaza de la mouvance Ravalomanana.

Début juin. Arrivé à Tana mardi dernier, Charles Chapouilly regagnera Paris demain, donc un bref séjour de 6 jours qui lui permet selon Claude Blevin de connaître beaucoup plus la réalité de la crise malgache. « Au cours de ce séjour, il essaie de rencontrer plusieurs personnalités politiques malgaches », explique le deuxième conseiller de l’ambassade de France. Quant à Rémy Perraud, « premier conseiller temporaire », il a débarqué à Madagascar le 17 mars 2012 et retournera à Paris fin mai. En fait, Rémy Perraud a fait la transition entre Marie Annick Bourdin qui a quitté la Grande Ile en novembre 2011 pour un poste d’ambassadeur en Zambie, et Jérôme Bresson, l’actuel conseiller chargé de l’Afrique du ministre des Affaires Etrangères français, Alain Juppé. Quant à l’ambassadeur Jean Marc Chataîgner, il rejoindra début juin le Quai d’Orsay où il remplacera Georges Serre (récemment nommé à Abidjan) en tant que directeur général adjoint de la Mondialisation, du développement et des partenariats.
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Friday, March 23, 2012

Peuplement: 30 Indonésiennes à l'origine de la population malgache ?

Vendredi 23 mars 2012


Le peuplement de Madagascar coïnciderait avec l'arrivée sur cette île d'une trentaine de femmes originaires de l'archipel indonésien, voici environ 1.200 ans, suggère une étude qui a comparé le génome de la population malgache et celui de différentes régions d'Indonésie.

A la fois biologiquement et linguistiquement, la population malgache est aussi bien liée à l'Afrique voisine qu'à l'Asie du sud-est beaucoup plus lointaine. De nombreuses études génétiques, ethnographiques et archéologiques ont confirmé cette double ascendance afro-asiatique.

En revanche, l'histoire et les conditions du peuplement initial de Madagascar restent largement méconnues, faute d'archives. Pour tenter d'élucider les circonstances de la colonisation de l'île, Murray Cox, de l'Institut de biologie moléculaire de l'Université Massey, en Nouvelle-Zélande, et ses collègues ont simulé un modèle génétique de ce peuplement. Ils se sont concentrés sur la seule lignée maternelle, beaucoup plus facile à retracer par les analyses ADN.

Pour ce faire, ils se sont appuyés sur les échantillons d'ADN déjà existants de 2.745 individus représentatifs de douze groupes d'îles composant l'archipel indonésien. Ils ont ensuite croisé cette base de données génétiques avec l'ADN de 266 personnes, issues de trois groupes ethniques malgaches, en se concentrant sur des "marqueurs" génétiques caractéristiques des habitants actuels de Madagascar: le "motif polynésien" et plus particulièrement une variante de celui-ci, récemment identifiée et baptisée "motif malgache".

Ils ont mis en évidence le fait que seuls 2% des Indonésiens modernes étaient porteurs du "motif polynésien" et que le "motif malgache" était quasiment inexistant chez eux, alors qu'il est présent chez 22% de l'échantillon malgache, et même à 50% chez l'une des ethnies testées.

A partir de ces critères, les chercheurs ont pu reconstruire les différents scénarios de peuplement de Madagascar à l'aide d'une puissante modélisation informatique, l'équivalent d'un ordinateur de bureau tournant à plein régime sans discontinuer durant un an et quatre mois. L'hypothèse "la plus probable indique que Madagascar a été peuplée il y a 1.170 ans". Il en découlerait "qu'un très petit nombre de femmes a fondé la population malgache, 30 étant la meilleure estimation", selon cette étude publiée hier dans la revue britannique Proceedings of the Royal Society B.

93% de ces femmes, qui étaient selon toute probabilité accompagnées d'hommes, possédaient des ancêtres indonésiens, ajoutent les chercheurs. Certes, cela paraît un effectif fondateur bien faible, comparé à celui d'autres populations dans le monde. "Mais il cadre bien avec le fait que de nombreux Malgaches sont porteurs d'une séquence identique sur leur ADN mitochondrial", la partie du patrimoine génétique, héritée exclusivement par la lignée maternelle, en l'occurrence le fameux "motif malgache", relèvent les auteurs de l'étude.

