Friday, October 26, 2012

Coûts de la crise: Pertes de 5 milliards $ depuis 2009 à ce jour


Vendredi, 26 Octobre 2012 
5 milliards de dollars au minimum. Tel est le montant des pertes de revenus subies par Madagascar depuis le début de la crise.
L’estimation est de la Banque mondiale qui renoue avec son analyse économique trimestrielle « Madagascar Economic Update » dont nous reprenons ci-après l’intégralité de la section première intitulée « le contexte national : les coûts socio-économiques de la crise 2009-2012 ». L’analyse décrit ce que le pays et sa population vivent tragiquement au quotidien. Elle livre des chiffres pour permettre à chacun de se faire une idée de ce qui nous arrive au cas où on ne réaliserait pas encore la douloureuse réalité. Elle doit réveiller la conscience nationale, et plus précisément celle des politiciens de tous bords qui sont les premiers et les seuls responsables. 5 milliards de dollars, c’est l’équivalent de notre dette extérieure avant les aménagements internationaux (IPPTE, MDRI). 5 milliards de dollars, c’est 4 fois le budget général de l’Etat malgache en 2008 qui est indiqué comme une année de forte croissance. Combien de logements, d’hôpitaux, de routes, de rizières … auraient pu être construits avec ces 5 milliards de dollars ? Madagascar a déjà assez chèrement payé les divagations des politiciens. Les situations ci-après décrites par la Banque mondiale devraient aider les uns et les autres à se ressaisir. Touchons du bois …
Sa

La crise politique qui perdure à Madagascar a imposé un lourd tribut à l'économie et la population, et en particulier sur les couches les plus vulnérables. L’économie est au point mort. La pauvreté a augmenté de façon alarmante. Les indicateurs sociaux se sont dégradés. La crise a mis un frein aux progrès vers les défis de longue durée que sont la faible gouvernance et l’Etat de droit. La capacité d’adaptation aux chocs exogènes (crise mondiale ou cyclones) est gravement compromise. Les infrastructures se sont détériorées. L’enlisement dans la crise se traduira inévitablement par une dégradation de la situation, avec des impacts sévères à court, moyen et long terme.
Des années de développement socio-économique perdues
1. Après trois ans et demi de crise politique, les indicateurs économiques et sociaux de Madagascar ont été gravement affectés. Parmi les conséquences de cette crise politique qui perdure, les dimensions suivantes sont particulièrement pertinentes:
• L’économie est au point mort: la croissance économique globale a stagné entre 2009-12. S'ajoutant à une importante croissance démographique, le revenu par habitant en 2012 a chuté pour atteindre son niveau de 2003;
• La pauvreté a augmenté de façon alarmante: selon les premières estimations, de 2008 à 2012, le pourcentage de population vivant sous le seuil de pauvreté (qui était déjà élevé avant la crise) pourrait avoir augmenté de 10 points, avec les effets les plus importants sur la période 2011-12 avec la persistance de la crise. En conséquence, et en combinaison avec la croissance démographique, nous estimons qu‘il y aurait aujourd‘hui près de 4 millions de personnes de plus qu‘en 2008 qui sont passées sous le seuil de la pauvreté, plaçant ainsi Madagascar parmi les pays ayant les taux de pauvreté les plus élevés dans le monde. Ceci est en contraste avec un pays performant, comme le Rwanda, qui a réduit son taux de pauvreté extrême de 9 points de pourcentage par année au cours de 2006-11;
• Les indicateurs sociaux se sont dégradés : malgré des financements liés à la crise et injectés par les bailleurs de fonds dans les secteurs sociaux, le nombre d‘enfants non scolarisés a augmenté de 500.000. La malnutrition aiguë chez les enfants demeure un problème grave, avec une augmentation de plus de 50 pourcent dans certaines zones. Cette situation hypothèque le bien-être des générations futures;
• La crise a mis un frein aux progrès vers les défis de longue durée que sont la faible gouvernance et l’Etat de droit : la recrudescence de l'insécurité, la mauvaise gouvernance de l'exploitation des ressources naturelles (telle que l'exploitation illégale de bois de rose), les progrès limités dans la lutte contre la corruption, et le problème de longue date lié à la faible transparence dans la gestion des ressources publiques sont devenus des enjeux dont l‘urgence s‘est accrue ces dernières années;
• La capacité d’adaptation aux chocs exogènes est gravement compromise: les risques actuels liés au contexte économique mondial, en particulier en Europe, augmentent la vulnérabilité de l'économie malgache, compte tenu de sa dépendance aux exportations et au tourisme. Le pays est aussi très vulnérable aux catastrophes naturelles — y compris les cyclones comme en 2008 et 2012. La crise politique est devenue un obstacle majeur qui empêche de faire face à ces chocs et de réduire leur impact.
• Les infrastructures se sont détériorées : en plus des dégâts cycloniques, de sévères coupes budgétaires au niveau des dépenses d'investissement et d‘entretien se sont traduites par un état de dégradation croissant des infrastructures dans le domaine des routes, de l‘énergie et de l‘eau, compromettant ainsi le développement à moyen et long termes de l‘économie Malgache;

La croissance économique qui aurait pu être ...
 2. Madagascar dispose d‘un potentiel économique considérable. Au cours des 15 dernières années, le pays a connu 5 années de crise politique à deux occasions distinctes, dont la plus longue s‘étale sur la période 2009-12. Mais en dehors de ces années de crise, la croissance de Madagascar s‘est élevée à hauteur de 5 pourcent par an en moyenne (en faisant abstraction du rebond post-crise de 10 pourcent en 2003). En se référant à cette croissance annuelle de 5 pourcent, plusieurs indicateurs donnent une idée de l‘immensité des coûts de la crise actuelle:
• Le PIB de 2012 devrait se situer légèrement au-dessus du niveau de celui de 2008. Or, ce chiffre est inférieur de près de 18 pourcent à ce qu'il aurait été s‘il avait suivi la progression moyenne de 5 pourcent par an. Pour la plus grande partie de la période depuis 2008, le PIB a été inférieur au niveau atteint cette année-là. Par conséquent, si le PIB actuel pour la période 2009-2012 était comparée à une alternative plausible de 5 pourcent de croissance annuelle, cela ferait ressortir une perte cumulée de revenus pour le pays d‘environ US$ 6,3 milliards, ou environ 60 pourcent du PIB annuel rien que pour les quatre dernières années.
• Une trajectoire de croissance alternative moins optimiste à cause de la crise mondiale : les années 2008-10 furent des années de crise mondiale, dont l‘impact négatif sur l'économie malgache se serait fait sentir même en période politique normale. En supposant que cet impact aurait réduit la croissance du PIB malgache autour de 1 pourcent par an (un chiffre comparable à l'expérience d'autres pays d'Afrique subsaharienne), de sorte que le taux de croissance de Madagascar serait de 4 pourcent au lieu de 5 pourcent par an, la perte cumulative de PIB en raison de la crise politique interne reste énorme: environ US$ 5,3 milliards jusqu‘en 2012, soit environ 50 pourcent du PIB annuel.
• Chaque année sans croissance économique constitue une année de perte. Ces revenus ne pourront jamais être récupérés. Les coûts de perte de croissance resteront un héritage légué par la crise pour les années à venir. Si la crise continue, ces coûts ne feront que croître, et s'accéléreront probablement.
• Avec un taux de croissance démographique élevé à Madagascar, il y aurait aujourd‘hui environ 2,5 millions de malgaches de plus qu'en 2008. Or depuis, l'économie s‘est peu développée. En conséquence, le revenu par habitant a chuté à son niveau de 2003. En 2012, le revenu par habitant est environ de $100 inférieur à ce qu'il aurait pu être dans le cadre d'une trajectoire de croissance normale, ce qui fait peser un très lourd impact sur un pays dont le PIB par habitant est d‘environ $450. Madagascar, qui est un des pays les plus pauvres du monde, ne peut se permettre une telle perte brutale.
• Une plus forte croissance se serait traduite par une augmentation des recettes publiques. La perte de recettes publiques due à une faible croissance au cours des quatre années de la période 2009-12 s‘élève à environ US$ 1,5 milliard, tandis que la perte cumulative en matière d'aide des bailleurs de fond est de l'ordre de US$ 2,3 milliards. Le total des deux chiffres (un montant cumulatif) représente près du tiers du PIB annuel. La chute de 40 pourcent de l'aide entre 2008 et 2010 par rapport au revenu national brut (RNB) de Madagascar contraste fortement avec une hausse modeste du ratio de l'aide au RNB pour les pays à faible revenu dans son ensemble. Tant que la crise politique perdurera, le niveau des recettes publiques et de l'aide des bailleurs de fonds ne pourra retrouver celui des années d‘avant la crise.

