Sunday, November 14, 2010

L'aide étrangère fait partie du problème africain...au même titre que la corruption.

Entre 2002 et 2008, la croissance de l'Afrique sub-saharienne a repris, soutenue comme la plus grande partie de la planète par la flambée des matières premières et les investissements chinois. C'est ainsi que s'est achevée l'une des ères les plus consternantes de l'histoire récente du continent, une période qui a duré toute une génération et pendant laquelle la plupart des pays de cette région ont connu une chute de leurs revenus par habitant, parfois à des niveaux que l'on n'avait plus vus depuis la fin du colonialisme.

Ce redressement signifie pour les Africains que de nouvelles opportunités sont envisageables, mais l'incroyable chute des cours des matières premières de l'an dernier, conséquence de la récession mondiale, laisse deviner la fragilité de cette transformation. Il n'apparaît pas non plus que le moindre virage politique ait été pris. Les années de croissance ont vu le déchaînement d'une guerre épouvantable en République Démocratique du Congo, qui a fait plus de 5 millions de victimes, d'un autre conflit, plus circonscrit mais tout aussi dévastateur, dans le nord de l'Ouganda, ainsi qu'une catastrophe humanitaire au Darfour et la continuelle tragédie du Zimbabwe de Robert Mugabe.

En Occident, les causes des échecs du développement africain et leurs remèdes ont surtout fait l'objet de débats entre hommes blancs, comme Jeffrey Sachs et William Easterly, respectivement défenseur et ennemi de l'aide extérieure massive. Sachs s'est assuré le soutien de célébrités comme Bob Geldorf, Bono et Angelina Jolie. Il est donc rafraîchissant de disposer d'une analyse nouvelle par deux femmes africaines, la Kenyane Wangari Maathai et la Zambienne Dambisa Moyo.

Elles ne sont pas du tout faites du même bois. Maathai, députée qui a perdu son siège lors des élections parlementaires de 2007, a reçu le prix Nobel de la Paix en 2004 pour son opposition au régime de l'ancien président kenyan Daniel Arap Moi, et pour son militantisme écologique dans le cadre de la fondation du mouvement populaire Greenbelt Movement. Son courage n'est plus à démontrer: d'origine kikuyu elle-même, elle n'a pas hésité à demander un recompte des voix quand un autre Kikuyu, Mwai Kibaki, a tenté d'usurper les élections présidentielles de 2007 et a déclenché une escalade mortelle des violences ethniques. Moyo, quant à elle, a quitté la Zambie pour fréquenter l'université aux États-Unis, et après avoir été diplômée d'Oxford et d'Harvard, est partie travailler à la Banque mondiale et chez Goldman Sachs.

À l'instar de leurs personnalités, leurs livres semblent assez éloignés l'un de l'autre. Dans The Challenge for Africa, Maathai propose une série de conclusions diffuses. Elle avance qu'il n'existe pas de compatibilité naturelle entre croissance économique et protection environnementale, et que les gouvernements africains doivent poursuivre les deux. Elle reproche au colonialisme occidental d'avoir dévalué l'identité et la culture africaines, mais reproche aussi aux Africains leur attachement sanglant à des «micro-nations» fracturées. Elle critique la dépendance à l'aide humanitaire et n'élève pourtant pas d'objection virulente au programme Sachs-Bono visant à renforcer l'aide au développement par l'Occident. Elle pense que le changement devra naître de l'activisme populaire et que les Africains doivent suivre leurs propres traditions.

Le livre de Moyo, Dead Aid, transmet quant à lui un message très simple: l'aide extérieure au développement est à la source du sous-développement de l'Afrique et doit être stoppée rapidement et totalement si le continent veut progresser. Dambisa Moyo est en faveur du développement du secteur privé, même s'il vient de Chine, et fulmine contre le protectionnisme agricole du Nord qui empêche le commerce de devenir un moteur de croissance. De toute évidence, son ouvrage va interpeller un public radicalement différent de celui qui a attribué le prix Nobel de la Paix à Maathai. Maathai et Moyo semblent prendre le chemin d'une confrontation polarisée de style Sachs-Easterly sur les approches du développement.

Mais la vérité est que ces livres ont davantage en commun que ce que leurs auteurs veulent bien admettre. Les deux femmes considèrent que le problème fondamental de l'Afrique sub-saharienne n'est pas celui des ressources, humaines ou naturelles, ni un problème de géographie, mais plutôt de mauvaise gouvernance. Beaucoup trop de régimes africains sont devenus des machines à népotisme dans lesquelles le pouvoir politique est recherché par des «hommes forts« dans le seul but de s'enrichir -richesses qui sont ensuite canalisées vers le réseau de partisans qui ont aidé un leader particulier à monter au pouvoir, ou vers le proverbial compte en Suisse. Le concept de bien public est inexistant; la politique est devenue une lutte à somme nulle, visant à s'approprier l'État et tout ce qu'il peut permettre de contrôler.

Tous les autres problèmes de la région dérivent de cette dynamique destructrice. Les ressources naturelles, qu'il s'agisse de diamants, de pétrole ou de bois, se sont rapidement changées en malédiction en faisant monter les enjeux de la lutte politique. L'ethnicité et la tribu, les constructions sociales d'origine historique parfois douteuse, ont été exploitées par des leaders politiques dans leurs quêtes de pouvoir. L'avènement de la démocratie n'a pas changé les objectifs de la politique mais simplement modifié la méthode de lutte. C'est la seule explication à un phénomène comme celui du Nigeria, pays qui a touché quelque 300 milliards de dollars grâce au pétrole sur une génération, tout en voyant son revenu par habitant décliner sur la même période.

La question est la suivante si de mauvaises politiques sont au cœur du problème de développement de l'Afrique, comment la situation en est-elle arrivée là, et comment la région peut-elle évoluer dans une autre direction ? Ici, les deux auteurs ont naturellement des opinions radicalement différentes. Dambisa Moyo étaye de preuves sa longue mise en accusation de l'aide étrangère comme source de mauvaise gouvernance. Elle souligne que pendant la Guerre froide, l'aide était octroyée sans distinction à des dirigeants comme Mobutu Sese Seko du Zaïre, qui envoya sa fille à un mariage à bord du Concorde au moment où les donateurs occidentaux acceptaient de rééchelonner les échéances d'un prêt. Sans la disponibilité continue des prêts concessionnels, explique-t-elle, les pays africains seraient obligés de se reprendre en main et de satisfaire aux standards de gouvernance internationaux afin de pouvoir accéder aux marchés obligataires mondiaux.

Ce point de vue est tout à fait défendable. Dans le passé, l'aide étrangère a tout simplement alimenté la machine du népotisme et contribué à maintenir au pouvoir des dirigeants corrompus dans des pays comme la Somalie et la Guinée-Équatoriale. Les gouvernements africains, dont beaucoup reçoivent plus de 50% de leurs budgets nationaux de donateurs internationaux, doivent des comptes non à leurs peuples mais à divers niveaux d'étrangers, contradictoires et aux intérêts entremêlés. Même des interventions en apparence salutaires, comme l'aide humanitaire sous forme de nourriture, peuvent réduire la valeur des produits des agriculteurs locaux ou être utilisées comme un moyen de consolider la base ethnique de certains politiciens.

Mais l'argument de Moyo, selon lequel l'Afrique bénéficierait d'une bonne gouvernance sans les flux d'aide, repousse les limites de la crédulité. Les racines du malaise africain remontent bien plus loin qu'au régime d'aide extérieure post-indépendance. Contrairement à l'Asie de l'Est avant sa rencontre avec le colonialisme, plus de la moitié de l'Afrique sub-saharienne n'était pas gouvernée par une structure d'États à l'époque de la ruée européenne qui a débuté dans les années 1870. Les Européens ont mis en place des institutions coloniales au rabais, cherchant à gouverner de grandes portions de territoires à l'aide de squelettes d'administrations.

L'homme fort de la politique africaine contemporaine est, sous de nombreux aspects, une création coloniale, car les Européens ont voulu diriger indirectement en donnant le pouvoir à une série de dictateurs locaux chargés de mettre leurs programmes à exécution. Enfin, le colonialisme a imposé un ensemble de frontières irrationnelles aux colonies. Le Sud du Soudan a livré une guerre civile de trente ans au régime de Khartoum simplement parce qu'un administrateur britannique du Caire, mort depuis longtemps, n'avait pas voulu froisser l'Égypte en le donnant à l'Ouganda, où sa place se trouvait plus naturellement.

La condamnation en bloc par Moyo de l'aide étrangère manque aussi de faire une distinction entre, disons, l'aide militaire apportée au Zaïre pendant la Guerre froide, et les traitements anti-rétroviraux dispensés par le Fonds Mondial ou PEPFARS (le President's Emergency Plan for AIDS Relief, programme de lutte contre le sida, lancé par l'administration Bush), qu'elle n'évoque presque jamais dans son ouvrage.

Le fait est que le secteur de l'aide a tiré quelques enseignements, particulièrement depuis la fin de la Guerre froide. Les dictateurs reçoivent moins de chèques en blanc, et davantage de secours sont attribués à des domaines comme la santé publique, avec des résultats mesurables. Si, comme elle le suggère, l'aide devait s'arrêter, un grand nombre d'Africains mourraient prématurément. D'autres programmes, comme le Millennium Challenge Account, créé en 2004 par l'administration Bush, visent une meilleure gouvernance et la lutte contre la corruption. Ils peuvent ne pas suffire à amender la politique africaine, mais on ne peut guère leur reprocher de contribuer au problème de fond.

Si mettre un terme à l'aide extérieure ne guérit pas l'Afrique, le Challenge for Africa de Maathai présente-t-il une meilleure alternative? Un activisme populaire peut stimuler les solutions locales et mettre la pression sur les gouvernements pour qu'ils obtiennent de meilleurs résultats. Mais la société civile est en définitive un complément d'institutions fortes, et non un substitut. Vers la fin de son livre, Maathai souligne la nécessité d'un leadership visionnaire et d'une construction de la nation qui viendrait de son centre, comme l'avait fait Julius Nyerere en tissant ensemble les multiples groupes ethniques et linguistiques de Tanzanie par l'utilisation du kiswahili comme langue nationale. Mais les projets historiques de construction des nations ont souvent nécessité des remèdes plus forts qu'elle ou que la plupart des autres Africains contemporains ne sont prêts à envisager, notamment des modifications de frontières et l'incorporation parfois forcée de «micro-nations» dans des ensembles plus vastes.