Peuplement de Madagascar par des négociants maritimes, venus d'Indonésie ? Politique de colonisation délibérée encouragée par l'Empire de Srivijaya, une cité-Etat du sud de Sumatra encore prospère à l'époque ? Les chercheurs évoquent une troisième piste cadrant avec leur scénario: un navire naufragé sur l'Océan indien qui aurait fini sa course sur les côtes malgaches. Un cas de figure improbable mais compatible, selon eux, avec les courants océaniques et les cycles de la mousson dans cette région.

"En réalité, durant la seconde Guerre mondiale, des épaves de navires bombardés aux environs de Sumatra et Java se sont échouées à Madagascar, et ce fut même le cas une fois pour un rescapé dans un canot de sauvetage", écrivent-ils.


Thursday, March 22, 2012

USA : Trayvon Martin et le fardeau des garçons noirs

23 mars 2012



Cela fait presque un mois que Trayvon Martin, 17 ans, a été tué par George Zimmerman, 28 ans, dans une rue de Sanford, près d'Orlando en Floride.


Trayvon n'avait qu'un paquet de bonbons Skittles à la main. George Zimmerman était le capitaine -autoproclamé- du programme de surveillance du quartier (Neighbourhood watch).

Zimmerman a affirmé avoir agi en légitime défense. La police l'a brièvement questionné avant de le laisser partir sans même l'inculper. Une loi de 2005 -dite "Stand your ground"- autorise l'usage d'une arme à feu en cas de légitime défense, même si l'autre n'est pas armé et qu'on peut faire retraite. Elle fait des partie des lois appelées "shoot-first" (on tire d'abord) qui ont été adoptées dans 23 autres Etats, selon ProPublica.

La police locale refusant toujours de poursuivre George Zimmerman, l'affaire a pris des proportions nationales. Hier, la famille a manifesté à New York avec des centaines de manifestants en hoodies, sweat-shirt à capuche.
Aujourd'hui, Jesse Jackson et Al Sharpton sont à Sanford.
Une pétition lancée sur le site Change.org par les parents de Trayvon pour obtenir l'ouverture d'une enquête et le limogeage du chef de la police de Sanford a atteint des records: 50.000 signataires par heure, hier. Au total, plus d'un million de personnes.

George Zimmerman voulait faire carrière dans la police mais il avait eu quelques démêlés avec la loi. Il avait un permis de port d'arme et se sentait investi de la mission de protéger le quartier. Selon le Miami Herald, il avait appelé la police à 46 reprises depuis le 1er janvier 2011 pour signaler des incidents, des vitres laissées ouvertes.
Il était assis dans sa camionnette, à surveiller le quartier quand Trayvon Martin est passé, sur le chemin du magasin 7-Eleven où il était allé acheter les bonbons et une canette de Arizona Iced tea, pendant la mi-temps du match de basket. Contrairement à Zimmerman, l'adolescent n'habitait pas dans le quartier. Il était venu de Miami visiter des proches. George Zimmerman a appelé les secours d'urgence et signalé un type "vraiment louche" marchant lentement et regardant les maisons.
Le père de Zimmerman a nié tout racisme affirmant que "George est hispanique et qu'il a grandi dans une famille multiraciale".

Comme l'a écrit Charles Blow, chroniqueur et "père de deux teenagers noirs", dans le New York Times, cette affaire est une tragédie. Mais si personne n'est tenu responsable de la mort de Trayvon, la tragédie sera plus grande encore. Pour lui, c'est le "fardeau des garçons noirs en Amérique".
- "That is the burden of black boys in America"

Grève générale et manifestations contre l'austérité à Portugal


De nombreux secteurs publics, en particulier les transports, ont été perturbés jeudi 22 mars au Portugal par une grève générale contre les mesures d'austérité du gouvernement de centre-droit, mais la mobilisation a semblé inférieure aux précédents mouvements sociaux.



Troisième pays de la zone euro à obtenir une assistance financière après la Grèce et l'Irlande, le Portugal a reçu en mai 2011 de l'UE et du FMI un prêt de 78 milliards d'euros en échange d'un plan de réformes. Un plan marqué par des mesures de rigueur sans précédent.