Les conditions sociales à Madagascar ne peuvent s'améliorer pendant la crise
 3. A ce stade, Madagascar n'atteindra pas les objectifs du Millénaire pour le développement (OMD) d'ici 2015. En particulier, les OMD concernant la mortalité infantile, le taux net de scolarisation et le taux d'achèvement pour le niveau primaire, et surtout ceux concernant la pauvreté (alors qu‘ils étaient estimés en 2007 être potentiellement réalisables), ne pourront plus être atteints à temps. En revanche, la région Afrique Sub-saharienne a atteint plus de 60 pourcent du progrès nécessaire pour atteindre d‘ici 2015 les objectifs tels que la parité genre, le taux d‘achèvement du primaire, l‘accès à l‘eau potable et l‘extrême pauvreté.

 4. La situation dans les secteurs sociaux est particulièrement alarmante. En se basant sur les chiffres de la croissance démographique, le nombre d'enfants à l'école primaire aurait dû augmenter d'au moins 500.000. Or, la situation actuelle illustre une diminution, en raison de facteurs multiples allant de la pauvreté accrue des ménages à la dégradation de la performance du système scolaire. De même, le secteur de la santé a été affecté par la fermeture de centaines de centres de santé. De même, la crise aggrave ou rend impossible à régler, des problèmes critiques de longue date, tels que des indicateurs de nutrition infantile extrêmement faibles par rapport au niveau de développement économique et social de Madagascar. En raison de la malnutrition chronique, 53 pourcent des enfants de moins de 5 ans sont en retard de croissance, taux parmi les cinq plus élevés dans le monde.

Les signes récents d'une croissance modeste ne constituent pas un motif de complaisance ...
 5. Certains segments de l'économie ont commencé à manifester des signes de reprise: le tourisme; les activités des entreprises de zone franche; certains projets immobiliers commerciaux dans les centres urbains; des entreprises locales d‘agro-business désormais à la recherche de marchés à l‘export; la poursuite des grands projets d'investissements miniers, entrant bientôt en phase d'exploitation; ou les bénéfices temporaires générés par le cours élevé du prix des clous de girofle.
 6. Mais il n‘y a pas lieu d‘être enthousiaste, et ce pour quatre raisons distinctes. Tout d'abord, ces germes de reprise ne contribuent pas à une reprise rapide de la croissance à grande échelle, dans la mesure où le taux de croissance économique global se situe toujours pour le moment autour de 2 pourcent. Deuxièmement, plusieurs de ces secteurs ne contribuent pas de manière significative à la recette fiscale, en partie en raison du régime fiscal qui leur est applicable, ou du fait de la faible application de ce régime fiscal. Troisièmement, les obstacles majeurs à une croissance, même modeste, ne cessent de s'accumuler, notamment dans le secteur des infrastructures énergétiques et routières. Quatrièmement, il n'est pas certain que cette croissance limitée contribue à une réduction, même modeste, de la pauvreté. Cette croissance est non seulement trop faible, mais elle se situe dans des secteurs ayant peu d‘effet sur la réduction de la pauvreté. Pour toutes ces raisons, les signes d'une reprise modeste ne constituent pas un motif de complaisance. Au contraire, elles signalent l'impératif d'une réconciliation politique, afin de permettre la reprise de la croissance économique et des efforts conséquents en vue de réduire la pauvreté.
... et il en est de même pour les perspectives à court terme dans le secteur minier
7. Dans moins d'un an, la croissance du PIB total devrait être boostée au-delà de 4 pourcent par an, et ce, grâce à quelques grands projets miniers. Il serait tentant d‘annoncer une nouvelle ère de reprise de la croissance économique, mais il n‘est pas garanti que ce soit le cas dans le sens ordinaire du mot. Bien qu‘ayant des impacts dans la région d‘activité des projets, dont certains sont positifs (création d'emplois, et une certaine contribution fiscale pour l‘administration locale) et d‘autres à risque (sur l‘environnement), les activités d‘extraction de ressources naturelles en définitive ne créeront qu‘un nombre modeste d‘emplois (environ 12.000 pour le plus grand projet, comparé à une population active de 13,5 millions). En outre, les revenus fiscaux, qui représentent souvent la principale contribution de l'exploitation minière à l'économie nationale au niveau global, prendront plusieurs années à se matérialiser, et ce, jusqu'au remboursement de la majeure partie des grands investissements. Le secteur minier représente une opportunité économique importante à Madagascar, mais les bénéfices des projets en cours et des projets à venir ne se feront ressentir que dans un avenir lointain, et dépendront également d'une résolution de la crise politique, d‘un cadre macroéconomique et structurel adéquat et un renforcement significatif des institutions concernées.

L’économie fragile de Madagascar est exposée à d'importants risques exogènes
  8. L'économie de Madagascar est très fragile et sa capacité d‘absorption de nouveaux chocs est à son niveau le plus bas. Pratiquant une économie ouverte, Madagascar est vulnérable à tout ralentissement de l‘économie mondiale. Le pays est particulièrement exposé aux développements au sein de la zone euro, par le biais de 80 pourcent de ses revenus du tourisme, 50 pourcent de ses exportations de marchandises, 15 pourcent de l'IDE, ainsi que par d'autres voies, ce qui représente une préoccupation importante. Selon nos estimations, un choc grave au niveau de l'économie européenne pourrait se traduire par une perte de croissance du PIB à Madagascar de l‘ordre de 1,5 pourcent par an pendant deux ans. Le pays est aussi très vulnérable aux catastrophes naturelles dont les cyclones, les sécheresses et les inondations; on estime qu'un quart de la population, ce qui représente 5 millions de personnes, vit actuellement dans les zones à haut risque de catastrophes naturelles. En 2008, les cyclones ont provoqué des pertes économiques équivalentes à 4 pourcent du PIB et les premières estimations prédisent des pertes similaires pour 2012. La crise politique a exacerbé cette fragilité, et la capacité du pays à développer des mesures d‘intervention publique, même partielles, est fortement réduite.
Les compressions budgétaires dans le domaine des infrastructures hypothèquent l'avenir
 9. Les routes, l'accès à l‘eau potable, et l‘énergie resteront les éléments essentiels d‘une croissance rapide à long terme, et dans ces secteurs, les compressions budgétaires ont été tout simplement spectaculaires. Sur le long terme, les coûts futurs engendrés par le manque actuel de maintenance et de construction d‘infrastructures publiques pourraient atteindre 1,5 pourcent à 2 pourcent de la croissance annuelle du PIB. Pour chaque année de crise supplémentaire, les coûts de reconstruction d‘infrastructures dégradées ou non-entretenues ne feront qu‘augmenter plus rapidement.

La voie à suivre...
 10. Par conséquent, la crise politique est à l'origine d'énormes difficultés économiques et sociales, dans un pays qui, en même temps, possède un potentiel important mais dont les défis de développement existent depuis longtemps. Dans ce contexte, la capacité de l'État à répondre à ces défis, avec l'aide des acteurs non-étatiques et des partenaires au développement, a été fortement réduite. Dans une situation de ralentissement économique, de pertes de recettes publiques et d'aide, les autorités ont réussi à maintenir une stabilité budgétaire et monétaire, évitant ainsi des coûts supplémentaires, mais au prix de coupes importantes dans les investissements publics et les services sociaux pour assurer l'avenir de tous les citoyens de Madagascar. Mais la crise elle-même met également en péril le maintien de la stabilité macroéconomique: les grèves fréquentes, les revendications non satisfaites, et la pression continue de la part de groupes d'intérêts ne constituent pas un contexte dans lequel peuvent émerger et se maintenir des politiques de développement pertinentes.