Si aucun de ces livres ne fournit de solution entièrement satisfaisante, les deux se concentrent sur le vrai nœud du problème: le niveau de développement politique de l'Afrique sub-saharienne. Dans ce domaine, les solutions devront provenir de l'intérieur même de la région. Le fait que la discussion passe de ce que le monde extérieur doit à l'Afrique à ce que les Africains se doivent à eux-mêmes est un premier pas en avant.

Francis Fukuyama
Traduit de l'anglais par Bérengère Viennot

La fondation Bill et Melinda Gates

"Pour moi, quelle est la plus belle image du monde ?" demande Bill Gates au public. Le tableau de Van Gogh Les Tournesols apparaît derrière lui : "Est-ce celle-là ?" L'"homme de Vitruve ", le dessin de Léonard de Vinci, suit : "Ou celle-ci ?" Voici maintenant le logo de Microsoft : "Ou bien celle-là ? " La salle rit, un graphique s'affiche aussitôt : la courbe de la mortalité infantile depuis un siècle. Bill Gates conclut : "Voilà la plus belle des images." La courbe passe de 20 millions en 1960 à 9 millions en 2010.

Nous sommes à la soirée Living Proof ("preuve vivante") organisée par la Fondation Bill et Melinda Gates au Musée des sciences de Londres. Quatre cents personnes venues d'ONG, de la presse, de la recherche, du monde artistique et politique britannique ont été conviées.

Preuve vivante? C'est une campagne mondiale destinée à démontrer aux opinions des pays riches, à travers des histoires concrètes et des témoignages filmés, que l'aide aux pays pauvres arrive à destination, se révèle utile. Melinda Gates rejoint son mari sur scène : "Vous connaissez les arguments : “Ça ne sert à rien”, “l'argent finance des régimes corrompus”, “c'est un cautère sur une jambe de bois.”… Nous voulons les détromper."

Elle prendra son temps, didactique, enthousiaste, pour décrire les effets pratiques des grandes actions humanitaires en cours financées par les Etats et les fondations. De courts films viennent illustrer ses propos. Une famille de paysans du Nicaragua raconte les effets bénéfiques de la vaccination contre le rotavirus. Une docteur d'Addis-Abeba défend l'ouverture de petites salles d'accouchement dans les villages. Une Tanzanienne décrit comment la culture de patates douces l'a sauvée de la faim.

"Nous voulons en finir avec le cynisme qui prétend que l'aide au développement et l'humanitaire ne servent à rien", me confie plus tard un des organisateurs. Luc Lamprière, directeur de l'ONG Oxfam France, m'explique que les associations ont mis des années à créer des chaînes de solidarité pour faire parvenir l'aide à ceux qui en ont besoin.

Et ça marche : le 6 octobre, le secrétaire général de l'ONU, Ban Ki-moon, a rappelé que GAVI, l'Alliance mondiale pour la vaccination et l'immunisation, lancée en 1999 grâce à un don de 750 millions de dollars de la Fondation Gates, a déjà permis de sauver 5 millions de vies, et devrait en sauver 4 millions dans les trois années à venir. Ce n'est pas un sparadrap.

Dans l'entretien qui suit, Bill et Melinda Gates, rencontrés à Londres la veille de la soirée Living Proof, expliquent la philosophie de leur fondation – la plus dotée au monde avec 25 milliards d'euros –, décrivent leurs actions autour du monde et répondent aux critiques.

Vous avez déclaré vouloir consacrer 90 % de votre argent à la philanthropie. Pourquoi ?

Melinda Gates
Nous venons de deux familles où l'on estime qu'avoir acquis une grande richesse donne de grandes responsabilités. Et nous avons toujours pensé, même quand nous étions engagés dans Microsoft, que cet argent reviendrait à la société. La question était plutôt de savoir quand et comment nous ferions cela. Bill pensait que ce serait plus tard, vers la soixantaine [il n'avait pas 40 ans à la création de la fondation], mais en nous tournant assez tôt vers la philanthropie, découvrant la gravité de la situation du monde en voie de développement, nous avons éprouvé le besoin d'agir vite.

Vous vous situez dans la tradition d'un capitalisme éthique…


Bill Gates
Pendant plusieurs centaines d'années, la combinaison entre bonne gouvernance et capitalisme a permis d'accomplir d'immenses progrès. Dans les pays riches, l'espérance de vie a presque doublé, les enfants ne meurent pratiquement plus avant 5 ans, la plupart mangent à leur faim, beaucoup des grandes maladies ont été éradiquées.

Le capitalisme n'est pas un régime parfait, mais il nous a beaucoup apporté, à nous qui vivons dans des pays prospères. Le problème aujourd'hui provient du fossé qui s'est creusé avec les pays pauvres qui, pour des raisons de santé, de sous-alimentation, de faible production de nourriture et d'autres drames encore, se retrouvent coincés dans le sous-développement.

Nous sommes très motivés par l'idée qu'en innovant dans les domaines des semences et des vaccins, nous pouvons faire accéder ces populations à l'autosuffisance. C'est vrai que l'élément capitaliste est très important pour réussir.
En janvier 2008, lors du Forum économique mondial, vous avez appelé à un nouveau capitalisme qui associerait la recherche du profit à l'entraide, l'intérêt personnel au soin des autres.

B. G.
Je faisais référence à Adam Smith, le père de la théorie libérale, et à son essai La Richesse des nations. C'est un chef-d'œuvre, même s'il n'est plus très lu. Je l'ai cité au Forum pour appeler à un capitalisme plus créatif.

M. G.
Il existe de telles disparités à l'intérieur du monde capitaliste ! Comment peut-on accepter que 1,6 million d'enfants meurent chaque année de la diarrhée ? C'est quelque chose d'inimaginable en France, ou aux Etats-Unis, mais comme il n'y a pas de marché pour les traitements, aucune compagnie capitaliste ne songe à travailler dessus. Nous incitons donc les groupes pharmaceutiques à aller travailler dans les pays pauvres. Nous leur expliquons qu'ils peuvent sauver énormément de vies.

Que pensez-vous de ceux qui veulent stimuler l'entrée dans l'économie des plus démunis ?

B. G.
Nous sommes impliqués dans la microfinance et le soutien économique des plus pauvres. Nous intervenons pour qu'ils récupèrent des droits de propriété, nous soutenons des groupes de femmes qui s'unissent pour monter des projets de développement, nous…

M. G.
La voix des plus pauvres se fait mieux entendre quand des femmes ou des hommes s'associent. On le constate en Inde, par exemple, où nous encourageons les personnes infectées par le VIH à s'unir pour faire pression sur le gouvernement en vue d'acquérir des installations sanitaires et médicales, ou pour avoir accès à des centres de soin, des améliorations impossibles à obtenir autrement tant ils sont stigmatisés. Nous aidons aussi les femmes à s'associer de telle façon que les hommes n'accaparent pas la parole.

Quelle est la philosophie de votre fondation ?

M. G.
Notre philosophie, c'est que toutes les vies humaines ont la même valeur [C'est le slogan de la Fondation Gates]. Le premier objectif de la Fondation est d'utiliser les ressources dont nous disposons pour inciter les gouvernements et les associations à sauver le plus grand nombre de vies possibles. Cela signifie soutenir des innovations scientifiques et techniques dans les domaines de la santé et l'agroalimentaire, tout en encourageant des innovations sociales. Cela peut prendre beaucoup de formes… Mais, en définitive, ce qui compte pour nous, c'est avoir sauvé le plus grand nombre de vies avec l'argent que nous investissons.

B. G.
La grande quête de l'humanisme est d'en finir avec toutes les discriminations, qu'elles soient de genre, de religion ou de race. Mais la plus grande des discriminations et des injustices, de très loin, reste d'être né dans un pays pauvre, où vos chances de vivre plus de cinq ans, de vous nourrir suffisamment, d'éviter une maladie grave, se révèlent beaucoup plus faibles comparées à celles des gens nés ailleurs. Il faut en finir avec cette discrimination, et nous savons que c'est possible. Nous avons beaucoup d'exemples de pays comme la Corée du Sud ou le Brésil, qui étaient très pauvres cinquante ans auparavant.

Avec la bonne politique, les bonnes innovations agricoles, la bonne aide, ces pays sont devenus autosuffisants. Et donc, armés de cette idée que chaque vie sur Terre a la même valeur, nous étudions très sérieusement ce qui empêche les pays pauvres d'atteindre l'autosuffisance. Ensuite, nous agissons. Nous essayons de mobiliser les forces de changement, les scientifiques, les entreprises, les gouvernements, les ONG et l'argent de notre fondation pour essayer d'enrayer la pauvreté. Nous espérons que pays par pays, petit à petit, les gens se hisseront au-dessus du besoin d'être aidés…

Mais votre choix prioritaire est la santé…

B. G.
Parmi les fléaux qui maintiennent ces pays dans la dépendance, les plus graves sont la mortalité infantile et les maladies mortelles et virales. Nous nous sommes rendu compte qu'en améliorant le système de santé, nous pouvions régler beaucoup de problèmes, comme la pauvreté – ou la croissance de la population.

Nous avons été surpris, Melinda et moi, de découvrir à travers nos actions combien la santé est un élément-clé. Quand nous nous sommes impliqués dans le planning familial en Inde, en Afrique, nous avons réalisé qu'avec une population grandissant très vite, aucun système social ne peut fonctionner : l'éducation, le travail, la protection de l'environnement. Un taux de croissance à deux chiffres de la population menace la stabilité d'un pays.

Dans les années 1970, beaucoup d'économistes se montraient très pessimistes quant à l'évolution de la population mondiale : on pensait qu'elle allait atteindre 20 milliards d'individus après 2000, et que notre planète deviendrait invivable. Ils se trompaient. Il me semble très important de comprendre pourquoi.

A l'époque, on n'imaginait pas combien l'amélioration de la santé allait aider les familles à faire moins d'enfants. Aujourd'hui, le nombre d'habitants se stabilise, pour parvenir d'ici à 2050 à un pic de 9,5 milliards. Si les pays riches aident les pays pauvres, ce sera peut-être moins. Et c'est une révélation de réaliser que sauver des vies, diminuer la mortalité, améliorer l'autosuffisance favorisent les enjeux de population et d'environnement.