> Lire notre cadrage, "Malgré les efforts consentis, l'horizon reste sombre pour le Portugal"

Des manifestations ont eu lieu dans la capitale et dans plusieurs autres villes. A Lisbonne, le métro a été fermé et l'activité dans les principaux ports du pays réduite. Hôpitaux, tribunaux, administrations, postes, bibliothèques, musées, ramassage des ordures ménagères, de nombreux services publics ont tourné au ralenti. Le mouvement n'a pas touché les transports aériens tandis qu'à Lisbonne, un service minimum était assuré pour les transports en commun.

"INTIMIDATION SUR LES LIEUX DE TRAVAIL"

Sans donner d'indications précises sur l'ampleur de la mobilisation, le leader de la centrale, Aménio Carlos, a mis en avant "les difficultés financières et l'intimidation sur les lieux de travail", pour expliquer une participation apparemment inférieure à celle qu'il espérait.

Une brève échauffourée a toutefois éclaté entre des jeunes "indignés", qui organisaient leur propre cortège, et les forces de l'ordre qui les encadraient. Selon l'agence Lusa, qui a fait état de plusieurs blessés légers, des jeunes ont jeté des objets en direction de la police qui a ensuite chargé les manifestants.

La principale confédération syndicale portugaise CGTP avait appelé à la grève sans le soutien de l'autre grande centrale syndicale, l'UGT, qui l'avait épaulée lors des deux précédentes grèves générales de novembre 2010 et novembre 2011. Les deux syndicats se sont divisés sur une réforme du code du travail, acceptée par l'UGT mais que la CGTP a catégoriquement rejetée, qualifiant de "retour au féodalisme" l'assouplissement en matière d'horaires et de licenciements et la suppression de jours fériés et de jours de congés.

Cette réforme annoncée par le gouvernement sera la semaine prochaine au Parlement, où la coalition de droite dispose d'une confortable majorité.

Coup d'Etat au Mali : le couvre-feu est décrété


Des militaires maliens dans les rues de Bamako, le 21 mars 2012.

Le couvre-feu décrété au Mali par les militaires qui ont annoncé jeudi 22 mars le renversement du président Amadou Toumani Touré sera en vigueur de 18 heures à 6 heures, selon le porte-parole des putschistes. Au moins un militaire a été tué et environ quarante personnes, dont des civils, ont été blessées, généralement par balle, lors des tirs de soldats mutinés.

Après plusieurs heures de mutinerie déclenchée mercredi matin, les soldats protestataires ont annoncé jeudi qu'ils avaient renversé le président Amadou Toumani Touré qui, selon son entourage, était dans un camp militaire à Bamako, avec des hommes d'élite de la garde présidentielle. Amadou Toumani Touré, président depuis 2002, avait prévu de se retirer après l'élection présidentielle dont le premier tour devait avoir lieu à la fin d'avril.

Les militaires putschites réclamaient initialement plus de moyens pour la guerre en cours depuis la mi-janvier contre des rebelles touareg dans le nord du pays, région également en proie à des activités de groupes islamistes armés et de divers trafiquants.

Jusqu'à jeudi après-midi, des tirs de sommation étaient entendus sporadiquement dans différents quartiers de Bamako, d'après différents témoins. Des militaires se livraient à des actes de pillage ou réquisitionnaient des véhicules de particuliers dans la capitale, selon des témoins. Le siège de la douane a été pillé, un journaliste de l'Agence France-presse a vu des militaires confisquer à des privés leurs véhicules dans deux quartiers différents. Mercredi, les militaires qui ont pris le pouvoir avaient saccagé le siège de l'Office de radiodiffusion et télévision du Mali (ORTM, public) qu'ils occupaient et ont coupé le signal de la chaîne privée Africable pendant près d'une journée, a-t-on appris jeudi auprès de salariés de ces médias.

Antsiranana Dix kilos d'or interceptés à l'aéroport

Vendredi 23 Mars 2012



Les lingots d’or retrouvés à l’aéroport d’Antsiranana, hier (Photo Raheriniaina)