 11. Plus fondamentalement, Madagascar était déjà parmi les pays les plus pauvres du monde avant que cette crise ne survienne, et la crise n‘a seulement fait qu‘empirer la situation. Le pays se trouve dans un état de pauvreté tel qu‘il ne pourra s‘en extraire sans l'accélération d‘une croissance économique inclusive. Mais les perspectives d‘une telle croissance, ainsi que d‘autres politiques et programmes de lutte contre la pauvreté, ont été gelés avec la crise. La crise est en train de détourner l'attention de cet ensemble d‘enjeux cruciaux, et par conséquent hypothèquent le futur des citoyens malgaches. Du point de vue strictement relatif au développement, Madagascar a besoin qu‘une solution politique à la crise soit trouvée dans les meilleurs délais. Toutefois, la solution doit garantir qu'une autre crise ne surgisse pas ultérieurement.

 

Vaovao du 26 octobre 2012


Sunday, October 21, 2012

Lobbying, trafic d'influence et corruption

Définition de lobby et de lobbying


Etymologie : anglicisme. En anglais, lobby est un couloir, un vestibule. Vers 1830, en Angleterre, "lobby" désignait les couloirs de la Chambre des communes où les membres des groupes de pression pouvaient venir discuter avec les parlementaires.

Un lobby est un groupe de pression qui tente d'influencer les lois, les réglementations, l'établissement des normes (industrielles par exemple), les décisions..., pour favoriser ses propres intérêts, économiques en général. Un lobby peut être un regroupement plus ou moins formel d'acteurs qui partagent des intérêts communs ou qui appartiennent à un même secteur d'activité professionnelle.
On parle aussi de groupe d'intérêt ou de groupe d'influence.


Lobbying

Le lobbying désigne la pratique de ces pressions et de ces influences qui s'exercent sur des hommes politiques, sur des pouvoirs publics et, plus largement, sur des décideurs. Il n'a rien d'illégale.

Le lobbying est un mode d'action discret et souvent indirect, par opposition aux manifestions de masse, notamment syndicales, qui mobilisent un grand nombre de personnes.

Exemples des différentes formes que peut prendre le lobbying :
  • connaissance des circuits décisionnels,
  • information des décideurs,
  • établissement de relations à haut niveau,
  • constitution de réseaux,
  • apport d'expertise,
  • participation à des groupes d'études,
  • organisation de conférences, de visites,
  • rédaction d'amendements à un projet de loi...

En France, le lobbying a une connotation péjorative et suscite la méfiance car on y voit avant tout une influence corporatiste. Aux Etats-Unis, c'est une forme d'action reconnue, les entreprises faisant de plus en plus souvent appel à des lobbyistes professionnels. Le lobbying est aussi très présent à Bruxelles, auprès de la Commission Européenne, où il y aurait, selon Wikipedia, 15 000 lobbyistes.


Les adversaires du lobbying considèrent qu'il contribue à creuser le fossé entre les nantis et les plus démunis, qu'il constitue une menace pour la démocratie et qu'il s'agit d'une activité très onéreuse que seules les grandes multinationales peuvent mettre en oeuvre de manière systématique. Pour y faire face, les associations (ONG, altermondialistes, consommateurs, citoyens...) commencent à coopérer et à mettre en commun leurs moyens.




Trafic d’influence


Définition

Le trafic d'influence est une infraction voisine de la corruption en ce qu'elle dispose des mêmes:

  • Sources légales
  • Peines
  • Nature: ce sont des infractions formelles
  • Dichotomie entre l'infraction PASSIVE et ACTIVE.

Comment les différencier ?

  • Le trafic d'influence a une FINALITE différente de la corruption: Au regard de l'article 432-11 du code pénal, être l'auteur de trafic d'influence suppose l'abus de son influence réelle ou supposée en vue de "faire obtenir d'une autorité ou d'une administration publique des distinctions, emplois, marchés ou toute autre décision favorable." Le trafiquant se présente donc comme un INTERMEDIAIRE entre le bénéficiaire potentiel et le destinataire de cet abus.
  • On parle de trafic ACTIF lorsque l'initiative est prise par un particulier qui demande à la personne influente d'en abuser.
  • On parle de trafic PASSIF lorsque l'initiative est prise par la personne influente.

I: L'élement matériel

Étant une infraction formelle comme la corruption, il se consomme dès lors que des manoeuvres sont effectuées pour faire jouer le trafiquant.
Peu importe la régularité ou l'irrégularité de la faveur obtenue.
La tentative de trafic d'influence ne se punie donc pas puisqu'elle n'a pas lieu d'être.


II: L'élément moral

Pour caractériser moralement un trafic d'influence, il faut réussir à prouver que leurs auteurs ont:
  • Conscience d'abuser de son influence illégalement ou de demander d'en abuser.
  • La volonté de faire obtenir ou d'obtenir d'une autorité une décision favorable.

La corruption
 
Etymologie : du verbe corrompre, venant du latin corrumpere, briser complètement, détériorer, physiquement ou moralement.

La corruption est l'utilisation abusive d'un pouvoir reçu par délégation à des fins privées comme l'enrichissement personnel ou d'un tiers (famille, ami...). Elle consiste, pour un agent public, un élu, un médecin, un arbitre sportif, un salarié d'entreprise privée..., de s'abstenir de faire, de faire, de faciliter quelque chose, du fait de sa fonction, en échange d'une promesse, d'un cadeau, d'une somme d'argent, d'avantages divers...

On distingue deux types de corruption :
- La corruption active pour l'auteur de l'offre de promesse, de présents, d'avantages...
- La corruption passive pour celui qui, du fait de sa fonction, accepte ou sollicite cette offre.


Exemple de formes de corruption :
  • "dessous de table", "pot de vin", bakchich,
  • fraude (falsification de données, de factures),
  • extorsion (obtention d'argent par la coercition ou la force),
  • concussion (recevoir ou exiger des sommes non dues, dans l'exercice d'une fonction publique, en les présentant comme légalement exigible),
  • favoritisme (ou népotisme) (favoriser des proches),
  • détournement (vol de ressources publiques par des fonctionnaires),
  • distorsion de la concurrence dans les marchés publics.
La corruption est une pratique illicite pouvant conduire, en France, à des amendes de 150 000 euros et jusqu'à 10 ans d'emprisonnement pour les personnes exerçant une fonction publique.

Selon la Banque mondiale, la corruption aurait représenté, en 2001-2002, mille milliards de dollars soit environ 3% des échanges de la planète.


Saturday, October 20, 2012

Des cibles faciles


Sommes-nous vraiment faits pour dormir ensemble ?


LE MONDE |
"Un dortoir à l'auberge". La manière dont nous dormons, seul ou à deux, est une donné culturelle façonnée par les siècles.

Allons-nous cesser d'être masochistes au lit ? Apparemment, nous y travaillons. Sur les 4 millions de matelas vendus chaque année, la largeur 140 cm est toujours la star incontestée de nos nuits (65 % des matelas achetés en France). Mais une révolution silencieuse est en marche : en 2012, plus de 610 000 matelas de largeur 160 devraient s'écouler, "trois fois plus qu'il y a cinq ans", note Gérard Delautre, directeur général de l'Association pour la literie.