En fait, vivre en bonne santé est quelque chose de magique qui permet d'espérer, de construire. Il existe plusieurs autres objectifs décisifs comme développer une agriculture vivrière, vivre en paix, accéder à l'éducation, mais la santé est au sommet.

La baisse de la mortalité infantile et maternelle fait partie des huit objectifs du Millénaire de l'ONU ? Pensez-vous qu'ils seront atteints ?


M. G.
Nous avons fait de très importants progrès au niveau mondial sur le quatrième objectif, qui concerne la mortalité infantile, déjà réduite de deux tiers. Pour évaluer les progrès accomplis, il faut se référer aux années 1960, quand 20 millions d'enfants mouraient chaque année.

Aujourd'hui, c'est 9 millions. Voilà pourquoi nous investissons tant dans les vaccins [la Fondation a prévu de verser 7 milliards d'euros à l'Alliance GAVI]. Si vous voulez aider un enfant à vivre au-delà de trente jours, les vaccins le permettent. Les vaccins ont quelque chose de miraculeux. Ils sont bon marché. Ils assurent la bonne santé pour une vie entière.Pour cela, il faut les fabriquer, les livrer, et en inventer de nouveaux.

Nous intervenons sur ces trois niveaux. Mais si vous voulez que ces enfants vivent plus longtemps, il faut faire plus. Souvent les femmes n'ont pas d'endroit salubre pour accoucher, il faut leur construire une salle d'accueil dans un village. Il y aura moins de risque que leur bébé (ou elle-même) meure.La santé des mères est le cinquième objectif du Millénaire, sur lequel nous faisons beaucoup d'efforts. Même dans les pays les plus pauvres d'Afrique, la mortalité maternelle recule.

En Inde du Nord, nous soutenons des travailleurs de la santé qui vont de village en village, immunisent les enfants, permettent aux femmes de rejoindre de petites cliniques. C'est ainsi que les progrès se font…

En plus des projets locaux, vous financez aussi des projets scientifiques innovants. Lesquels ?



B. G
. Nous investissons dans la recherche médicale et la mise au point de vaccins contre le sida, la tuberculose, le paludisme. Beaucoup de secteurs innovants ne sont pas vraiment soutenus, nous les aidons. Nous cherchons à faire prendre conscience aux scientifiques des problèmes du tiers-monde.

Nous leur décrivons ce dont les populations ont besoin, comment réguler l'hygiène collective dans les bidonvilles, éradiquer les moustiques porteurs du paludisme ou comment s'en prévenir… Nous mettons les scientifiques au défi de résoudre des problèmes graves.

Comment procédez-vous pour identifier ces problèmes, choisir les équipes, vérifier les résultats de vos actions ?



B. G.
Il existe une telle variété de problèmes ! Quand nous donnons de l'argent au Fonds mondial de lutte contre le sida, la tuberculose et le paludisme, nous savons d'expérience que leurs méthodes pour sélectionner l'urgence sont bonnes. Quand nous contribuons à l'achat de vaccins, nous nous assurons qu'ils sont distribués. Quand nous donnons directement sur le terrain, nous mettons en place un système de mesures des résultats, nous les archivons. Quand nous distribuons de l'argent pour différentes recherches, nous savons que toutes n'aboutiront pas, et c'est normal…

Nous vérifions que les scientifiques travaillent, essaient de résoudre les problèmes, mènent sérieusement leurs recherches. Pour le vaccin contre le paludisme par exemple, nous finançons huit équipes. Ce sont des projets à risque, mais nous avons l'espoir d'aboutir.

De nombreux laboratoires, plusieurs gouvernements et fondations financent comme nous la recherche d'un vaccin contre le sida. Il nous semble important de diversifier les initiatives, dans l'espoir d'en découvrir un.

M. G.
En ce qui concerne la santé, la recherche ne constitue que le premier aspect du problème. Comment faire pour que le résultat d'une découverte soit bien distribué dans les pays concernés, atteigne les personnes menacées ? Pour cela, il nous faut renforcer une forme d'alliance globale de la santé, associant des partenariats publics et privés, à laquelle nous travaillons depuis dix ans dans le but précisément que les vaccins arrivent à bon port.

Tout règlement d'un problème de santé exige ainsi trois étapes : découverte, développement, distribution.

B. G.
Nous soutenons aussi des petits projets, comme par exemple un thermos pour préserver le vaccin dans les pays chauds. A quoi servirait-il, s'il n'arrivait jamais à destination ? Ou encore, nous participons au financement de programmes de lutte contre les moustiques qui transmettent le paludisme.

Certains scientifiques avec lesquels nous travaillons fabriquaient des armes, auparavant. Nous leur avons dit : "Nous, nous voulons tuer des moustiques. " Ils ont répondu : "Oh, ça c'est facile ! – Oui, mais nous cherchons une technologie bon marché. – Pas de problème, on peut se servir du laser contenu dans un lecteur CD ou DVD." Vous voyez, des technologies parmi les plus "cool" des pays développés peuvent être utilisées dans la lutte contre le paludisme…

Depuis deux ans, la crise économique pousse les Etats à amputer leurs dépenses sociales et on assiste à la réduction des budgets d'aide au développement. Ils se défaussent sur les fondations ?



B. G.
Nous ne pouvons pas remplacer les gouvernements, ni nous substituer à ce qu'ils entreprennent déjà. Quand les opinions des pays riches comprennent que le résultat de leurs efforts contribue vraiment à sauver des vies et à développer les pays pauvres, leur mentalité change. Avec quelques milliers de dollars, vous pouvez sauver des enfants, faire reculer la maladie, changer ces sociétés.

Même dans ces temps économiques difficiles, les Etats ne peuvent pas équilibrer leur budget en choisissant de sacrifier les pays les plus pauvres. Personne ne peut faire ça ! Couper un budget d'aide, c'est littéralement envoyer des milliers de gens à la mort.

L'OCDE vient de délivrer un bonnet d'âne à la France. Au lieu du 0,51 % du budget promis à l'aide, le gouvernement l'a réduit à 0,46 %…

B. G.
La politique de la France d'aide au développement sera examinée attentivement au prochain G8, sous présidence française. Parfois, on a l'impression que vos budgets augmentent, parfois qu'ils diminuent, on ne sait plus.

Dans l'histoire passée et récente, la France a beaucoup agi au niveau international. Elle est le deuxième plus gros donateur du Fonds mondial de lutte contre le sida, la tuberculose et le paludisme [plus de 1,5 milliard d'euros versés à ce jour]. D'excellents scientifiques travaillent à des projets-clés.

J'espère qu'elle n'abaissera pas ses budgets. La question est celle du leadership et des initiatives à prendre. S'agira-t-il d'aides concrètes, effectives, pour l'agriculture par exemple ? La France doit augmenter sa participation.

M. G.
Quand Nicolas Sarkozy et sa femme se sont rendus au Bénin, en janvier, pour constater les effets des actions du Fonds mondial, ils ont pu se rendre compte des résultats. 122 millions de moustiquaires ont été distribuées, le taux de contagion du paludisme a diminué dans tous les pays africains, au Cambodge, aux Philippines. Grâce aux moustiquaires, on a pu sauver 2,2 millions de vies, nous le savons précisément.

Il faut faire passer le message en France, le dire haut et fort : les partenariats public-privé sont responsables, ils mesurent les effets des actions entreprises, ils savent exactement combien de moustiquaires ont été distribuées, dans quels territoires, et si elles ont été efficaces. C'est le meilleur moyen de faire comprendre aux gens l'utilité de l'engagement français, et combien il peut faire la différence.

Vous vous dites " optimistes impatients ". Encore aujourd'hui ?



B. G.
Oh, oui ! Si je croyais que l'humanité va revenir à une mortalité de 20 millions d'enfants par an, je serais pessimiste. Mais ce n'est pas ce qui se passe. Aujourd'hui, nous agissons tous pour passer sous le cap des 5 millions d'enfants, nous voulons réaliser l'objectif du Millénaire de descendre à 0,5 % de mortalité infantile. Cela semble réalisable.

Chaque année, les Etats, les associations et les fondations sauvent des millions de vies, ils œuvrent à installer partout l'autosuffisance. Voilà pour l'optimisme. Mais je pense qu'il faut accélérer, et voilà pour l'impatience. Nous voulons éradiquer la poliomyélite dans le monde. Pour ce faire, nous avons besoin de plus de générosité, plus de vaccins.

Vous avez été critiqué par le Los Angeles Times. Une enquête montre que vous travaillez avec certaines entreprises sans éthique citoyenne…



B. G.
Le Los Angeles Times cite des entreprises dans lesquelles nous investissons, pas de celles avec lesquelles nous travaillons avec la Fondation. C'est très différent ! Pour la Fondation, c'est vrai, nous travaillons avec de grands groupes pharmaceutiques ou agro-alimentaires, mais nous réalisons chaque année un classement fondé sur les principes éthiques. Nous pensons qu'il est bon d'entretenir une compétition entre eux sur ces questions.

Mais il faut distinguer les actions de la Fondation des investissements que nous faisons par ailleurs. Quand une personne privée investit par exemple dans EDF, achète quelques actions, elle ignore si EDF a enfreint la loi française voilà dix ans. Comment le savoir ? Nous ne sommes pas en mesure d'établir un classement de toutes les entreprises où nous investissons à titre privé. Nous posons certaines limites, nous n'achetons pas d'actions à des entreprises qui fabriquent du tabac par exemple.

Mais comment tout vérifier ? Quand il est question de la Fondation, de nourriture, de médecine, nous travaillons à ce que les entreprises avec lesquelles nous nous associons progressent et deviennent plus citoyennes. Mais nous ne surveillons pas le moindre investissement que nous faisons. Nous pourrions posséder 0,1 % d'une banque sans savoir qu'elle est en train de monter des crédits subprimes. Ce n'est pas à nous de vérifier, c'est au gouvernement américain.

Parlez-nous de l'initiative The Giving Pledge ("la promesse de don") ...



B. G.
Nous nous réunissons régulièrement avec les gens les plus riches du monde pour discuter des expériences qui réussissent dans le champ de la philanthropie, de ce que nous pouvons faire pour les enfants les plus pauvres, des causes que nous estimons justes. Certains d'entre eux font déjà beaucoup, dans des domaines différents.

