Friday, December 15, 2006

Des milliards d’ariary détournés du trésor public par un réseau d’utilisateurs de faux documents

Des milliards d’ariary soutirés dans le budget de fonctionnement du Trésor, du ministère des Finances et de deux hôpitaux. C’est l’exploit réalisé par huit employés des entités sus citées durant neuf ans. Des investigations ont permis de découvrir que les huit personnes utilisaient des faux documents depuis 1998. Si bien qu’à l’heure actuelle, les autorités ne sont pas encore en mesure d’évaluer avec exactitude la totalité des sommes détournées.


C’est au mois de juillet que les autorités concernées se sont vraiment concentrées sur l’affaire, suite à des renseignements dénonçant la combine. Une combine qui, faut-il le rappeler, remonte en 1998. Les personnes impliquées sont, respectivement, six employés du Trésor, du ministère des Finances et deux cadres supérieurs de deux hôpitaux de la capitale. En gros, leur chef d’inculpation se résume à un faux et usage de faux documents avec des astuces où un non averti perdrait son latin. Par exemple, le fait qu’ils «prêtent» des millions d’ariary un vendredi à un Karana, que ce dernier rembourse le mardi suivant, avec tout ce que cela comporte de marge bénéficiaire. La plupart du temps, le Karana s’acquitte régulièrement de la somme, et la marge est partagée entre les six employés impliqués dans la combine. Lorsque l’emprunteur n’arrive pas à régler sa dette dans le délai imparti, des faux documents sont «injectés» pour masquer le trou, et quand la somme à verser est enfin au complet, elle n’ira plus dans les caisses, mais sera distribuée «à qui de droit».

Concernant les budgets des deux hôpitaux, ils sont censés sortir du Trésor par le biais d’un bon de sortie. Mais une fois débloquées, les sommes n’arriveront pas à leurs destinataires, en l’occurrence les hôpitaux, puisque les huit personnes se les distribuent. Les hôpitaux, eux, recevront des faux documents accusant réception du budget de fonctionnement.

Toutes ces manipulations machiavéliques ont été perpétrées depuis 1998 jusqu’en juillet 2006, date à laquelle les autorités compétentes ont enfin découvert le pot aux roses. Les inculpés ne s’y attendaient pas, ce qui explique en partie leurs aveux durant l’enquête. Les inculpés étaient toujours retenus chez le doyen des juges, hier dans la soirée.

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