Tendance similaire chez Ikea qui ne donne toutefois pas de chiffres précis. "Depuis dix-huit mois, nous enregistrons une forte demande pour des lits plus larges", reconnaît Muriel Rolland, porte-parole de l'enseigne où les ventes de cadres de lit taille 140 baissent au profit des 160. Dans le même temps, le matelas simple est de plus en plus remplacé par un double. Conséquence : pour trouver de la place, les urbains abandonnent les tables de chevet "et veulent des têtes de lit avec rangements intégrés", ajoute Mme Rolland.
Cette recherche de confort n'a rien de vain. Nous passons en moyenne vingt-quatre ans à dormir, "ce qui représente, pour les couples, la plus longue période passée ensemble", note le professeur Damien Léger de l'Hôtel-Dieu à Paris. Ce spécialiste du sommeil reconnaît voir "très régulièrement des personnes qui ont du mal à dormir à deux, mais qui n'osent pas l'avouer". Le Monde a lancé un appel à témoignages. Des dizaines d'internautes, hommes et femmes, jeunes et moins jeunes, ont répondu à la question : "Dormir à deux, la galère ?"
Il est vrai que nous nous lançons, depuis quelques décennies, un défi de taille : non seulement nous voulons conjuguer amour et couple (une nouveauté de moins d'un siècle), mais nous cherchons toujours à dormir ensemble. Ce faisant, nous perpétuons une tradition instituée par l'Eglise catholique qui "a sacralisé la conjugalité et le lit pour lutter contre le paganisme et maîtriser la société et sa reproduction", précise l'ethnologue parisien Pascal Dibie, auteur d'Ethnologie de la chambre à coucher (Métaillé, 2000).
N'en déplaise à l'Eglise, dormir à deux est un acte récent pour notre espèce, et qui n'a rien de naturel. Jugez plutôt : nous faisons en moyenne quarante mouvements chaque nuit, "mais cela peut facilement aller jusqu'à soixante", précise M. Léger. Nous sommes, comme de nombreux mammifères (singes, cochons, chiens, chats), des ronfleurs (un homme sur trois, une femme sur six). Et pour pimenter le tout, les générations ne cessent de grandir et de grossir (en trente ans, plus 2 cm et 2 kg pour les femmes, plus 5 cm et 5 kg pour les hommes). Ce changement morphologique accentue le ronflement... et quatre Français sur dix déclarent souffrir de troubles du sommeil, selon l'Institut national du sommeil et de la vigilance.
Le lit Flavigny conçu par Jean Prouvé. Un design épuré, mais réservé aux célibataires (avec matelas).
Les Français ne détiennent pas seulement le record mondial de consommation d'anxiolytiques, ils utilisent, avec leurs voisins espagnols, les lits à deux places les plus étroits du monde occidental (135 centimètres de large en Espagne, 170 en Italie). Pour rappel, les 140 centimètres français représentent deux carrures et quelques d'un homme bien charpenté.
Or, l'impact de la dimension du lit sur la qualité de notre sommeil est flagrant. En janvier 2012, dix couples bardés de capteurs ont dormi successivement dans des lits de 140 puis de 160 centimètres sous la direction du professeur Léger. Les résultats sont bluffants : les "cobayes" ont augmenté de 15 % leur temps de sommeil profond (152 minutes contre 132). Leur nombre de réveils nocturnes a baissé d'un quart (vingt-trois fois contre trente). Et, une fois la nuit au large passée, les couples estiment avoir amélioré "de près de 50 % leur sensation de confort".
Pour autant, la dimension du lit n'explique pas tout. "Hommes et femmes ne vivent pas du tout de la même façon la nuit à deux", expliquent John Dittami, chercheur au service de biologie des comportements de l'Institut de zoologie de Vienne (Autriche), et son comparse Gerhard Klösch, de l'Institut de recherche sur le rêve et la conscience de l'université médicale de Vienne. "Les femmes ont un sommeil plus reposant sans leur partenaire, alors que les hommes ont un sommeil plus doux quand ils dorment avec leur compagne", expliquent les auteurs de Ein Bett für zwei ("un lit pour deux", Herbig Verlag, 2008, non traduit).
Pourquoi cette différence ? Dormir à deux à l'écart du groupe est un comportement social récent à l'échelle de l'évolution, et cela ne s'est pas encore répercuté sur notre activité psychique. Il faut donc chercher ces explications dans des habitudes ancestrales. La femme, maîtresse du foyer, semble avoir une sensibilité bien plus importante aux bruits et aux mouvements. Alors que l'homme assimile la présence de sa compagne à celle, sécurisante, du groupe.
Mais plus ces chercheurs creusent, plus le sujet leurs paraît complexe. "Les femmes, par exemple, semblent subir le lit à deux, mais ne veulent pas laisser leur place, arguant que cela rassure leurs compagnons", notent-ils. "La culture est le plus grand ennemi du sommeil, lance John Dittami. Dans chaque pays, cette culture nous dicte quand et comment il faut dormir. Alors qu'on dort bien quand on fait ce que l'on veut." D'une traite, en petites siestes, seul, en groupe... En bons Autrichiens, ces deux chercheurs ont choisi, pour leurs couples respectifs, des lits jumeaux avec chacun sa couette : "La grande couette commune est un désastre. Chacun dans le lit veut la tirer à lui. C'est une source de tension énorme que nous avons mesurée."
Anecdotique, la couette ? Pascal Dibie ne le pense pas. L'utilisation de cet objet, apparu il y a une trentaine d'années en France, est une aberration due à... Ikea, estime-t-il. "La France appartient aux sociétés dites "bordées" qui vont jusqu'à l'Egypte. Dans ces pays, traditionnellement dépendants de la culture du lin, on dort habillé et sur le dos, bordé d'un drap et de couvertures, dans des chambres non chauffées." Une habitude opposée à celle des pays nordiques. "Du nord de la France à la Scandinavie, la domestication des canards eiders a créé des sociétés à couettes. Les gens dorment nus, lovés en chien de fusil dans des couettes personnelles, même s'ils dorment côte à côte. Et les chambres sont chauffées." Le typique lit à deux en largeur 140 utilisé avec monocouette et pyjama est donc un ovni français générateur de stress dont, estime M. Dibie, "on ne nous a pas vendu le mode d'emploi".

Tuesday, October 16, 2012

Monday, October 15, 2012

SPIRITUEUX – A Londres, le cocktail le plus cher du monde coûte 6 800 euros


AFP PHOTO / LEON NEAL
Le barman Salvatore Calabrese espère entrer dans le Livre Guinness des records, relate L'Express, depuis qu'il a réalisé, jeudi 11 octobre, le cocktail "le plus cher de l'histoire" (6 800 euros le verre). Les services du Guinness ont annoncé procéder aux vérifications d'usage.
Le site The Spirits Business donne la composition du breuvage : 40 ml de vieux cognac Clos de Griffier 1788, 20 ml de liqueur Kümmel 1770, 20 ml de Dubb Orange Curacao 1860 et deux traits d'Angostura Bitters des années 1900.
Le Salvatore's Playboy Club de Londres pourrait ainsi rafler le record au bar Skyview de Dubaï, qui le détient encore, avec un cocktail servi à 4 670 euros le verre.

"Baumgartner n'aura probablement aucune séquelle"



Felix Baumgartner, le 14 octobre à Roswell.

Bernard Comet a été médecin des astronautes français de 1982 à 2001. Il travaille aujourd'hui à l'institut de médecine et physiologie spatiales (Medes) à Toulouse, une filiale du Centre national d'études spatiales (CNES). Pour Le Monde.fr, il revient sur le saut stratosphérique de l'Autrichien Felix Baumgartner, à 39 km au-dessus de nos têtes.

Le saut dans le vide de Felix Baumgartner peut-il faire progresser la science ?
Cet exploit permet de prouver qu'un astronaute peut s'éjecter du siège d'une capsule spatiale à très haute altitude et revenir indemne sur terre. Après avoir traversé une période d'instabilité pendant le saut, Felix Baumgartner a pu se rétablir très vite. Le centre de contrôle a d'ailleurs levé les bras à ce moment là, car c'était la phase de saut qui était finalement la plus incertaine. Sa qualité de sauteur [l'Autrichien est un adepte de base jump, de sauts extrêmes depuis des gratte-ciel ou des falaises] lui a permis de se rattraper et tout s'est bien terminé. En 1960, le colonel de l'US Air Force qui s'était élancé de 31,3 km de haut avait perdu connaissance et eu les mains gelées avec de graves engelures. Cette fois, il n'y a pas eu de problème.

Comment a-t-il pu se rétablir dans sa chute ?
On voit qu'il parvient à le faire en plaçant correctement ses mains pour s'appuyer sur l'air afin de se stabiliser. Je sais qu'il avait un bouton rouge, accessible avec sa main droite, qu'il pouvait presser pour déclencher un stabilisateur. Mais, visiblement, il ne l'a pas utilisé. Il n'a pas perdu connaissance et il est resté en contact permanent avec le centre de contrôle.

Si un astronaute s'éjecte un jour de sa capsule, il n'est pas certain qu'il ait les capacités de Felix Baumgartner, ni son sang froid pour se rétablir ? 