Il n'existe pas un modèle unique de philanthropie. Aux Etats-Unis, 40 milliardaires se sont engagés à reverser au moins 50 % de leur fortune. C'est magnifique. Maintenant, nous voudrions fonder des groupes similaires dans les autres pays.

Comment envisagez-vous l'héritage ?

B. G.
Clairement, il existe un niveau de richesse où il devient impossible de tout dépenser soi-même ! Quand vous êtes aussi riche, il devient dérangeant pour vos enfants de tout leur léguer. Ce serait comme affirmer à un jeune homme plein de talents et de possibilités que les meilleures choses qu'il réalisera au cours de sa vie seront son mariage à 90 ans puis la rédaction de son testament.

M. G.
Avec The Giving Pledge, nous demandons aux plus riches de s'engager. Ce n'est pas une contrainte légale, mais un engagement moral. Et nous espérons que cet engagement durera tout au long de leur vie.Vous savez, je pense qu'ils en tireront beaucoup de satisfaction, car ils n'offrent pas seulement leur argent, ils donnent aussi leurs talents… Tout cela peut changer les choses dans les pays du Sud, nous le vérifions chaque jour.

Au cours de nos réunions, nous les questionnons : "Qu'est-ce qui vous a poussé à prendre cette décision ? Comment procédez-vous pratiquement ? Qu'allez-vous financer ? Qu'avez-vous dit à vos enfants ?" Réfléchir à plusieurs aide les autres à passer à l'action, et à ne pas attendre d'avoir 90 ans pour le faire…

Frédéric Joignot
Parcours

1955 Naissance de Bill Gates.
1975 Il fonde Microsoft avec Paul Allen.
1987 Il entre dans le classement Forbes des milliardaires. Il sera en tête de 1995 à 2007 et en 2009.
1994 Il épouse Melinda. Le couple a trois enfants.
2000 Il cède sa place de PDG de Microsoft à Steve Ballmer.
2008 Il consacre l'essentiel de son temps à l'action philanthropique.


Leurs fondations

1994 Création de la William H. Gates Foundation, qui devient en 2000 The Bill & Melinda Gates Foundation.

1999 Création de la Gates Learning Foundation, consacrée à l'éducation.

2000 La Fondation contribue largement au lancement de GAVI, l'Alliance pour la vaccination.

2006 La Fondation se restructure autour des programmes Etats-Unis, santé mondiale, développement mondial.

2009 La fondation distribue dans l'année plus de 4 milliards d'euros. Elle emploie plus de 800 personnes.


Dans le "Monde Magazine" cette semaine

La Grèce, trou dans le mur européen

Notre reporter s'est rendu à la frontière gréco-turque, là où chaque nuit des centaines de migrants pénètrent en Europe dans la clandestinité.

Dans les facs, va-t-on passer au tout anglais ?

La loi Toubon de 1994 impose le français dans les amphis. Problème : comment les facs françaises peuvent-elles attirer les étudiants sans offrir de cursus bilingue ? Résultat : les cours en anglais se multiplient mais en catimini.

Avdon : une vente historique

Il a photographié toutes les stars et défilés de mode des années 1940 à 2000. 60 tirages rares sont mis en vente chez Christie's à Paris. Des records de prix sont attendus.

Loran Deutsch, le comédien-flâneur prend la plume

Rencontre avec le jeune auteur qui ne s'attendait pas à vendre plus de 500 000 exemplaires de son Métronome, balade très personnelle dans Paris.

Parmesan : au pays de l'or jaune

Visite guidée en Emilie-Romagne dans l'antre très secret où sont affinées les meules du précieux parmigiano reggiano. Sous la haute surveillance des banquiers.

Taux de mortalité infantile (décès/1.000 naissances normales)

Rang Pays
1 Angola 180.21
2 Sierra Leone 154.43
3 Afghanistan 151.95
4 Liberia 138.24
5 Niger 116.66
6 Somalie 109.19
7 Mozambique 105.8
8 Mali 102.05
9 Zambie 101.2
10 Guinée-Bissao 99.82
11 Tchad 98.69
12 Djibouti 97.51
13 Nigeria 94.35
14 Malawi 89.05
15 Burkina Faso 84.49
16 Soudan 82.43
17 Rwanda 81.61
18 Guinée équatoriale 81.58
19 République démocratique du Congo 81.21
20 Éthiopie 80.8
21 République centrafricaine 80.62
22 Congo 79.78
23 Laos 77.82
24 Lesotho 77.4
25 Sahara occidental 69.66
26 Tanzanie 69.28
27 Swaziland 68.63
28 Côte d'Ivoire 68.06
29 Gambie 67.33
30 Comores 66.57
31 Guinée 65.22
32 Pakistan 65.14
33 Ouganda 64.82
34 Bénin 64.64
35 Mauritanie 63.42
36 Cameroun 63.34
37 Haïti 59.69
38 Burundi 59.64
39 Bangladesh 59.02
40 Sénégal 58.94
41 Mayotte 56.29
42 Togo 56.24
43 Cambodge 54.79
44 Kenya 54.7
45 Yémen 54.7
46 Azerbaïdjan 54.6
47 Madagascar 54.2
48 Gabon 51.78
49 Corée du Nord 51.34
50 Ghana 51.09
51 Vanuatu 49.45
52 Bhoutan 49.36
53 Birmanie 47.61
54 Népal 47.46
55 Namibie 45.51
56 Turkménistan 45.36
57 Papouasie-Nouvelle-Guinée 45.23
58 Bolivie 44.66
59 Afrique du Sud 44.42
60 Iraq 43.82
61 Kiribati 43.48
62 Érythrée 43.33
63 Cap-Vert 41.35
64 Tadjikistan 41.03
65 Timor Oriental 40.65
66 Mongolie 39.88
67 Sao Tomé-et-Principe 37.12
68 Maroc 36.88
69 Iran 35.78
70 Zimbabwe 32.31
71 Kirghizistan 31.26
72 Inde 30.15
73 Indonésie 29.97
74 Trinité-et-Tobago 29.93
75 Guyana 29.65
76 Maldives 29.53
77 Pérou 28.62
78 Guatemala 27.84
79 Algérie 27.73
80 Égypte 27.26
81 Micronésie 26.1
82 République dominicaine 25.96
83 Syrie 25.87
84 Turquie 25.78
85 Kazakhstan 25.73
86 Iles Marshall 25.45
87 Nicaragua 25.02
88 Paraguay 24.68
89 Samoa 24.22
90 Honduras 24.03
91 Ouzbékistan 23.43
92 Bahamas 23.17
93 Belize 23.07
94 Roumanie 22.9
95 Viêt Nam 22.88
96 Brésil 22.58
97 Tunisie 22.57
98 Liban 21.82
99 Venezuela 21.54
100 Salvador 21.52
101 Libye 21.05
102 Équateur 20.9
103 Philippines 20.56
104 Chine 20.25
105 Arménie 20.21
106 Iles Salomon 19.03
107 Colombie 18.9
108 Suriname 18.81
109 Albanie 18.62
110 Sri Lanka 18.57
111 Tuvalu 18.43
112 Mexique 18.42
113 Gaza Strip 18.35
114 Bulgarie 17.87
115 Sainte-Hélène 17.63
116 Thaïlande 17.63
117 Iles Cook 16.9
118 Oman 16.88
119 Antigua-et-Barbuda 16.25
120 Géorgie 16.22
121 Montserrat 16.08
122 West Bank 15.96
123 Malaisie 15.87
124 Bahreïn 15.25
125 Jamaïque 15.22
126 Saint-Vincent-et-les-Grenadines 15.14
127 Jordanie 14.97
128 Iles Vierges britanniques 14.65
129 Saint-Christophe-et-Niévès 13.94
130 Iles Turks-et-Caicos 13.89
131 Aruba 13.79
132 Dominique 13.65
133 Sainte-Lucie 13.43
134 Grenade 13.23
135 Belau 13.14
136 Moldavie 13.13
137 Émirats arabes unis 12.7
138 Panama 12.67
139 Qatar 12.66
140 Botswana 12.59
141 Seychelles 12.3
142 Barbade 12.29
143 Brunei 12.27
144 Maurice 12.2
145 Tonga 11.58
146 Iles Fidji 11.58
147 Arabie saoudite 11.57
148 Argentine 11.44
149 Uruguay 11.32
150 Groenland 10.72
151 Russie 10.56
152 Samoa américaines 10.18
153 Nauru 9.25
154 Bosnie-Herzégovine 9.1
155 Antilles néerlandaises 9.09
156 ex-République yougoslave de Macédoine 9.01
157 Ukraine 8.98
158 Koweït 8.96
159 Lettonie 8.77
160 Costa Rica 8.77
161 Porto Rico 8.42
162 Hongrie 7.86
163 Chili 7.71
164 Iles Vierges américaines 7.56
165 Polynésie française 7.55
166 Estonie 7.32
167 Nouvelle-Calédonie 7.05
168 Iles Cayman 6.94
169 Saint-Pierre-et-Miquelon 6.87
170 Slovaquie 6.84
171 Pologne 6.8
172 Mariannes du Nord 6.59
173 Lituanie 6.47
174 Biélorussie 6.43
175 Croatie 6.37
176 Iles Féroé 6.32
177 États-Unis 6.26
178 Guam 6.05
179 Cuba 5.82
180 Italie 5.51
181 Man, Isle of 5.37
182 Taïwan 5.35
183 Saint-Marin 5.34
184 Grèce 5.16
185 Irlande 5.05
186 Canada 5.04
187 Wallis-et-Futuna 5.02
188 Monaco 5
189 Nouvelle-Zélande 4.92
190 Royaume-Uni 4.85
191 Gibraltar 4.83
192 Portugal 4.78
193 Australie 4.75
194 Pays-Bas 4.73
195 Jersey 4.73
196 Luxembourg 4.56
197 Guernsey 4.47
198 Belgique 4.44
199 Autriche 4.42
200 Danemark 4.34
201 Corée du Sud 4.26
202 Liechtenstein 4.25
203 Slovénie 4.25
204 Israël 4.22
205 Espagne 4.21
206 Suisse 4.18
207 Allemagne 3.99
208 République tchèque 3.79
209 Andorre 3.76
210 Malte 3.75
211 Norvège 3.58
212 Anguilla 3.52
213 Finlande 3.47
214 France 3.33
215 Islande 3.23
216 Macao 3.22
217 Hong Kong 2.92
218 Japon 2.79
219 Suède 2.75
220 Bermudes 2.46
221 Singapour 2.31

Saturday, November 13, 2010

Comment interpréter les déclarations de Andry Rajoelina , concernant les "trafics" de bois de rose?