Un contrebandier s'est fait prendre dans les mailles des filets tendus par la police à l'aéroport d'Antsiranana, hier. Il allait s'envoler pour Moroni, dans l'archipel des Comores.
Coup d'éclat de la police de l'air et des frontières à l'aéroport d'Arrachart à Antsiranana. Hier matin, aux alentours de 11heures, quatre lingots d'or, pesant près de dix kilogrammes et demi au total, ont été retrouvés sur un contrebandier. Natif de Hell-Ville, Nosy Be, ce dernier allait partir pour Moroni, capitale de l'union des Comores.
Le trafiquant allait prendre, à Antsiranana, un vol commercial effectuant une liaison entre Tana, Nosy Be, Moroni et Dzaoudzi, lorsqu'il a été démasqué. Pendant la courte escale à l'aéroport d'Arrachart, tous les passagers de ce vol régional étaient descendus de l'appareil.
Plusieurs escales
En revanche, d'autres, prévus prendre l'avion à Antsiranana, se sont apprêtés à embarquer. Les lingots avaient été dissimulés dans le bagage à main du trafiquant. Les douaniers, censés contrôler les passagers et leurs affaires, sont tombés dans le panneau. Ils ont même écrit OK sur le sac où l'or était dissimulé.
Bien que le malfaiteur ait réussi à trouver la brèche lors des contrôles effectués par les douaniers, les éléments de la police de l'air et des frontières n'étaient pas dupes. En effectuant une vérification des papiers et une fouille de routine, les policiers de l'aéroport avaient déjà le quidam dans le collimateur, lequel n’en était pas à sa première tentative.
Le poids de son bagage à main a mis la puce à l'oreille de l'un d'eux. « Après avoir relevé des gestes suspects, j'ai donné l'ordre à mes éléments de bien fouiller le sac », indique l'officier principal de police, Jeanne d'Arc, chef de division de la police de l'air et des frontières à l'aéroport d'Arrachart.
« En l'ouvrant, nous avons découvert le pot aux roses. Soigneusement emballés un à un dans du plastique, les lingots étaient cachés sous un vêtement. Nous avons mis la main dessus en ouvrant les paquets avec un couteau », rapporte pour sa part une policière qui a réalisé ce coup de filet en travaillant de concert avec ses collègues.
Sitôt le trafic porté au grand jour, le suspect a été d'emblée conduit au poste de police avec un homme qui l’accompagnait à l'aéroport. Hier après-midi, le dossier a été transféré à la police économique.
Fils d'une personnalité qui a pignon sur rue à Antsi­ra­nana, le contrebandier aurait déjà effectué de nombreux déplacements à l'étranger. À la lumière des premières enquêtes, sa destination finale serait en fait Dubaï, mais il aurait prévu de faire escale à Moroni puis au Kenya pour déjouer tout contrôle.

Conjoncture: La SADC donne 15 jours à Albert Zafy

Jeudi 22 mars 2012




La délégation de la SADC a effectué une visite à Madagascar la semaine dernière. Elle a de nouveau donné un délai de deux semaines pour l’examen de la loi d’amnistie au Parlement. La délégation a également sollicité la participation d’une autre mouvance.

La délégation de la SADC, conduite par Marius Fransman, vice-ministre sud-africain chargé des relations internationales et de la coopération, en visite à Madagascar la semaine dernière, a donné 15 jours de réflexion à la mouvance Zafy pour se décider à entrer dans le gouvernement d’union nationale, a-t-on appris de source informée, hier.
La SADC a toujours tenu à respecter la consensualité et l’inclusivité dans la résolution de la crise malgache. Cet appel à la réflexion qu’elle adresse à la mouvance Zafy en est la preuve.
Cette mouvance a un quota de 5 ministres dans le gouvernement Beriziky. Un remaniement gouvernemental n’est pas à écarter d’ici la fin de ce mois de mars, toujours selon cette source.
Le Pr Albert Zafy, chef de sa propre mouvance, a réitéré vendredi dernier au Carlton Hôtel, que la solution se trouve ailleurs que dans la feuille de route. La mouvance Zafy suggère, comme issue de crise, de poursuivre le processus malgacho-malgache et de remettre les pleins pouvoirs au Premier ministre, comme ce fut le cas en 1991.
La balle est à présent dans le camp de la mouvance Zafy, après cette invitation que lui a adressée la SADC.
Marius Fransman a exhorté, lors de son passage dans notre pays, les parties malgaches à mettre de côté leurs doutes. Il a fait de même aux entités réticentes à adhérer au processus de sortie de crise en intégrant notamment les institutions de la transition telle que la CENIT.
En outre, avant son départ, Marius Fransman a également averti les parties prenantes malgaches que la loi d’amnistie devrait parvenir au Parlement de la transition en 15 jours.
Marius Fransman a saisi cette occasion de réitérer l’importance du respect du processus de sortie de crise par la mise en œuvre de la feuille de route.