C'est vrai, mais on sait aujourd'hui qu'un tel saut est possible. Dans l'avenir, la solution pourrait être d'utiliser une sangle qui permettrait à l'astronaute en difficulté de se stabiliser dans sa chute, avant de revenir sur terre.
Quels peuvent être les conséquences de ce saut sur la santé de Felix Baumgartner ?
Felix Baumgartner a utilisé un scaphandre thermorégulé pendant la descente afin de limiter les variations de température [9°C au moment du saut et jusqu'à - 65°C, 20 km plus bas.] Il portait un masque avec de l'oxygène pur afin de maîtriser tout risque pour sa santé. Selon moi, il n'y a donc pas eu d'impact sur son organisme. Il n'aura probablement aucune séquelle. On peut quand même regretter le fait qu'il ne porte pas de cardiofréquencemètre pour mesurer ses pulsations cardiaques. Mais tout le reste, sur le plan technologique, comme sur le plan technique, était parfait. Parce que quand on voit la qualité des prises de vue, le déploiement des hélicoptères, la qualité de la capsule, du ballon et du centre de contrôle... On ne peut que le féliciter pour cet exploit technique et médiatique. Felix Baumgartner a aussi eu de la chance de trouver un bon sponsor.

Le cyclone Anaïs menace les côtes malgaches



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Lundi, 15 Octobre 2012 

 

La saison cyclonique pointe son nez. Le cyclone Anaïs se déplace doucement vers les côtes malgaches. La partie Nord devrait se préparer pour ces prochains jours.
Il fait bien beau… pour le moment. Aucun nuage ne vient s’interposer entre les bons plans à l’extérieur et les sorties à la piscine. Et pourtant, il faut commencer à être prudent. Car si la saison cyclonique de l’Océan Indien ne devrait débuter normalement que vers la mi-novembre, une tempête tropicale commence tout de même à pointer son nez. C’est le premier phénomène cyclonique de la saison, situé hier à 1 500 km au Nord-Est de l’île de la Réunion. Ce cyclone Anaïs s’est ainsi renforcé pour atteindre la catégorie 2, et n’a pour l’heure aucun effet sur la météo à Madagascar. Malgré tout, il faut être prudent car sa trajectoire va vers le Sud-Ouest en direction des côtes de Madagascar. Ce jour, selon les prévisions, il serait à 800 km au Nord de Madagascar et pourrait apporter avec lui un mauvais temps, en maintenant sa catégorie à 2 sur 5. Les côtes malgaches sont donc exposées pour ces prochains jours à ce météore.

Madagascar: Un ministre limogé a volé des meubles


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Lundi, 15 Octobre 2012 
Dans la plupart des cas, une haute personnalité cherche à être intouchable en se cachant derrière son parti politique pour défendre la cause du régime de la transition.
Nombreux sont les avantages accordés à une haute personnalité comme un ministre quand elle exerce sa fonction à part les salaires énormes qu’elle perçoit. A titre d’illustration, elle est véhiculée, logée et prise en charge par l’Etat pour tous ses déplacements, entre autres. Parlant de sa résidence, c’est également meublée. Quand cette haute personnalité n’est plus en exercice de son activité, elle doit restituer tous les biens mis à sa disposition. Mais un ministre limogé dans ce régime de transition a volé tous les meubles dans son logement après son départ, a-t-on appris de source bien informée. Ces meubles qui sont encore neufs, portent une valeur de plus de 500 millions de nos francs.
Facture très lourde. Notons que ce ministre en question a voulu changer tous les mobiliers de son bureau ainsi que les meubles de sa résidence à l’arrivée à la tête de son département, et ce, en évoquant comme raison qu’il déteste la couleur noire du salon. Les responsables de son département ne faisaient ainsi que suivre ses ordres. Tout a été changé. Et encore, tous les meubles allant du salon, de la table à manger jusqu’aux ustensiles de cuisine, voire même les matelas ont été surfacturés, a-t-on appris de la même source. A titre d’illustration, un salon complet a coûté près de 10 millions d’Ariary. Une table à manger complet a été également achetée pour une valeur de 10 millions d’Ariary. En outre, trois matelas de deux places ont été acquis à raison de un million d’Ariary l’unité. Une chaise a été également achetée à 2,5 millions d’Ariary tandis qu’un petit appareil électro-ménager comme une bouilloire a coûté plus de 550 000 Ariary. Ce qui a ramené la facture très lourde avec un total avoisinant les 500 millions de nos francs, soit à peu près 100 millions d’Ariary.
Parti politique. Par contre, après le limogeage de cette haute personnalité, elle a pris avec elle tous ces meubles neufs sans rien oublier, même les ustensiles de cuisine. Sa résidence était ainsi complètement vide. L’affaire est maintenant entre les mains du BIANCO, a-t-on évoqué. Par ailleurs, ce ministre qui a été démis de sa fonction n’a pas voulu restituer la voiture 4x4 de service après la passation de pouvoir avec son successeur. On a dû ainsi faire appel à des éléments des forces de l’ordre pour pouvoir la récupérer. Ces éléments sont intervenus en stoppant son véhicule sur le chemin. Il était de ce fait obligé de descendre de la voiture et d’aller à pied pour rentrer chez lui, a-t-on appris. Notons que cette haute personnalité cherche à être intouchable en se cachant derrière son parti politique pour défendre la cause du régime de la transition. Reste à savoir si l’enquête menée à son encontre aboutira jusqu’à la fin, ou bien serait-il un dossier classé comme d’habitude ?

Friday, October 12, 2012

Le chocolat rend-il intelligent?



Plus la population d'un pays mange de chocolat, plus il compte de prix Nobel, une indication que le cacao doperait les capacités mentales, selon une étude publiée jeudi dans la très sérieuse revue médicale américaine New England Journal of Medicine.


Les flavonoïdes, de puissants antioxydants qu'on trouve en grande quantité dans les fèves de cacao, le thé vert et le vin rouge, ont montré qu'ils réduisaient le risque de démence et amélioraient les fonctions mentales chez les personnes âgées, note le Dr Franz Messerli, de l'Université Columbia à New York et auteur de cet essai.
«Puisque le chocolat peut hypothétiquement améliorer les fonctions cognitives chez les individus et à fortiori dans l'ensemble d'une population, je me suis demandé s'il pouvait y avoir une corrélation entre la consommation de cacao dans un pays et les capacités mentales de ses habitants», explique avec une pointe d'humour le médecin.
«À ma connaissance, il n'existe pas de données disponibles mesurant les fonctions mentales de toute une nation», poursuit-il. «On peut donc concevoir que le nombre total de Nobel par tête pourrait donner une certaine idée des fonctions cognitives d'ensemble d'un pays», explique le chercheur.
Selon ses observations, «il y a une corrélation significative surprenante entre la consommation de chocolat per capita et le nombre de lauréats du Nobel pour dix millions d'habitants dans un total de 23 pays».
La Suisse arrive en tête à la fois en nombre de Nobel et en quantité de chocolat consommé, précise-t-il, indiquant avoir utilisé des statistiques de consommation fournies par plusieurs fabricants.
Les États-Unis, la France et l'Allemagne se sont situés dans la moyenne alors que la Chine, le Japon et le Brésil sont en bas du classement.
La Suède fait exception. Alors qu'avec 6,4 kilos de chocolat consommé par an et par tête elle aurait dû produire quelque 14 prix Nobel selon ces calculs, elle en a compté en fait 32, relève le Dr Messerli.
Il y a deux explications possibles ironise-t-il: «Soit que le comité de Stockholm du Nobel favorise ses nationaux, soit que les Suédois sont particulièrement sensibles aux effets du chocolat».
Le chercheur souligne que ces données sont basées sur des moyennes de consommation par pays et que les quantités de chocolat consommées individuellement par des lauréats du Nobel «restent inconnues», tout comme les doses cumulées de cacao nécessaires pour accroître ses chances de devenir un Nobel.

Amputation des membres pour les coupeurs de route


Thursday, October 11, 2012

Quelle menace la Chine représente-t-elle pour les Etats-Unis ?