Andry Rajoelina nie avoir trempé d’une manière ou d’une autre dans les affaires de bois de rose. Il affirme qu’au contraire il a été le premier à faire en sorte que le commerce de bois de rose rapporte au pays en instituant et en imposant des taxes qui servent à la reconstitution de la forêt malgache. « Certains essaient même de propager de fausses informations et des cinémas impliquant le président Andry Rajoelina dans les affaires de bois de rose. Je déclare publiquement ici qu’Andry Rajoelina ne fera jamais ce genre de choses et n’a jamais donné une quelconque autorisation, clame-t-il. Tout le monde peut s’exprimer dans le Youtube mais une chose est sûre, on ne peut plus jouer avec la population. Elle n’est pas dupe ». Toujours concernant le bois de rose, le Président Andry RAJOELINA a tenu à souligner qu’il était le premier à proposer l’impôt sur les bois de rose et « depuis l’année dernière, on a pu en récolter plus de 40 milliards d’Ariary », explique-t-il.
Normal, la HAT est financièrement aux aboie, elle est obligée de faire feu de tout bois!!

Il y a toujours pire ailleurs

La rue de la Petite vitesse est de nouveau praticable pour les transporteurs depuis hier


Transformée en rue piétonne depuis des mois, la rue de la Petite vitesse est de nouveau praticable pour les transporteurs depuis hier. La plupart des marchands informels qui occupaient la majeure partie de cette rue ont, en fait, déménagé dans le nouveau marché construit par la Commune urbaine d’Antananarivo (Cua) bien que certains d’entre eux continuent d’y exercer en rejoignant les bords. Une dizaine de camions de la Cua se sont également chargés de l’assainissement de la rue dégagée à travers la collecte des montagnes d’ordures, si de nombreux agents ont assuré la dératisation et la désinfection des lieux ainsi que le débouchage des canaux d’évacuation. Concernant le nouveau marché, près de 1 900 marchands se sont inscrits pour y obtenir une place, que ce soit dans les étals ou à l’esplanade.
Ils attendent cependant le traçage final de leurs places respectives avant de s’y installer, d’autant plus que des petits travaux sont encore entrepris au sein de ce marché municipal. En tout cas, ce retour à la normale à la Petite vitesse en a ravi plus d’un, surtout les transporteurs.

Rajoelina continue ses tournées de propagandes pour le OUI


Après Ambalavao et sa visite dans le Nord du pays, le Couple présidentiel a visité la partie orientale de Madagascar, plus précisément Fénérive - Est et Toamasina, lors de laquelle le Président Rajoelina a rejeté l’accusation mensongère de certains acteurs politiques sur son implication dans l’affaire de bois de rose.

Lors de son discours de bienvenue, le Chef de la Région Analanjirofo a exprimé sa déception face à la décision du Président de la Hat de ne pas se présenter à la présidentielle. " C'est vraiment dommage, vu les grands projets du Président de la Hat. Personne ne peut les réaliser. Il faut continuer la voie jusqu’à la 4e République », a – t - il précisé. Quand le Président Rajoelina a pris la parole, il s’est montré très ferme à l’endroit de ceux qui ont l’intention d’apporter une rallonge à la période de Transition. « La Transition s’achèvera dans peu de temps. Par contre, il y a certaines personnes qui veulent à tout prix prolonger cette période transitoire. Après analyse, on peut déduire que ces personnes ne se soucient que de leurs intérêts personnels. Des politiciens réclament actuellement une nouvelle Transition pour qu’ils puissent entrer dans le pouvoir. Le pays se trouve actuellement sur la bonne voie vers le développement. Les politiciens ayant besoin de stabilité sont déjà dans le régime actuel, notamment le parti Tim, le Leader Fanilo, l’Avi, l’Arema, etc. ».
Référendum sans aide extérieure
A l’endroit de la Communauté internationale, le Président Rajoelina a souligné que « c’est vraiment désolant de savoir que la Communauté internationale a décidé d’aider financièrement, avec une importante somme de 8 millions de Dollars, le Zimbabwe dans la préparation de l’élection référendaire. Pourtant pour Madagascar, la préparation du Référendum du 17 novembre 2010 a été entièrement prise en charge par l’Etat malagasy et ce, sans aucune aide extérieure ».
Parlant de la situation politique actuelle, le Président Andry Rajoelina a expliqué qu’ « un groupement de politiciens essaie de salir ma réputation et me prend pour un ignorant. Nous ne sommes surtout pas ignorants car nous avons des projets sociaux pour l’intérêt de toute la population. Certains essaient même de propager de fausses informations et des cinémas impliquant le Président Andry Rajoelina dans l’affaire de bois de rose. Je déclare publiquement ici qu’Andry Rajoelina ne fera jamais ce genre de choses et n’a jamais donné une quelconque autorisation. Tout le monde peut s’exprimer dans le Youtube mais une chose est sûre, on ne peut plus jouer avec la population. Elle n’est pas dupe ».
Toujours concernant le bois de rose, le Président Andry Rajoelina a tenu à souligner qu’il était le premier à proposer l’impôt sur les bois de rose et depuis l’année dernière, on a pu en récolter plus de 40 milliards d’Ariary.
En ce qui concerne les projets pour la Région Analanjirofo, le Président de la Haute autorité de la Transition d’annoncer le projet sur l’agriculture et qu’un titre vert a été mis à la disposition des jeunes voulant s’investir dans l’agriculture. Dans ce projet, l’Etat se chargera de l’irrigation d’eau et l’octroi des matériels agricoles, tels des tracteurs. Aussi en 2011, un important budget sera – t – il alloué à la distribution de semences pour les agriculteurs. Suite aux demandes du Maire de la Commune urbaine de Fénérive - Est, le marché de la ville sera fait en dallage, outre la construction d’un terrain mixte et de loisirs et l’avenue de l’Indépendance de Fénérive - Est qui sera revêtue de goudron.
Place aux jeunes
A Toamasina, le Président de la Hat a indiqué qu’« actuellement, il faut céder la place aux jeunes. L’heure est à l’action. Il ne faut plus faire des promesses d’ivrognes ». Et à cet effet, plusieurs projets ont été annoncés au profit de l’Atsinanana lors du meeting ayant eu lieu devant l’enceinte de la Région, à savoir la construction d’un centre hospitalier suivant les normes internationales à Toamasina, la réhabilitation des cités universitaires, l’Hôtel de ville sera également réhabilité, l’avenue de l’Indépendance sera décorée par des poteaux solaires.
Dans son projet de construction des nouveaux logements à très bas prix, la ville de Toamasina bénéficiera de la construction de « cités Fitiavana ». La construction d’un stade répondant aux normes internationales avec un terrain synthétique et une piste d’athlétisme à Toamasina est également au programme. Les impôts provenant du Projet d’Ambatovy seront consacrés à la réhabilitation de la ville de Toamasina. Et l’Etat étudiera la possibilité de maintenir les prix du litchi de l’année dernière pour l’intérêt des paysans, sans oublier de signaler l’installation de jet d’eau chorégraphique à Toamasina.
La rencontre du Couple présidentiel avec la population de l’Est a été également une occasion pour le Président de la Hat, de sensibiliser tout citoyen à honorer le devoir sacré d’aller voter pour l’avenir du Peuple malagasy et des générations futures.
Corine R.

Ravalomanana demande à l'armée de faire leur devoir...

Friday, November 12, 2010

Les leaders des pro-Ravalomanana en prison , il fallait s'y attendre

Conséquences des émeutes de mercredi, les leaders des 3 Mouvances Fetison Rakoto Andrianirina, Lalatiana Ravolomanana, Zafilahy , Emmanuel Rakotovahiny et le pasteur Tsarahame ont été déférés hier dans l'après midi au parquet. A l'issue de cette présentation, un mandat de dépot, c'est à dire un "dépot en prison" a été signifié aux leaders de la mouvance Ravalomanana Fetison Zafilahy et Tsarahame. Par contre, Lalatiana Ravolomanana et Emmanuel Rakotovahiny, qui ne sont pas de la mouvance Ravalomanana ont pu rentrer chez eux. On peut dire que la HAT porte un coup dur aux pro Ravalomanana tout en donnant un signal fort aux opposants, Monja Roindefo en tête qui prévoit un meeting en plein centre ville ce samedi. Malgré les critiques intra légalistes contre Fetison, on se demande bien maintenant qui au sein de cette mouvance aura le charisme pour reprendre le lead du mouvement ? Pas sûr qu'un Rakotoarivelo ou un Satrobory fassent l'affaire et Raharinaivo Randrianantoandro n'est plus considéré comme un des leurs. Cette arrestation peut elle conduire aussi à une solidarité de l'opposition ? On en doute fort. Pour les opposants, c'est avant tout un concurrent en moins et des voix à récupérer . Reste à savoir maintenant pendant combien de temps, ces derniers resteront à Antanimora. Le procés est prévu pour le 23 novembre, soit une semaine après le référendum. Le temps sans doute de calmer leurs ardeurs, puis de les faire sortir contre une promesse de non agression comme ce fut le cas avec Raharinaivo Randrianantoandro du Tim ? Il faut se rappeller que cette stratégie en avait épuisé et calmé plus d'un : Razily, Manandafy Rakotonirina, les journalistes de Fahazavana, Raharinaivo et demain Fetison, au final, ils sont tous rentrés dans le rang après un passage par la case prison. C'est humain.

La réaction des trois mouvances ne s'est pas fait attendre

Les 3 mouvances ont réagi moins de 24 heures après le placement sous mandat de dépôt de ses trois leaders. En effet, lors d'une conférence de presse qu'ils ont tenue hier à la villa Elisabeth, les Mamy Rakotoarivelo, Emmanuel Rakotovahiny, Monfort Anselme, Manandafy Rakotonirina, Miandrisoa Marcel, Manoro Régis, Ruffine Tsiranana... ont unanimement condamné la montée de la dictature à Madagascar. « Nos amis sont arbitrairement et injustement emprisonnés. », a martelé Mamy Rakotoarivelo. Le Dr Emmanuel Rakotovahiny de relayer : « Nous n'allons pas reculer. Nous continuons à combattre la dictature. J'en profite pour lancer un appel au jeune Rajoelina à cesser ses pratiques, sinon il finira en prison. ». Monfort Anselme n'a pas mâché ses mots: « S'ils veulent la guerre, nous sommes prêts. Les partisans du président Didier Ratsiraka ne sont pas de ceux qui reculent devant l'intimidation. » Les leaders des trois mouvances ont revendiqué hier la libération immédiate et sans condition de Fetison Rakoto Andrianirina, de Zafilahy Stanislas, du pasteur Edouard Tsarahame ainsi que leurs partisans qui croupissent encore en prison.

