Sunday, February 01, 2009
Antananarivo restera toujours tres belle
Communiqué de l'Ambassade de France
L'ambassade de France à Madagascar indique à tous ses ressortissants que ses administrations ( ambassade, consulat ), ses écoles et lycées seront ouverts lundi 2 février aux horaires habituels.
Comment interpréter ce message. 3 solutions. Soit la France, par ce message, entend montrer qu'elle est indépendante du conflit politique actuel et considère la situation comme normale au point d'ouvrir ses bureaux sans crainte pour la sécurité de ses ressortissants. Soit c'est un message de désolidarité vis à vis des instructions lancés par le Maire hier et pas conséquent un message de soutient implicite à la présidence Ravalomanana.
Comment interpréter ce message. 3 solutions. Soit la France, par ce message, entend montrer qu'elle est indépendante du conflit politique actuel et considère la situation comme normale au point d'ouvrir ses bureaux sans crainte pour la sécurité de ses ressortissants. Soit c'est un message de désolidarité vis à vis des instructions lancés par le Maire hier et pas conséquent un message de soutient implicite à la présidence Ravalomanana.
Communiqué du président Ravalomanana
Le Président de la République a déclaré que lundi, tout le monde doit se remettre au travail. Le Ministère de la Justice ainsi que la Haute Cour Constitutionnelle se chargeront prendront les mesures nécessaires en ce qui concerne le maire de la capitale qui s’est autoproclamé Président. Il a rappelé qu’à Madagascar, c’est le Président de la République qui est le chef de la nation. Il a fait remarqué qu’il y a 1546 maires qui ne peuvent pas tous se proclamer ainsi Président. Il reste Président de la République et fera son nécessaire pour développer le pays.
Il a déclaré que le pays est calme du nord au sud, à l’est et à l’ouest, mais que le grand problème est le manque d’accès de la population aux Produits de Première Nécessité. Il a affirmé que le Gouvernement et les Organisations Internationales travaillent pour essayer de ravitailler la population. Il a affirmé qu’ils y a eu de nombreuses rumeurs, dues surtout au fait de la non transmission de la TVM dans les régions, ce qui a eu de grands impacts sur la population. Mais la situation est en général calme dans tout le pays.
Il a également affirmé que le Premier Ministre, accompagné d’une délégation malagasy, va le représenter à la réunion de l’Union Africaine à Addis Abeba la semaine prochaine. Madagascar accueillera toujours le Sommet de l’Union Africaine en juillet.
Il a déclaré que le pays est calme du nord au sud, à l’est et à l’ouest, mais que le grand problème est le manque d’accès de la population aux Produits de Première Nécessité. Il a affirmé que le Gouvernement et les Organisations Internationales travaillent pour essayer de ravitailler la population. Il a affirmé qu’ils y a eu de nombreuses rumeurs, dues surtout au fait de la non transmission de la TVM dans les régions, ce qui a eu de grands impacts sur la population. Mais la situation est en général calme dans tout le pays.
Il a également affirmé que le Premier Ministre, accompagné d’une délégation malagasy, va le représenter à la réunion de l’Union Africaine à Addis Abeba la semaine prochaine. Madagascar accueillera toujours le Sommet de l’Union Africaine en juillet.
Saturday, January 31, 2009
31 janvier 2009 vue dans le journal Le Monde
Par trois fois déjà depuis l'indépendance de Madagascar en 1960, des émeutes ont abouti au renversement du régime en place à Antananarivo. Les manifestations de rue qui ont causé la mort de dizaines de personnes depuis lundi 26 janvier vont-elles faire bégayer l'histoire de la Grande île ?
Telle est, à l'évidence, le dessein de Andry Rajoelina, 34 ans, le maire de la capitale malgache, ancien disc jockey aujourd'hui responsable de deux sociétés spécialisés dans l'affichage publicitaire. Dénonçant la "dictature" du président Ravalomanana, le maire a appelé aux rassemblements qui ont dégénéré en pillages et provoqué une répression. Il a déclaré prendre la tête d'une "transition démocratique" et affirmé vouloir organiser une élection présidentielle "dans deux ans maximum".