REUTERS/Jason Lee
Au cours des dernières décennies, la Chine a souvent été présentée comme l’ennemi économique numéro un des Etats-Unis. Son entrée dans l’OMC en 2001 a coïncidé avec un effondrement de la part de marché mondiale des produits américains, que la baisse du dollar n’a pas réussi à atténuer.
Par son avantage comparatif indéniable en matière de coût salarial, la Chine a non seulement détruit les industries manufacturières locales peu sophistiquées mais aussi entraîné une vague massive de délocalisations. Enfin, sa politique de taux de change (quasi) fixe s’est traduite par une accumulation de réserves sous la forme de bons du Trésor américains. Par ce fait, la Chine "tiendrait" financièrement les Etats-Unis étant désormais, juste devant le Japon, le premier détenteur étranger de treasuries.
Tout ça, pourrait-on dire, c’est de l’histoire ancienne. Romney a eu beau évoquer par deux fois le "financement chinois" du déficit, la menace chinoise s’estompe. Ce n’est pas tant que l’Amérique se rebiffe, mais plutôt que la Chine ne parvient pas à "reformater" son modèle de croissance.
L’équation est simple pour la Chine : il lui faut rééquilibrer sa croissance en faveur de la demande intérieure, donc de la consommation. Pour ce faire, elle doit sortir de la logique investissement/exportation qui prévaut depuis plus de 15 ans. Facile à dire. Possible à faire. Mais sûrement pas en quelques trimestres.

Pour que les ménages consomment plus il faut laisser le taux de change s’apprécier : cela se traduira par une baisse des prix des biens importés. Or, face au ralentissement récent, les autorités chinoises ont plutôt favorisé une dépréciation du yuan face au dollar.
Il faut aussi que les salaires augmentent plus vite que la productivité. C’est déjà le cas, avec des conséquences assez mauvaises pour l’économie. Non seulement les ménages épargnent le supplément de revenu (même si les taux offerts sont très faibles), mais les profits des entreprises (surtout celles intensives en main d’œuvre) en pâtissent, comme le montre le graphique ci-dessous.

La seule option de politique économique porte sur l’arbitrage entre appréciation et hausse des salaires, décision dont les impacts sectoriels sont importants (sur les ménages, les entreprises capitalistiques ou intensives en main d’œuvre…). Elle doit aussi s’accompagner d’un réel développement des services à un moment où plusieurs industries sont déjà proches de la maturité.
Il faudrait donc, pour un rééquilibrage efficace de la demande intérieure, que ces mesures s’accompagnent d’une montée en gamme des produits chinois. Car tout rééquilibrage (hausse des salaires, appréciation du change, voire hausse des taux d’intérêt pour accroître les revenus d’épargne), est coûteux pour les entreprises. Or l'amélioration de la qualité et du degré d'innovation des produits fabriqués est un processus long, qui prend plusieurs années.
Est-ce pain béni pour les Etats-Unis ? Dans une certaine mesure oui, car la hausse des coûts de production en Chine et la logique de rapprochement du consommateur final a déjà bénéficié à l’industrie américaine.
Mais si la Chine perd en compétitivité, il y aura toujours quelques pays (le Vietnam a déjà commencé) pour prendre le relais dans la course aux exportations de produits intensifs en main d’œuvre. En outre, une appréciation du yuan (ou une baisse de l’épargne domestique) sera synonyme de moindres excédents commerciaux et donc, d’accumulation de réserves par la banque centrale chinoise. Pour les Etats-Unis, cela veut dire la disparition progressive d’un investisseur final de ses bons du Trésor.
Est-ce risqué ? Pour l’instant, mais peut-être plus pour longtemps, la Réserve Fédérale se charge de monétiser une partie du déficit public. Par ailleurs, la dynamique exportatrice (produits énergétiques notamment) ne va pas réduire le déficit extérieur des Etats-Unis mais diminuer sa composante structurelle.
Pour que le déficit extérieur reste durablement limité et ne soit plus un problème, il faudra s’atteler sérieusement au déficit public. Le challenge majeur du prochain président n’est pas la Chine, mais le rééquilibrage des finances publiques.

Evariste Lefeuvre, Chief economist Amériques, Natixis New York, auteur de La Renaissance américaine, à paraître aux Editions Leo Scheer.

Journal du 11 octobre 2012


Wednesday, October 10, 2012

BIO – Puma lance des baskets écolos


 
Puma vient d'annoncer le lancement d'une série de chaussures et de vêtements biodégradables. Mais quel est le véritable objectif du fabricant allemand de vêtements de sport ? Protéger la nature ou rattraper son retard sur ses rivaux Nike et Adidas ? Réponse du directeur adjoint Franz Koch : "Nous voulons contribuer à un monde meilleur. En même temps, nous voulons aussi améliorer notre avantage compétitif".
Puma considère que "la durabilité est une méga-tendance", et espère attirer plus de clients grâce à sa nouvelle collection, qui sera disponible en 2013. A la fin de leur durée de vie,  les 22 articles de la collection Puma InCycle, des baskets biodégradables, des chemises, des vestes de survêtement et des sacs à dos en plastique recyclable, pourront être retournés aux magasins afin d'être recyclés.
DU COMPOST EN MOINS DE 9 MOIS
Pour définir le concept de ces produits, Franz Koch a expliqué que la semelle des baskets pourrait être faite avec des polymères biodégradables et des polyesters recyclables. Le dessus de la chaussure serait en coton et en lin biologiques, afin d'éliminer les pesticides, les fertilisants chimiques et d'autres produits chimiques. Selon une étude réalisée en 2010, 57% de l'impact environnemental de la marque est liée à la production de coton, le caoutchouc et de cuir.
Après être passées à la broyeuse, les baskets seraient transformées en compost au bout de six à neuf mois. Mais Puma prévient ses futurs clients : "Vous ne pouvez pas simplement les jeter chez vous dans votre jardin, creuser un trou et espérer qu'un arbre en sortira"...
Puma, filiale du groupe français PPR, régulièrement saluée par des rapports de l'Onu pour ses efforts en matière environnementale, a également annoncé qu'elle allait prendre encore plus en compte l'impact de ses activités en matière de pollution de l'air, de production de gaz à effet de serre, de déchets, et d'utilisation de terre et d'eau.

L’école française est fondamentalement inégalitaire !