Interpellation. Manandafy Rakotonirina, quant à lui, a fait constater que le régime de Rajoelina bafoue les efforts entrepris par la communauté internationale pour sortir Madagascar de la crise. Sur la même foulée, Mamy Rakotoarivelo a fait savoir que les trois mouvances vont interpeller les représentations diplomatiques à Madagascar sur les événements de ces derniers jours. Une lettre a été signée hier dans ce sens à Ivandry. Par ailleurs, dans un communiqué du 11 novembre intitulé « Faire cesser immédiatement la répression et respecter sans condition le respect les droits fondamentaux », signé par Guy Rivo Randrianarisoa, son porte-parole, la mouvance Ravalomanana interpelle la même communauté internationale. « Face à ces arrestations arbitraires et à ces faits d'intimidation intolérables qui disqualifient définitivement le gouvernement de la HAT, et qu'aucun démocrate à Madagascar et à travers le monde ne saurait accepter, un appel urgent et solennel est lancé à la communauté internationale, et en son sein aux principaux partenaires regroupés au sein du GIC-M, afin que toutes initiatives immédiates soient prises, d'une part pour obtenir la libération sans délai ni condition des leaders récemment détenus et, d'autre part, pour accélérer le processus actuellement réactivé par la CNOSC en vue de rouvrir des négociations rendues absolument nécessaires pour l'instauration d'une transition réellement neutre. », indique le communiqué.

En ordre dispersé. Interrogé sur le meeting que l'ancien Premier ministre de la HAT, Monja Roindefo, organise ce jour dans la Capitale, le Dr Emmanuel Rakotovahiny a répondu que les trois mouvances ne s'y sont pas associées. « Pour le moment, nous militons en ordre dispersé bien que nous ayons le même adversaire. », a souligné le chef de délégation de la mouvance Zafy. Quant à la suite de l'action des trois mouvances après l'incarcération des trois de ses leaders, Mamy Rakotoarivelo de préciser : « Un bon stratège ne dévoile jamais sa stratégie. Ce qui est sûr, c'est que nous allons poursuivre notre combat sans verser dans la violence. »
RAJAOFERA Eugène

Le projet de Constitution avalise le principe de la vente de terrains aux étrangers

Résolument engagé depuis sa création fin 2008 contre les risques majeurs d’accaparement de terres arables à Madagascar par des Etats et sociétés étrangères, le Collectif pour la Défense des Terres Malgaches – Tany – exprime sa vive inquiétude à la lecture de l’article 1 du projet de Constitution qui va être soumis au référendum le 17 novembre 2010. En effet, après les phrases « Nul ne peut porter atteinte à l’intégrité territoriale de la République. Le territoire national est inaliénable. », il est écrit que « les modalités et les conditions relatives a la vente de terrain et au bail emphytéotique au profit des étrangers sont déterminés par la loi ».

Cela signifie que ce projet de Constitution avalise le principe de la vente de terrains aux étrangers, une perspective que les membres du Collectif Tany ne peuvent accepter car elle est contraire à l’attachement profond de l’ensemble des citoyens malgaches à la terre de leurs ancêtres.

D’ailleurs, la loi qui existe déjà et dont le Collectif Tany demande la révision depuis janvier 2009 est la loi 2007-036 sur les investissements. Cette loi permet à toute société étrangère possédant une filiale malgache d’acheter des terres. A cet égard, nous soulignons le fait que le décret d’application de cette loi n’ayant pas encore été publié, toute tentative de l’appliquer directement ou par des moyens détournés est condamnable.

Le Collectif Tany plaide pour la réalisation dans les plus brefs délais d’un débat national et démocratique sur la durée des baux emphytéotiques et des autres modalités des investissements sur les terres agricoles à Madagascar. Les transactions sur les terres qui se multiplient à grande vitesse à l’échelle de la planète, et dont Madagascar est une cible convoitée, ne doivent en aucun cas entraver le développement des paysans et des populations malgaches ou léser leurs intérêts.

Le Collectif Tany insiste pour qu’aucune vente de terres aux étrangers ne soit autorisée ou validée.

Le referendum du 17 novembre demande aux citoyens de s’exprimer sur l’ensemble du texte proposé. Or l’article 1 est inacceptable. Nous ne pouvons pas adhérer à ce projet de Constitution.

Thursday, November 11, 2010

Le financement des promesses de Rajoelina

Comment seront financés les constructions de logements sociaux, d’hôpitaux, de complexes sportifs et des autres projets annoncés par Andry Rajoelina depuis son entrée en campagne pour le référendum, samedi dernier ? Curieusement, personne n’a posé la question. L’opposition était peut-être occupée à se mobiliser pour empêcher ce scrutin de se tenir mais la société civile, du moins la frange la plus active et la plus crédible comme le KMF/CNOE ou son émanation le SEFAFI, n’ont pas réagi jusqu’à présent. Est-ce parce que la pertinence des projets ne peut souffrir d’aucune contestation qui serait à coup sûr mal vue par une population, en autres, en mal de logements et victime des lacunes en matière d’infrastructures sanitaires ?

La question est pourtant fondamentale compte tenu du contexte mais aussi et surtout des réalités du pays dont le développement a été freiné depuis les années 80 par la chute des cours des matières premières, seule source de devises du pays jusqu’à récemment, de la mauvaise gestion et surtout du poids de la dette contractée pour les investissements à outrance pendant la période socialiste.

Certes, il y a les 100 millions de dollars tombés de la manne chinoise pour l’exploitation du gisement de fer de Soalala. Mais que représente ce montant par rapport aux projets annoncés ? L’exemple guinéen (lire note article par ailleurs) nous donne une indication sur les coûts des projets de construction d’hôpitaux qui pourraient être couverts par les droits d’exploration payés par le consortium Wisco. Les constructions de stade pourraient également être assurées par ce fonds. Mais quid de la construction des logements sociaux, de la cimenterie, du métro d’Antananarivo et, à moindre mesure des subventions pour les « Tsena mora » même si ces derniers apparaissent comme conjoncturels pour aider les familles en difficulté de faire face aux difficultés ?

Andry Rajoelina lui-même reste discret sur la question. Peut-être ne veut-il pas encore abattre toutes ses cartes pour avoir tous les atouts en main. En tout état de cause, le président de la HAT met visiblement la pression sur les bailleurs de fonds en particulier et la communauté internationale qui à l’exception des aides à caractère humanitaire, ont fermé le robinet. A travers ces projets, le message est clair : on peut compter sur d’autres financements que ceux des bailleurs de fonds traditionnels.

La construction du métro de la capitale sera par exemple assuré, d’après les inscriptions sur la maquette, par CIF Railway qui n’est autre qu’une filiale de China International Fund. Créé en 2003 et basé à Hong Kong, ce fonds a, selon son site web, pour objectifs « la promotion de la coopération sud-sud, partager sincèrement les expériences de la Chine en matière de réformes économiques avec les pays en développement, explorer des programmes pour le développement des entreprises chinoises à l’étranger (…)».

Samedi au Palais des sports, le président de la HAT avait présenté un responsable de China Sonangol International qui est également basé à Hong Kong et dont les objectifs sont pratiquement les mêmes que du CIF même s’il est plutôt spécialisé dans les ressources minières.

La question qui se pose est la nature des contrats avec ces sociétés qui sont en réalité le fer de lance de la Chine. Le CIF est par exemple engagé dans la construction du palais présidentiel, des bâtiments administratifs et de nouveaux quartiers en Angola, l’un des grands pays pétroliers d’Afrique qui s’est vu allouer un crédit de 5 milliards de dollars par la Chine, parallèlement au Nigéria et à la République démocratique du Congo (RDC) qui avait respectivement reçu 5 et 8 milliards de dollars. Les constructions en Angola sont-elles la contrepartie de ce crédit en plus des assurances d’approvisionnement sur les richesses minières de ce pays ?

Il faut dire que le geste chinois n’est pas du tout gratuit. La nouvelle puissance économique veut tout simplement assurer l’approvisionnement en matières premières pour son essor. Et pour cela, la Chine n’est pas du tout regardante sur les questions de démocratie et de libertés individuelles. Sur ces sujets, on connaît la Chine mais cela n’a pas empêché Nicolas Sarkozy de recevoir en grande pompe le président chinois avec à la clé un contrat de 15 milliards de dollars pour l’achat d’avions Airbus. Cela n’a pas non plus interdit les Etats-Unis de négocier avec les Chinois sur la parité dollar-yuan, la Chine détenant par ailleurs une bonne partie des dettes américaines.

Les exemples étant, Andry Rajoelina veut apparemment tirer son épingle du jeu pour se démettre des sanctions de la communauté internationale. Le procédé est le même que celui adopté en 1975 par Didier Ratsiraka qui avait joué sur le clivage bloc est-ouest pour contourner le boycott de fait de la France et de l’Occident.

D’ailleurs, si les bailleurs de fonds restent aujourd’hui plutôt silencieux, c’est parce qu’ils sont conscients de l’enjeu, de la concurrence de plus effrénée de la Chine en matière d’aide. Eux comme le Malgache attendent ardemment de savoir les détails des projets et de leurs financements. Si les prêts chinois sont à taux concessionnels tels qu’ils l’exigent, les bailleurs de fonds n’auront aucun mot à dire. Si certains projets seront réalisés selon le système BOT (Build Operate Transfert, système grâce auquel les pays d’Asie ont créé de villes nouvelles et des infrastructures avec le financement des travaux par des privés qui ont une concession pour l’exploitation pendant un certain nombre d’années à l’issue desquelles la propriété revient à l’Etat), on ne pourra que constater. Dans les cas contraires, il faudra s’attendre à des sanctions encore plus graves qu’aujourd’hui. Les postulants à la Magistrature suprême sont avertis.
Salomon Ravelontsalama

Wednesday, November 10, 2010

Réconciliation nationale : les bêtes nous montrent l'exemple

Narines ou Ray boon ?