Le parallèle avec l'arrivée au pouvoir de l'actuel président malgache est frappant. En 2001, Marc Ravalomanana, lui-même chef d'entreprise, avait utilisé la mairie d'Antananarivo comme tremplin. S'appuyant sur le mécontentement populaire, il avait fini par être élu puis proclamé président au terme d'une longue crise où la rue avait pesé en sa faveur. Symbole de renouveau et d'efficacité, il a lancé une politique de privatisation et d'ouverture aux investisseurs étrangers marquée par de grands travaux.
Réélu en 2006, il est désormais accusé d'avoir confisqué le pouvoir au profit des sociétés qu'il dirige. Les manifestants semblent avoir visé en priorité les magasins Magro dont il est propriétaire. Vice-président d'une Eglise d'obédience protestante, promoteur d'une régression continue des libertés publique, il a perdu le soutien déterminant de l'Eglise catholique. Gérée dans l'opacité, la cession au conglomérat sud-coréen Daewoo Logistics de 1,3 million d'hectares de terres agricoles alimente la colère. Tout comme la hausse des prix sur une île dont 85 % des habitants vivent avec moins de 2 dollars par jour.
La France, ancien colonisateur, est d'autant plus embarrassée qu'elle a tardé à reconnaître la légitimité du président Ravalomanana. Au-delà des relations avec Paris, les émeutes de Madagascar posent surtout la question des rapports entre la population et le pouvoir, qui se dit démocratiquement élu. De son côté, M. Rajoelina ferait bien de défendre ses revendications par le dialogue avant d'utiliser la rue. Sauf à prendre la responsabilité d'un coup d'Etat aux conséquences plus que dommageables.
Telle est, à l'évidence, le dessein de Andry Rajoelina, 34 ans, le maire de la capitale malgache, ancien disc jockey aujourd'hui responsable de deux sociétés spécialisés dans l'affichage publicitaire. Dénonçant la "dictature" du président Ravalomanana, le maire a appelé aux rassemblements qui ont dégénéré en pillages et provoqué une répression. Il a déclaré prendre la tête d'une "transition démocratique" et affirmé vouloir organiser une élection présidentielle "dans deux ans maximum".
Le parallèle avec l'arrivée au pouvoir de l'actuel président malgache est frappant. En 2001, Marc Ravalomanana, lui-même chef d'entreprise, avait utilisé la mairie d'Antananarivo comme tremplin. S'appuyant sur le mécontentement populaire, il avait fini par être élu puis proclamé président au terme d'une longue crise où la rue avait pesé en sa faveur. Symbole de renouveau et d'efficacité, il a lancé une politique de privatisation et d'ouverture aux investisseurs étrangers marquée par de grands travaux.
Réélu en 2006, il est désormais accusé d'avoir confisqué le pouvoir au profit des sociétés qu'il dirige. Les manifestants semblent avoir visé en priorité les magasins Magro dont il est propriétaire. Vice-président d'une Eglise d'obédience protestante, promoteur d'une régression continue des libertés publique, il a perdu le soutien déterminant de l'Eglise catholique. Gérée dans l'opacité, la cession au conglomérat sud-coréen Daewoo Logistics de 1,3 million d'hectares de terres agricoles alimente la colère. Tout comme la hausse des prix sur une île dont 85 % des habitants vivent avec moins de 2 dollars par jour.
La France, ancien colonisateur, est d'autant plus embarrassée qu'elle a tardé à reconnaître la légitimité du président Ravalomanana. Au-delà des relations avec Paris, les émeutes de Madagascar posent surtout la question des rapports entre la population et le pouvoir, qui se dit démocratiquement élu. De son côté, M. Rajoelina ferait bien de défendre ses revendications par le dialogue avant d'utiliser la rue. Sauf à prendre la responsabilité d'un coup d'Etat aux conséquences plus que dommageables.
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