Cela faisait longtemps que j’hésitais à démarrer ce blog, plus par peur de ne pas trouver le temps que par manque d’envie ! En termes de chiffres, vous pouvez l’imaginer, j’ai l’embarras du choix pour débuter ce tour du monde de l’éducation…
Mais, après réflexion, le mieux est d’attaquer dans le vif du sujet, de positionner l’école française par rapport à ses voisins ; on aura le temps, par la suite, de parler des universités. Disons-le donc clairement et une bonne fois pour toute, la France est dans la  moyenne des 34 pays de l’OCDE évalués dans PISA. Les plus optimistes diront que la situation n’est donc pas aussi alarmante qu’on le prétend souvent ; les autres, qu’elle n’est pas aussi brillante que ce que l’on pouvait escompter, surtout par rapport à l’investissement financier consenti ou encore à l’image positive que le mot « éducation » véhicule dans notre conscience collective.
Si on s’arrête à cette lecture, on pourrait intituler cet article « France, encore un effort… » ou tout autre titre de la même veine déjà lu à maintes reprises. C’est donc le moment pour ceux qui ne souhaitent pas entendre de messages plus pessimistes de détourner les yeux de l’écran, pour les autres, on continue.
Le système français est inégalitaire…
Alors certes, le système d’éducation français obtient, dans l’enquête PISA, des performances équivalentes à la moyenne des pays de l’OCDE, mais il est devenu de plus en plus dichotomique : d’un côté, soutenu par ses bons éléments qui représentent environ 1/3 des élèves âgés de 15 ans (contre 28 %, en moyenne, dans les pays de l’OCDE), mais de l’autre, se dégradant par le bas et conduisant chaque année 150 000 jeunes à quitter l’école sans diplôme, et donc à se retrouver en situation d’extrême précarité sur le marché du travail.
Plus encore, le poids des inégalités sociales n’a jamais été aussi fort pour expliquer les performances des élèves de 15 ans et le taux d’échec scolaire est passé, en 10 ans, de 15 % à 20 %. C’est au fond actuellement le chiffre le plus alarmant du système français, celui qu’il convient de corriger car il est anormal que la France (après la Nouvelle-Zélande) soit le pays où la corrélation entre le milieu socio-économique des parents et les résultats des élèves de 15 ans est la plus forte .
…mais ça n’est pas une fatalité.
Tout n’est quand même pas à jeter dans la structure de l’école française. Gardons en tête qu’un tiers des élèves s’en sortent relativement bien. Cependant, le système doit évoluer, et de façon urgente, pour aider ceux qui sont en difficulté scolaire. Telle est la clé de la réussite ou, tout du moins, la clé de l’amélioration ! Tous les efforts doivent converger vers cet objectif. Pour ce faire, il convient désormais de réfléchir aux solutions pouvant aller dans ce sens. En premier lieu, accepter que le redoublement n’est pas la meilleure méthode pour faire face à la difficulté scolaire (plus d’un élève sur trois a redoublé au moins une fois en France à l’âge de 15 ans, contre 13 % en moyenne dans les pays de l’OCDE), et qu’il faut donc – comme dans un nombre croissant de pays de l’OCDE – individualiser l’enseignement. Pour y parvenir, il faudrait que les rythmes scolaires soient adaptés et les enseignants bien préparés, ce qui n’est pas le cas pour le moment.
Cela veut donc dire que la formation des enseignants doit être revue en profondeur, pour qu’elle laisse une plus grande place à l’acquisition de méthodes pédagogiques fiables permettant de faire face à des classes hétérogènes, et surtout pour que les enseignants soient opérationnels dès leur entrée dans ce métier.  Il convient de rappeler à ce titre que les réformes dans ce sens mises en œuvre en Finlande dans les années 90 expliquent, en grande partie, la réussite de ce pays dans l’enquête PISA et notamment son succès par rapport aux autres pays nordiques qui ont des systèmes d’éducation relativement similaires.
Il est également important, quand on parle de la formation des enseignants, de repenser la question de leur première affectation, car les statistiques nationales sont cruelles et montrent que, bien souvent, les jeunes enseignants se trouvent parachutés dans les établissements les plus difficiles sans préparation ni encadrement. Ils en sortent, pour certains d’entre eux, complètement découragés alors qu’ils viennent juste de débuter dans ce métier ! Par opposition, on aime bien, à l’OCDE, citer l’exemple de la ville de Shanghai (19 millions d’habitants, presque un pays à elle seule), où les meilleurs enseignants et chefs d’établissement sont systématiquement affectés dans les établissements les plus difficiles. Pour cela, de nombreuses incitations financières et avancées de carrières leur sont proposées. À méditer…
Enfin, il faut s’assurer que les enfants maîtrisent les fondamentaux. Le diagnostic est clair aujourd’hui et toutes les études, qu’elles soient internationales ou nationales, convergent pour montrer que les inégalités et difficultés observées en France naissent dès l’école maternelle pour ensuite perdurer jusqu’à la fin de la scolarité obligatoire et bien sûr, au-delà.
Des progrès rapides sont possibles.
Alors certes, c’est un grand chantier en perspective et indiscutablement, le système d’éducation français est inégalitaire. Mais cela n’est pas pour autant une fatalité ! D’ailleurs, des pays comme l’Allemagne, la Pologne et le Portugal ont rattrapé leur retard sur la France entre 2000 et 2009 en axant justement leurs réformes sur la réussite des élèves en échec scolaire ou issus des milieux défavorisés. Tous les progrès sont donc permis quand les moyens sont concentrés sur un objectif bien défini !

Le FMI s'alarme des conséquences de la fuite des capitaux pour les banques européennes




Malgré les progrès faits depuis trois mois par la zone euro pour rassurer les marchés quant à la gestion du problème des dettes publiques, le Fonds monétaire international (FMI) considère que celle-ci demeure "le principal risque" pour la stabilité financière mondiale dans son rapport publié, mercredi 10 octobre à Tokyo.
Les tensions se sont aggravées, souligne l'institution. Notamment en raison de la fuite des capitaux privés des pays de la périphérie vers les pays du centre de la zone euro dans des proportions inédites.
Par exemple, au cours des douze mois s'achevant en juin, 296 milliards d'euros ont quitté l'Espagne et 235 milliards l'Italie. Cela a renchéri les coûts de financement de ces Etats, de leurs entreprises et de leurs particuliers.
Si ces phénomènes persistaient, le FMI a calculé que les principales banques européennes verraient leurs actifs réduits de 2 800 milliards de dollars (2 177 milliards d'euros), ce qui provoquerait une contraction du crédit de 9 % d'ici à la fin de l'année 2013 et un blocage de l'économie réelle.

"SENTIMENT TROMPEUR DE SÉCURITÉ"

Pour éviter cette rechute européenne, José Viñals, directeur du département des marchés de capitaux du Fonds, a fait la liste des mesures à prendre : recapitaliser les banques et fermer les plus malades, rééquilibrer les déficits des finances publiques, poursuivre la mise en place des "pare-feux" (MES, programme de rachats d'obligations publique de la Banque centrale européenne) et surtout instituer une véritable Union bancaire comportant une supervision unique.

Le FMI ne cache pas les faiblesses européennes qui pourraient miner la confiance des marchés dans un proche avenir, par exemple les "risques importants" que comporte le programme de rachat de dettes de la BCE ou encore l'absence de demande de l'Espagne d'un plan d'aide européen.

"Les Etats-Unis et le Japon devraient entendre la leçon que leur donne la zone euro, a souligné M. Viñals. En tardant à prendre les mesures nécessaires jusqu'à ce que les réactions des marchés les rendent inévitables, on s'expose à des turbulences financières et à des dommages économiques".
L'argent facile et les taux d'intérêt bas dont profitent ces deux pays leur donnent "un sentiment trompeur de sécurité", insiste-t-il.

Il faut que les responsables politiques américains s'entendent au plus vite sur un plan de réduction des déficits budgétaires et de la dette pour que ne se déclenche pas ces coupes claires dans le budget fédéral qui feraient basculer l'économie dans un "précipice budgétaire" et amputeraient la croissance des Etats-Unis de quatre points de produit intérieur brut. Une catastrophe pour le reste du monde aussi.
Quant au Japon, il devrait prendre garde à sa dette publique qui s'accumule dans les actifs bancaires au point que, dans cinq ans, ceux-ci seront composés pour un tiers d'obligations d'Etat. Un risque fort de fragilité si les taux augmentaient.
Le message du FMI à l'intention de tous les gouvernements sans exception est clair. "Il faut choisir entre faire le nécessaire, ce qui veut dire prendre des mesures politiques douloureuses, ou différer une fois encore celles-ci avec l'espoir fallacieux de se faire un allié du temps. Or il ne l'est pas", a conclu José Viñals.

Friday, October 05, 2012

Facebook : plein d'amis, peu de clients


Malgré ses 600 millions d'utilisateurs depuis un mobile, Facebook détient moins de 3 % du marché publicitaire américain sur ce type de terminal

Pourquoi une société, qui compte un milliard d'utilisateurs ne s'en met-elle pas plein les poches ? Matt Lauer (aucun lien de parenté avec l'auteur de ces lignes), l'animateur de "Today", la très populaire émission diffusée sur la chaîne américaine NBC, a posé, jeudi 4 octobre, la question qui tue à son invité, Mark Zuckerberg.

La réponse du fondateur du premier réseau social mondial, qui venait d'annoncer qu'un Terrien sur sept est inscrit sur Facebook, a été nettement moins percutante : "Cela dépend de la définition qu'on donne à cette expression." Et de toute évidence, la définition de Mark Zuckerberg ne coïncide pas avec celle des investisseurs. Le chiffre magique du milliard d'utilisateurs – seules deux entreprises ont autant de clients : Coca-Cola et McDonald's – a laissé de marbre la Bourse. L'action a quasiment fait du surplace et se traîne toujours 40 % en dessous de son cours d'introduction.
Les marchés financiers continuent à rester dubitatifs sur la capacité de Facebook à générer des bénéfices. Davantage focalisé sur sa croissance que sur sa profitabilité, le réseau social a tardé à proposer aux annonceurs publicitaires – sa principale source de revenus – une offre adaptée à l'accès au site depuis un téléphone portable.
MOINS DE 3 % DU MARCHÉ PUBLICITAIRE AMÉRICAIN SUR MOBILE
Ainsi, malgré ses 600 millions d'utilisateurs depuis un mobile, Facebook détient moins de 3 % du marché publicitaire américain sur ce type de terminal. Un gâteau de plus de 2 milliards de dollars, dominé par Google, qui en détient plus de la moitié. Facebook, lui, ne pointe qu'à la sixième place, loin derrière la radio Internet Pandora ou Twitter, selon le classement établi par le cabinet d'études, EMarketer. Tous terminaux confondus, Google engrange 38 milliards de dollars de revenus publicitaires contre seulement 4 milliards pour Facebook.
Mark Zuckerberg promet de passer à la vitesse supérieure sur le téléphone mobile et commence à tester des fonctionnalités payantes, notamment à destination des entreprises. En attendant que ces initiatives se traduisent en espèces sonnantes et trébuchantes, Facebook s'est autocélébré en révélant son premier spot publicitaire dans lequel le réseau social est comparé à... une chaise. Un objet qu'on utilise sans y penser pour dialoguer, se confier, écouter des histoires...
Mark Zuckerberg a invité beaucoup de monde autour de la table. Reste maintenant à trouver le moyen de faire payer la place.