MITIA


Ange ou poupée ?
Papa et maman sont très fiers de moi
Le début d'un grand bonheur
J'ai besoin de repos les amis...
Mitia prend son premier biberon

Monday, November 08, 2010

Malaises chroniques dans nos universités

A l’université d’Antananarivo, la tension est montée d’un cran. Ce jour, à Ankatso, les professeurs membres du SECES (syndicat des enseignants-chercheurs) vont de nouveau débrayer, au grand dam des enseignants et étudiants qui veulent reprendre les cours. Rappelons que l’origine de cette grève est le non-paiement par l’Etat des indemnités de recherche dévolues aux professeurs qui se chiffrent à 800 000 ariary (4 millions fmg) par mois. Quant à leurs salaires mensuels, pas de problème jusqu’ici.

Les grèves, le SECES, depuis sa création, est rompu à l’exercice. Mais le fait que ces agitations interviennent dans le cadre de la campagne référendaire, suscite diverses réactions, pas toujours à l’avantage de ce syndicat. Néanmoins, on peut comprendre les grévistes du SECES car, contrairement au SMM (syndicat des magistrats de Madagascar) qui a arrêté dernièrement leur mouvement de grève à l’issue d’une rencontre avec la ministre de la Justice, son homologue au gouvernement, chargé de l’Enseignement supérieur, refuse par contre toute négociation… Ce n’est pas cette partie de bras de fer entre le SECES et le ministre Tongavelo qui va reluire l’image - déjà ternie – de l’Université malgache.

Une Université qui a été, dans un passé récent, quelque peu négligée car les tenants du régime de l’époque voulaient favoriser la mise en place des établissements censés former des jeunes ouvriers spécialisés, et à terme, mettre sur le marché du travail une main d’œuvre qualifiée et bon marché… Le sort d’Ankatso était alors le cadet de leurs soucis. Dans cette transition justement, nombre de corporations profitent pour relancer des revendications salariales, ce qui est, certes, légitime, vu la crise économique, toutefois on ne peut s’empêcher de penser, à tort ou à raison, que, quelque part, des forces politiques tirent les ficelles. Et quand l’Université, au travers le SECES, bouge l’Etat s’inquiète… Aujourd’hui, la donne a changé, puisque les finances de l’Etat sont à marée basse : les caisses sont vides.

Depuis l’indépendance de Madagascar, des MILLIERS de milliards de fmg ont été octroyés à l’Université, mais un demi-siècle plus tard, l’île nage encore dans la pauvreté, dans le sous-développement intellectuel. Il faut le dire, parce que c’est vrai. La lacune est peut-être ceci : l’enseignement supérieur ne s’est pas doté d’un département « Recherche et Développement », comme dans certains pays d’Afrique. Ainsi, à titre d’exemple, au Ghana, des enseignants-chercheurs ont réussi, entre autres, à améliorer la culture du cacao ; au Nigeria, des chercheurs ont contribué à préserver l’environnement… Et en Inde ou en Chine, des universitaires travaillent constamment (24 heures sur 24, SVP !) sur les hautes technologies. A Madagascar, outre que les chercheurs n’ont pas les moyens financiers nécessaires afin de s’adonner à des travaux utiles à la société, ils se considèrent encore comme des fonctionnaires, au sens primaire du terme.

Pour illustrer ce triste cas malgache, nous publions ci-dessous un article d’un confrère sénégalais Abdoulaye Tao, intitulé « Universités africaines : toujours à la recherche d’un second souffle » qui résume assez bien les maux qui rongent l’Université en Afrique et évidemment à Madagascar. Un triste constat.

« A Dakar, par l’entregent de médias d’Afrique, enseignants, décideurs et étudiants ont tenté de faire un bilan des 50 années d’indépendances et surtout de s’interroger sur ce qu’il y a lieu de faire pour construire l’Afrique de demain.

Il s’agit aujourd’hui de savoir de quelle Afrique nous rêvons pour demain et de se donner les moyens de la réaliser.

Dans le contexte actuel, est–il possible que ces temples du savoir puissent remplir cette mission : l’émergence d’une Afrique moderne et prospère ? Le doute est permis parce que bien des dirigeants africains continuent d’agir malgré leurs belles promesses comme si l’éducation n’était pas la colonne vertébrale de tout développement. De son moule devraient sortir les bâtisseurs de cette Afrique tant rêvée. Le temps est au bilan, cinquantenaire oblige. Et quand on a le courage de le faire, l’avenir est plutôt couvert de nuages sombres. Notamment parce que nos universités ont perdu leur âme. Elles ne sont plus aussi attractives qu’avant la période 90 (…).

Depuis les années 90, les universités africaines sont saturées, avec généralement des infrastructures vieillissantes et délabrées et peu d’enseignants. C’était d’une certaine façon la fin de l’Université providence où tout nouvel étudiant était systématiquement boursier avec des chances d’avoir une bourse étrangère afin de poursuivre ses études. Hélas, depuis un certain moment, les universités sont devenues des centres de production de chômeurs, de loubards quelquefois manipulés qui, pour un oui ou pour un non, sont prêts à se rentrer dedans pour le compte de partis politiques.

Le débat intellectuel a fui les campus depuis belle lurette. Les conditions d’études sont devenues précaires, la qualité n’y est plus vraiment et ceux qui y sont ne se pressent pas toujours d’en sortir de peur d’affronter la réalité : le chômage. Le système est bloqué et l’Etat, dans une ultime tentative de se racheter, ouvre de nouvelles universités pour gérer la forte demande. Malheureusement, elles sont la duplication parfaite des tares des anciennes universités. Le privé appelé à la rescousse tente tant bien que mal de jouer sa partition en essayant de suppléer le désengagement de l’Etat vis-à-vis de ses responsabilités. Mais là aussi, force est de reconnaître que les étudiants qui y vont sont des privilégiés parce que les frais de scolarité sont souvent l’équivalent du salaire moyen annuel des fonctionnaires. Mais puisqu’il faut que des cadres se forment d’une façon ou d’une autre, l’éducation à deux vitesses est devenue une réalité.

C’est dans ce contexte également que l’on tente le basculement vers le système LMD, plus exigeant en termes de suivi et d’évaluation des apprenants ainsi que des enseignants. La volonté des Etats de s’y engager avec l’appui de leurs partenaires est réelle. C’est une belle opportunité de relancer l’enseignement supérieur dans l’espace francophone surtout, lui donner une seconde chance, un second souffle. L’Université doit vraiment être utile à l’Etat et à la société et pour y arriver, son mode de financement devrait forcement être revu et renforcé au vu des attentes énormes. »

Franck RAHARISON

Faut-il pratiquer un sport en particulier pour avoir un ventre plat ?


Il faut surtout avoir une activité physique régulière, comme la marche ou le vélo. L'essentiel est de se bouger car les mouvements stimulent le système lymphatique qui permet l'évacuation des déchets. Même si elle n'est pas intense, toute activité physique est bonne. Il suffit par exemple de prendre l'escalier plutôt que l'ascenseur, de descendre deux stations de métro ou de bus avant sa destination et de faire le reste du chemin à pieds. Une heure de marche par jour, c'est l'idéal. Et il n'est pas obligatoire de se dépêcher car ce qui compte, c'est la régularité. Adoptez donc un rythme, et tenez-le. Par ailleurs la gymnastique aquatique est un très bon sport pour raffermir son ventre car elle permet de se muscler tout en douceur grâce à un travail de résistance avec l'eau.

Quels exercices recommandez-vous pour faire travailler les abdominaux ?
Voici un exercice simple mais efficace, qui muscle toute la sangle abdominale : vous êtes allongée sur le dos, la tête au sol, les genoux repliés sur la poitrine. Vous posez une main sur chaque genou et vous les poussez tout en résistant avec vos genoux. Chaque contraction doit durer 4 secondes. C'est un exercice sans aucun risque souvent utilisé par les kinésithérapeutes. Pour ceux qui se mettent aux abdos, je conseille d'en faire tous les jours pour que ça soit plus efficace, à raison d'un quart d'heure minimum, en s'accordant une pause de 30 secondes dès que l'on en ressent le besoin. Il ne faut donc pas compter pas en série mais en durée.

Quelle hygiène alimentaire adopter pour avoir un ventre plus plat ?
Je n'aime pas parler de régime parce qu'on on ne maigrit pas en créant de la frustration. Il faut adapter progressivement ses habitudes alimentaires et manger mieux. Freinez votre consommation de sucres rapides, à savoir confitures, bonbons, desserts, sauces, glaces, pain blanc… et optez pour les céréales complètes. Arrêtez les plats cuisinés, trop sucrés et trop gras, et privilégiez plutôt les fruits et légumes. Les frites et tous les aliments gras sont à bannir. Arrêtez également l'alcool, c'est le b.a.-ba quand on veut perdre du ventre. Et buvez beaucoup d'eau. Je recommande d'ailleurs une eau riche en magnésium qui a un effet coupe-faim. Une bonne hygiène alimentaire associée à une activité physique régulière : voilà la clef pour garder un ventre plat dans la durée.

Et les crèmes minceur sont efficaces ?
Je pense que plus que la composition du produit elle-même, c'est son application qui donne des résultats. Le fait de se masser le ventre en étalant la crème stimule la circulation. Et c'est bien connu, les graisses s'accumulent là où ça ne circule pas. Je conseillerais également les huiles essentielles, qui sont de bons drainants, ou tout simplement 30 secondes de gant de crin sur le ventre sous la douche.

A la plage, oubliez votre age et affrontez sans complexe les regards des curieux, comme le fait cette femme de 87 ans!

Sunday, November 07, 2010

Le rire est un médicament à consommer sans modération





Quand avez-vous vraiment ri à gorge déployée pour la dernière fois? Nous pensons bien évidemment à un rire qui éclate, qui fait mal aux côtes, vous fait pleurer ou vous projette dans une euphorie incontrôlable ou vous coupe le souffle. Quand a-t-on entendu résonner pour la dernière fois l’écho de votre rire en cascade? L’esprit envahi d’une extase délicieuse vous ne saviez plus pourquoi ce rire avait éclaté. Il ne s’agit ici ni du rire jaune, qui exprime l’orgueil, la raillerie, le mépris et la cruauté, mais de celui qui manifeste une joie exubérante, positive, saine.