Wednesday, October 03, 2012

1 000 euros le forfait mobile, macarons compris

On pensait qu'avec son offre à presque 140 euros par mois (pour de l'illimité voix et données), disponible depuis le 25 septembre, l'opérateur de télécoms SFR détenait le record du forfait le plus cher du marché français. Mais on était très loin du compte ! Chez Orange, l'ex-service public du téléphone, il existe une marque, Parnasse, quasi inconnue du grand public, qui propose des forfaits "monde" à 1 000 euros par mois. Et encore, pour surfer sur le Web avec son smartphone depuis l'étranger, il faut acheter du débit : 350 euros les 500 mégaoctets, 500 euros le gigaoctet...

Alors que tous les opérateurs - y compris Orange - proposent désormais des forfaits illimités à moins de 25 euros par mois, pour lutter contre l'offensive de Free dans le low cost, vous trouvez Parnasse un peu cher ? C'est que vous n'êtes probablement pas dans la cible. "Ce ne sont pas ceux qui paient de grosses factures de téléphone, mais qui préfèrent se débrouiller seuls avec leur abonnement et leur terminal qui nous intéressent le plus", précise Séverine Legrix de la Salle, ex-directrice de la marque Orange, qui a récemment pris la tête de Parnasse.
LABORATOIRE
Ses clients ? "Souvent de grands voyageurs, des avocats, des architectes, des chefs de petite entreprise", liste-t-elle. Quelques patrons du CAC 40 aussi, et des "people" : Fabien Provost, le fils de Franck, des salons de coiffure du même nom, ou le producteur Jean-Claude Camus. On n'en saura pas plus - service très exclusif oblige. Sauf que tous, a priori, résident en région parisienne, le service d'intervention à domicile n'étant pas encore garanti en province ou à l'étranger.
Ces clients sont prêts à payer, en plus du forfait mobile mensuel, un droit d'accès au "club" Parnasse de 1.000 euros, et 150 euros mensuels supplémentaires pour pouvoir accéder jour et nuit à un coach personnel. En contrepartie, ils bénéficient, par exemple, de la livraison en costume et gants blancs de l'iPhone 5, dès midi, le jour du lancement commercial du dernier téléphone d'Apple. Ils peuvent aussi, entre autres, profiter d'environ quatre invitations par mois : visites d'expositions, places en loge à Roland-Garros, "Masterclass cocktails" au Royal Monceau... Et pour la panne géante d'Orange, mi-juillet ? Sept macarons Pierre Hermé et un déplacement de "coach à domicile" offerts...
Parnasse devrait atteindre l'équilibre d'exploitation cette année et engranger un chiffre d'affaires de presque 10 millions d'euros... Pas mal pour une structure d'à peine 100 personnes. Il aurait, selon une source interne, fêté son millième client il y a quelques jours. "Nous ne sommes pas touchés par l'effet Free et par la crise" se félicite Mme Legrix de la Salle.
Jusqu'à présent, Orange taisait l'existence de cette offre. Plus maintenant et ce n'est évidemment pas totalement fortuit. Comme ses concurrents SFR et Bouygues Télécom, l'enjeu, c'est de trouver des services qui permettent de justifier le maintien d'offres de milieu de gamme, plus rémunératrices que le low cost (mais quand même pas hors de prix). Vu sous cet angle, Parnasse est un bon laboratoire.

En Alsace, une colonie d'abeilles produit un mystérieux miel bleu



LE MONDE |
Les butineuses ont découvert un gisement de sucreries colorées sur un site de méthanisation de déchets organiques et d'invendus alimentaires.

Un hiver rigoureux suivi d'un printemps pluvieux et d'un été sec : les ruches ont souffert au cours de ces derniers mois. La récolte ne sera pas abondante en 2012 et le moral des apiculteurs, déjà fortement touché par les ravages des pesticides sur leurs abeilles, est au plus bas.

A Ribeauvillé, dans le département du Haut-Rhin, une autre mauvaise surprise attendait les apiculteurs. Début août, plusieurs d'entre eux constatent que leurs abeilles ramènent d'étranges produits de couleur, bleu ou vert, parfois marron chocolat. Les quantités transportées sont importantes au point de bloquer la ponte. Un désastre, car c'est en été que les reines pondent les "abeilles d'hiver" qui permettront à la ruche de passer la saison du froid. Puis, très vite, les apiculteurs récoltent une étrange mixture à la couleur tout à fait inhabituelle.
Une douzaine de producteurs sont touchés. Le syndicat des apiculteurs de Ribeauvillé mène une enquête, fait fausse route plusieurs fois avant d'identifier au bout de trois semaines la source probable de l'altération du miel. Sur le site d'une entreprise de méthanisation de déchets – qui permet, entre autres, de produire du biogaz –, il découvre une colonie d'abeilles au-dessus de gros conteneurs abritant un produit de couleur identique à la mixture qu'elles ramènent à la ruche.
La PME concernée, Agrivalor, a ouvert ses portes le 26 janvier, à l'initiative de trois agriculteurs. Cette unité de méthanisation s'inscrit, pour la commune, dans un cercle vertueux. Elle produit de l'énergie à partir de la dégradation de déchets organiques, denrées alimentaires périmées ou invendues, résidus de cuisines ou de l'industrie agroalimentaire.

MIEL NON COMMERCIALISABLE ET AVENIR INCERTAIN

Alain Frieh, le président du syndicat des apiculteurs, s'inquiète auprès du directeur du site de ce qui se trouve dans les conteneurs et des conséquences sanitaires possibles sur ses abeilles et la qualité de son miel. D'où viennent ces résidus industriels ? Les colorants sont-ils d'origine naturelle ou chimique ? Contiennent-ils des OGM ? Interrogée par Le Monde, l'entreprise n'a pas souhaité "faire de commentaires", confirmant seulement "valoriser" des déchets sucrés.
Dans un courrier adressé, le 21 avril, au maire de Ribeauvillé, M. Frieh explique que le directeur d'Agrivalor, Philippe Meinrad, leur a indiqué, au cours d'une visite du site, que "les conteneurs contiennent des résidus de confiserie industrielle des établissements Mars". La multinationale américaine dispose de plusieurs sites de production en Alsace, notamment à Haguenau, où sont confectionnés les fameux M&M's, ces pastilles chocolatées de toutes les couleurs. Depuis plusieurs années, l'entreprise Mars vante son engagement dans le développement durable, en particulier la valorisation de ses déchets...
Agrivalor, dans un courrier adressé au syndicat apicole, le 6 septembre, reconnaît à demi-mot les faits, "déplore très sincèrement la situation", mais soutient que "les sous-produits sucrés" valorisés sur le site de méthanisation sont "conformes à l'arrêté préfectoral d'autorisation d'exploiter". "Nous n'imaginions à aucun moment que la présence de sous-produits sucrés dans l'enceinte de notre site aurait une relation avec l'exploitation de vos ruches."
La PME assure qu'elle va cependant vidanger et nettoyer les conteneurs et conditionner les futurs arrivages de sucreries dans "des contenants étanches et rapidement traités".
Mais pour les apiculteurs, le miel reste non commercialisable et l'avenir incertain. Le syndicat a décidé de faire analyser son "miel bleu". Il faudra attendre le printemps 2013 pour savoir si les abeilles de Ribeauvillé nourries aux résidus de Mars se portent bien.

Monday, October 01, 2012