La Bible proclame qu’un coeur joyeux fait autant de bien qu’un médicament. À la cour, les bouffons veillaient aux besoins émotionnels des monarques. Le roi Henry VIII vit souvent sa tristesse chassée par son fou préféré, Will Somers . La reine Élizabeth 1ère se divertissait grâce à la présence de son bouffon qui «guérissait la mélancolie, mieux que tous ses médecin ». Mais c’est tout juste si la science moderne commence à confirmer ce qu’avaient déjà découvert les Anciens*. Parfois le rire guérit et on a peut-être raison de dire que : «Rira bien qui rira le dernier.»

La définition scientifique du rire est la suivante: «Exprimer la gaieté par l’élargissement de l’ouverture de la bouche, accompagné d’expirations saccadées plus ou moins bruyantes.» Cette triste description omet d’expliquer le but de cette «convulsion heureuse» que seul l’être humain peut manifester.

Un rire joyeux représente un exercice remarquable pour le corps, un genre de «jogging intérieur». Un rire robuste fait travailler à merveille les muscles du visage, des épaules, du diaphragme et de l’abdomen. En riant convulsivement à gorge déployée, même les muscles de vos bras et de vos jambes y participent.

Le pouls et la tension artérielle augmentent momentanément, la respiration devient plus profonde et plus rapide, et l’oxygène fait irruption dans le système sanguin. Un rire vigoureux peut brûler autant de calories à l’heure qu’une marche rapide ou une promenade à vélo. Théoriquement, vous pourriez conserver la forme rien qu’en vous couchant sur le canapé et en regardant une cassette qui propose des extraits des films les plus drôles.

Si le fait même de rire énerve, les réactions qui suivent sont vraiment relaxantes. La tension peut descendre plus bas qu’elle ne l’avait été avant le rire, puis les muscles se détendre et on plonge dans une douce euphorie.
C’est uniquement quand je ne ris pas que j’ai mal

Quand on rit de bon coeur le cerveau met en oeuvre des substances hormonales qui nous dynamisent au maximum et atténuent la douleur. Certains chercheurs avancent que le rire libère les endorphines, ces opiacés qui proviennent du cerveau; c’est pourquoi on n’a pas mal et l’on ressent une certaine euphorie quand on rit. Norman Cousins est parvenu à se soigner et à retrouver la santé (après avoir été frappé d’une arthrite qui l’avait rendu infirme) rien qu’en regardant des films des Marx Brothers et autres grands comiques. Il déclarait que dix minutes de rire avec son ventre produisait «un effet anesthésiant et lui permettait de dormir au moins deux heures sans souffrir.»

Le rire en effet augmenterait le seuil de la douleur. Des étudiants, sujets volontaires d’une expérience, et qui écoutaient des histoires drôles se sont montrés beaucoup moins sensibles à la douleur que leurs semblables qui assistaient à une conférence ennuyeuse.

On laisse même entendre que le rire peut agir favorablement sur le système immunitaire. En effet, les anticorps augmentent dans la salive de la personne qui regardent une vidéo humoristique; on résisterait donc mieux aux infections, telles que les rhumes, en riant beaucoup.
De l’importance de ne pas être sérieux

Le rire est un tonique qui revigore, rehausse et embellit notre état d’esprit; il nous libère des tensions et contraintes. Il éclate généralement quand on perçoit qu’il existe une incongruité entre ce que nous voyons et ce à quoi nous nous attendons. L’humeur laisse augurer des perspectives plus saines et plus agréables. Voici ce qu’avait suggéré le psychologue Gordon Allport : «J’ose dire qu’aucun être ne se trouve vraiment en bonne santé s’il ne peut rire de lui-même, en cachette et discrètement, quand il s’aperçoit qu’il s’est surestimé et qu’il s’est montré trop orgueilleux ou trop pédant. Il doit être capable de découvrir qu'il s’est laissé avoir parce qu’il a été trop sûr de lui, qu'il ne voit pas plus loin que le bout de son nez et qu’il est vaniteux.» Le rire confirme que l’homme n’est pas toujours parfait.

Face à l’adversité, le rire, ou tout au moins l’humour, fait l’effet d’un contre-poison efficace. Confrontés au danger, les animaux n’ont que deux solutions, la fuite ou la bataille. Les êtres humains ont l’avantage de bénéficier d’une troisième voie : le rire.

En abordant une situation stressante avec humour, on la dédramatise en créant une diversion qui détend psychologiquement.

Quand on rit, on ne peut plus penser à ce qui nous perturbe. L’humour nous permet de prendre des distances face au danger et de couper court aux sentiments d’anxiété et d’impuissance qui nous paralysent. Il est prouvé que les quantités d’hormones de stress (épinéphrine et cortisol) diminuaient chez des gens qui regardaient pendant une heure un comique faire des numéros loufoques.

Les gens amusants qui apprécient l’humour et qui l’utilisent sans restriction au cours de leur existence sont moins menacés par l’angoisse quand ils se trouvent confrontés à des événements négatifs. Imaginons, par exemple, que vous soyez assis à une table sur laquelle se trouvent une vieille chaussure de tennis, un verre et un tube d’aspirine, et que vous improvisiez une petite comédie de trois minutes au cours de laquelle vous décrivez avec le plus grand humour les objets qui se trouvent sur la table. Plus votre monologue est spirituel, moins vous serez tendu, déprimé, contrarié, fatigué ou désemparé quand vous serez confronté à des situations angoissantes surgissant dans votre vie.

Le rire nous libère et permet de considérer les problèmes avec un regard neuf. Après avoir vu des films comiques, les gens témoignent de plus d’imagination pour résoudre leurs difficultés. Pensez au rire de satisfaction que l’on peut avoir quand on découvre le réel, le vrai, le candide, le monde tel qu’il est, dans un univers qui se cache derrière les faux-semblants et dénature la réalité. Dans l’existence, nous sommes obligés de nous conformer à une attitude conventionnelle avec tout ce que cela implique, c’est-à-dire un comportement formaliste, banal et rationnel; le rire, quant à lui, rend hommage à l’originalité, au dérisoire, à l’informel, l’illogique et l’absurde.

L’humour ne vole pas toujours haut. Il peut exprimer des sentiments hostiles, cyniques et rancuniers. Néanmoins, il vaut mieux avoir recours à celui-ci plutôt qu’à la violence et à l’agression physique.

L’humour sain constitue un baume universel qui provoque un sentiment de confiance et entraîne les êtres dans une euphorie collective. Rien ne vaut une cascade de rire pour se débarrasser de ses inhibitions.

Le rire constitue un moyen de sauver les apparences quand on ressent de l’angoisse, peur et autres émotions contenues. Certains experts prétendent même que de montrer ses dents en souriant ou en riant indique aux autres que même si on a des dents, on ne mordra pas. C’est un code qui signifierait «vous êtes en sécurité; alors détendez-vous».

Le rire a mille facettes et nous ne rions pas tous des mêmes choses. Ce qui nous amuse et la manière dont nous rions constituent le reflet de nos goûts, sympathies et personnalités. Il y a des gens qui rient du ventre ou qui lâchent des sons tonitruants en se tapant sur les cuisses. D’autres gloussent, rient en catimini, ricanent ou n’ouvrent pas la bouche; certains semblent rire avec leurs yeux. Le rapport qu’entretient la société avec l’humour en dit long sur ceux qui en font partie.

Nous sommes nombreux à ne pas prendre le rire vraiment au sérieux. On estime trop souvent que le rire est un jeu d’enfant. Être adulte signifie qu’il faut travailler, être responsable et sérieux.

Rétablissons notre sens de l’humour spontané. Si le rire se montre aussi contagieux qu’on le dit, il faut absolument déclencher une épidémie; des milliers de médecins devraient prescrire des doses régulières de rire. Si cette grande cure de rire ne constitue nullement une panacée, il est rassurant d’apprendre qu’à une époque où les thérapies médicales sont hors de prix, le rire est curatif et que le seul effet secondaire que l’on puisse lui reprocher est d’être agréable.

Les moyens qui donnent accès à l’humour sont nombreux. On peut s’en servir pour contrôler son état d’esprit. Il ne faut surtout pas se priver de films comiques ni de numéros amusants au théâtre. Riez quand les gens vous racontent des histoires drôles : ils se sentiront en meilleure forme et vous serez apprécié. Conservez les bandes dessinées, les caricatures et les blagues que vous trouvez dans des bouquins et journaux pour les partager avec votre famille et vos collègues. Jouez de l’humour sans craindre d’exagérer, ce qui vous permettra de prendre plus de recul. Certaines circonstances relatées avec un humour noir leur conférera une dimension tragi-comique.

Fabriquez-vous une devise humoristique et pensez-y quand vous vous trouvez dans une situation angoissante. Par exemple, «dès que tu te trouveras en haut de l’échelle, tu t’apercevras qu’elle se trouve contre le mauvais mur». Quand on vous raconte une nouvelle histoire drôle, répétez-là à au moins cinq autres personnes et de préférence à ceux qui ne la connaissent pas. Vous n’arrivez pas à rire ? Alors souriez. Vous ne pouvez pas sourire? Alors faites comme si.

Et certains " terrains " sont favorables au rire, notamment les terrains graisseux : en effet, pour circuler dans le sang, les endorphines (comme les autres drogues du même type…) se fixent aux lipides (donc aux graisses). Elles se libèrent ensuite graduellement du tissus adipeux, ce qui explique ce que l’on appelle parfois la " bonhomie des personnes rondes ".

Que l'on soit gros ou maigre, après le rire on se retrouve avec un bonheur certain.

Attention aux rires malsains
Les adeptes du vendredi magnifique peuvent aggraver leur cas. En effet le rire obtenu au cours d'une beuverie éthylique n'est qu'illusoire car après la fête le corps doit faire face au problème d'élimination des toxines absorbées par nos cellules.Donc à la place du bonheur et de la sérénité escomptés, ils se retrouvent malheureusement avec la fatigue et le déprime, en attendant le vendredi magnifique suivant!

Que sont devenus ces "inconscients" ?


28 Mars Ambohijatovo. Video Amateur
envoyé par sobika. - L'actualité du moment en vidéo.
Même pas peur, même pas mal!!!

Saturday, November 06, 2010